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Durcissement de ton entre Unamab-gouvernement et Conseil supérieur de la magistrature: Nécessité d’un dialogue pour ramener la paix dans la maison justice
Publié le vendredi 21 juin 2013   |  L`événement Précis


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© Autre presse par DR
Le Magistrat Michel Adjaka président de l’Unamab


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La guerre de tranchées que se livrent l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB) et le gouvernement au sujet des dernières nominations dans les juridictions et à la chancellerie prend des allures inquiétantes. Ainsi, si rien n’est fait dans les meilleurs délais pour rabaisser la tension, non seulement l’image du pays en prendrait un coup, mais également son économie et sa sécurité. En effet, après avoir attendu en vain la correction des irrégularités qu’elle a dénoncées par rapport aux dernières nominations au sein des juridictions et à la chancellerie, l’Unamab est passée à la vitesse supérieure en annonçant une grève de 72 heures à compter du mardi prochain. Même si, officiellement, le gouvernement n’a pas encore réagi par rapport à cette décision des magistrats, il y a quand même eu une réaction du Conseil supérieur de la magistrature présidé par le chef de l’Etat. Il s’agit de la réplique du vice-président dudit conseil, le président de la Cour Suprême, Ousmane Batoko. Ce dernier dans une déclaration faite à la presse mercredi dernier, en marge de la cérémonie de passation de service entre les présidents entrant et sortant de la Haute cour de justice au siège de l’institution à Porto-Novo, a fustigé le comportement des magistrats et leur rappelle qu’ils n’ont rien à imposer à qui que ce soit, ni au gouvernement, ni au Conseil supérieur de la magistrature. Comme on peut donc le constater, rien ne présage d’un climat d’apaisement dans la gestion de cette crise. Même s’il faut attendre mardi prochain pour voir si les magistrats respecteront le mot d’ordre de l’Unamab, nul n’ignore les conséquences d’une paralysie des tribunaux et autres juridictions pour les justiciables et surtout pour un pays. Les Béninois qui voudront obtenir des pièces comme le casier judiciaire, le certificat de nationalité ou d’autres documents au niveau de la justice seront bloqués et désemparés. Le cas de ceux qui ont des litiges pendants devant les tribunaux, ou de ces nombreux prisonniers en attente de jugement est pathétique. Il en est de même pour les citoyens gardés à vue dans les brigades de gendarmerie et les commissariats de police. Avec la grève des magistrats, leur délai de garde à vue dépassera de loin les 48 heures prévues par le Code de procédure pénale et ces lieux de détention provisoire seront envahis et débordés. Dans ces conditions, les investisseurs étrangers hésiteront à investir ou à développer des affaires au Bénin. Au regard de ce qui précède, il est plus qu’impérieux qu’aussi bien le gouvernement que l’Unamab mettent de l’eau dans leur vin et retournent à la table de négociation afin d’éviter que le pays ne sombre.
Le coup de gueule du vice-président du Conseil supérieur de la magistrature contre les magistrats :
«Je voudrais surtout dire ma grande et profonde déception quand j’ai entendu la déclaration qui a été faite par l’Unamab à l’issue de son assemblée générale hier. Je suis d’autant plus déçu qu’au terme des échanges que j’ai eus avec le bureau de l’Unamab il y a de cela environs 8 jours, je pensais que nous nous étions accordés sur la nécessité qu’il y avait pour nous de régler nos problèmes entre gens bien. Je suis également déçu parce que, je le regrette profondément, j’ai l’impression que l’Unamab est restée dans une logique d’invective, dans la confrontation alors que j’estime les problèmes, tels qu’ils se sont posés, non seulement ne datent pas d’aujourd’hui, mais méritent qu’on y réfléchisse pour y apporter des solutions appropriées. Le Conseil supérieur de la magistrature a reçu la lettre du bureau de l’Unamab le 12 juin 2013. Mais déjà le 13 juin 2013, le bureau de l’Unamab a commencé par faire des communiqués comme s’il était attendu que le Conseil supérieur de la magistrature devrait se réunir immédiatement dès réception de leur lettre de revendication. J’ai le sentiment que les jeunes collègues ne savent comment ça fonctionne dans le pays. Même si on peut leur concéder la fougue de la jeunesse. Mais la fougue de la jeunesse n’empêche pas qu’ils se souviennent qu’ils sont avant tout des fonctionnaires de justice. Il faut qu’il se rappelle que l’Unamab n’est pas au-dessous du Conseil supérieur de la magistrature. Qu’il se rappelle également que l’Unamab n’est pas gestionnaire du personnel et de la carrière des magistrats. Qu’ils se rappellent enfin que l’Unamab n’est pas au-dessus de l’Etat. Je voudrais rappeler que l’Unamab n’a rien à exiger de qui que ce soit encore moins du Conseil supérieur de la magistrature. Il y a sans doute des erreurs qui se sont glissées dans les décisions qui ont été prises. Ces erreurs seront examinées en son temps. Il y a quelque chose que je ne comprends pas chez mes jeunes collègues de l’Unamab. Je veux bien qu’on revendique. Mais la manière de revendiquer, la manière de demander vaut autant bien que ce qu’on demande. Ça aussi, ça s’apprend. L’Unamab n’a rien à exiger de qui que ce soit. Si l’Unamab doit exiger quelque chose, c’est de ses mandats. C’est de ses mandats qu’elle doit exiger le sens de la responsabilité et le sens de l’Etat. Nous ne sommes pas encore au Bénin, je crois bien à moins que je me trompe, dans la République des juges. Nous sommes dans un Etat de droit. Il faut un minimum. Ça là, je tiens à le rappeler et surtout qu’on ne nous amène pas à faire ou dire des choses qu’on n’a pas envie de faire ou qu’on n’a pas envie de dire. Chacun sait d’où il vient ».
Propos recueillis par Hugues Elphège Patinvoh

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