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Le Confrère de la Matinée N° 942 du 29/1/2014

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Le coton et la guerre des chiffres: Que cesse le dilatoire !
Publié le lundi 24 novembre 2014   |  Le Confrère de la Matinée




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Depuis bientôt 25 ans, le coton s’est hissé au premier rang des produits d’exportation de la République du Bénin. Malheureusement, la nébuleuse des affaires assombrit le radieux horizon qui profile. Par rapport à la guerre des chiffres secouant l’empire cotonnier aujourd’hui, qui des cotonculteurs et de l’Exécutif dit la vérité ?
Avec une production annuelle oscillant autour de 300.000 tonnes, la République du Bénin figure parmi les meilleurs producteurs de coton de l’Afrique. Principale culture d’exportation depuis bientôt 25 ans, la culture cotonnière connait une évolution en dents de scie. Une situation découlant d’un ensemble de préoccupations relevant plus des hommes et moins des aléas climatiques. Rarement les tonnages à la hausse annoncés à l’entame d’une nouvelle campagne cotonnière ont été atteints. Et ce, malgré les tapages médiatiques, les tournées champêtres, les discours et autres stratégies démonstratives d’une campagne partie pour être la meilleure.
Suite aux récentes déclarations du chef de l’Etat à propos de la baisse des recettes cotonnières, ce sont les cotonculteurs qui, sur la base des productions chiffrées enregistrées prennent le contre-pied. Leur réaction pour dénoncer ce qu’il conviendrait d’appeler la guerre des chiffres se base sur les chiffres qu’ils détiennent en tant qu’acteurs et animateurs incontournables sans lesquels, on ne saurait parler de la filière. S’en tenant à leur restauration des faits, il apparaît que les recettes issues de la commercialisation du coton ont été minimisées. Et commence alors une nouvelle partie de ping-pong dans la vie socioéconomique du Bénin.
Inutile de s’attarder sur les chiffres alimentant ce nouveau feuilleton de la guerre des chiffres. Ce serait vouloir porter des accusations avérées ou non sur tel ou tel autre et sur quelle base ? La réaction des braves cotonculteurs devrait plutôt faire réfléchir et imposer un comportement plus responsable en vue d’éclairer l’opinion nationale et principalement les cotonculteurs qui, selon certains auraient été trahis par l’exécutif.
Ce qui échappe au commun des Béninois, c’est qu’en aval de la production, une partie des recettes cotonnières sert à payer les prestations de tous ceux qui se trouvent impliqués et parmi lesquels les militaires, dans le transport des récoltes des points de collecte aux unités d’égrenage et au port. Combien sont-ils ces intermédiaires dans les rangs desquels certainement des fictifs et à combien s’élèvent leurs émoluments ?
Les affaires gangrènent malheureusement la filière dont le Bénin pourrait tirer encore davantage de plus-values, si la volonté politique suivait la détermination et l’engagement des producteurs à augmenter la production. Pour l’instant, ce sont les tonnages qui décroissent au lieu de croître pour faire du Bénin la capitale de l’or blanc en Afrique. Depuis 1996, la production cotonnière est en proie à un ensemble de problèmes qui auraient pu, à la limite, décourager les cotonculteurs et adieu la filière cotonnière. Il vaut mieux éviter la chasse aux sorcières et trouver la formule pour motiver encore plus les cotonculteurs. Il urge de ramener la confiance dans l’empire de l’or blanc et que les dispositions pratiques et non celles de la politique politicienne soient prises pour amorcer à partir de la prochaine campagne une courbe haussière qu’il faut à tout prix maintenir. Il est temps aussi de penser à étoffer les unités de traitement du coton afin que la production soit traitée au moins à 50% voire 75% et pourquoi pas à 100% au Bénin. Si la rumeur disant que le coton soutenait le budget béninois à hauteur de 20 milliards de FCFA 1991 à 1996 et qu’à partir de 1996, c’est le budget qui soutient la filière à hauteur de 20 milliards de FCFA était vraie, il y a alors de quoi ne pas s’enorgueillir par rapport aux tonnages produits maintenant! Le Bénin devrait déjà talonner l’Egypte !


Kolawolé Maxime SANNY

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