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La mafia locale menace l’environnement à Kpotomey
Publié le jeudi 4 decembre 2014   |  24 heures au Bénin


La
© Autre presse par DR
La mafia locale menace l’environnement à Kpotomey


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La situation de dragage de sable de construction au village de Kpotomey et plus précisément dans l’arrondissement de Zinvié à Abomey-Calavi a atteint le pourrissement. Depuis trois ans déjà que le site de dragage dont l’ouverture ne répond d’ailleurs pas aux règles en la matière, est ouvert, c’est à des dégâts jamais enregistrés par le passé que l’on assiste dans ladite localité. Et chose curieuse, malgré les cris de détresse des différentes victimes qui ne font que demander justice, les autorités concernées par l’autorisation d’attribution et d’exploitation du site ont choisi de garder le silence. Une situation que ne comptent pas laisser perdurer les victimes de ce dragage abusif qui mérite une clarification.

A Kpotomey dans l’arrondissement de Zinvié où se situe le site de prélèvement de sable, le constat est bien désolant. On observe des forages d’une profondeur de près de 4 mètres parfois s’étendant sur une importante aire allant régulièrement au-delà des limites attribuées. Ces gouffres créés réduisent considérablement la superficie des terres voisines et mettent systématiquement en difficulté leurs propriétaires qui sont des exploitants agricoles ou des fermiers. Toujours à la conquête du sable de bonne qualité, l’exploitant du site a creusé le sol ainsi jusqu’au pied de la forêt relique de la localité. Il s’agit d’un vestige de grande importance qui, du fait du déséquilibre causé au niveau du sol par ce dragage abusif, pourrait bientôt disparaître. Autre constat, les terres qui se retrouvent au-dessus après les forages, auront du mal à être utilisées par leurs propriétaires surtout à des fins agricoles. Ceci à cause de l’eau qui fera désormais défaut et qu’il va falloir aller chercher en profondeur pour alimenter les cultures, à en croire l’une des victimes de ce dragage hors normes de sable que semblent cautionner les autorités locales jusqu’au plus haut niveau de responsabilité.


De l’avis de Martial Koudèrin, Directeur exécutif de Credi Ong, la proximité des gros engins avec leurs bruits sur le site, ne serait pas d’un atout pour la tranquillité des animaux encore gardés dans l’îlot forestier. Les ressources naturelles ont été détruites sur le site. Une partie des terres voisines ont été volées et vendues. Les bornes de démarcation ont été chutées. Au regard de l’ampleur des dégâts, certains exploitants agricoles semblent se résoudre à vendre leurs terres qui ne seraient plus adaptées à l’agriculture afin de se rendre ailleurs sur un autre site.


Question de responsabilité

Malheureusement, à y voir de près, cette exploitation abusive du site n’aurait pas préalablement fait l’objet d’une autorisation selon les règles de l’art par les autorités compétentes. Quand les victimes et les autochtones se sont décidés à voir clair dans le dossier, il s’est avéré que ces mêmes autorités, que certains accusent de complices, refusent parfois de faire la lumière sur le dossier. Depuis trois ans que le prélèvement du sable a commencé à Kpotomey, ces autorités étaient bel et bien informées mais ne faisaient que rassurer que les exploitants du site ne s’écarteront pas de leurs limites. Mais, depuis que les dégâts ont pointé le nez, plus personne ne veut se prononcer. On ne sait alors qui a donné l’autorisation d’exploiter le site.


Approché sur le sujet, le chef du village, Paul Guigonon a purement et simplement boycotté le rendez-vous. Toutes tentatives pour le joindre ont été vaines. Par contre, le Conseiller local, Barthélémy Hounboko n’a pas eu la même attitude. Selon lui, cette manière de gérer n’est pas bien pour la localité car, à la longue, il y aura des problèmes. A en croire celui-ci, des échanges avaient eu lieu entre ces autorités et les autochtones. De ces échanges, il ressort que lesdites autorités n’étaient informées de rien. On retient curieusement qu’avant, le village percevait 500 francs Cfa par camion sur chaque transport de sable. Mais aujourd’hui, c’est la mairie qui engrange ces sous. Pour M. Hounboko, les victimes sont entrain de se mettre ensemble pour lutter contre le phénomène. Ensuite, Didérot Kouton qui est un autochtone pense que la situation est fortement défavorable aux investissements dans la localité.


Dans la quête de la vérité autour du dossier, des échanges ont eu lieu au téléphone avec le Chef de l’arrondissement de Zinvié, Ludovic Boko. Mais à en croire ce dernier, l’exploitant du site devrait avoir obtenu une autorisation auprès de la Direction générale des Mines et il serait lui-même un agent de cette Direction. Il a également expliqué que le ticket que la mairie délivre dans le cadre du transport du sable n’est pas spécifiquement destiné aux activités du de dragage de sable mais plutôt à tous les gros camions qui assurent le transport dans la commune. Jusqu’ici, on comprend tout de même que la mairie est informée de l’existence d’une telle activité à Kpotomey. Toutefois, le Directeur des Services techniques (Dst) de la commune, Joani Déguénon dit
n’avoir pas connaissance de l’autorisation d’exploitation du site aux fins de prélèvement de sable. Au même moment, son Chef de la Division Etudes, Géro Sovi refuse de se prononcer sur le sujet.


Toutefois, il convient de reconnaître que dans cette affaire, quelque chose cloche. Pourquoi certaines autorités ont peur de se prononcer sur la question comme si elles se reprochaient des choses ? Ou, y a-t-il quelque chose que l’on tente de cacher ? Selon les textes, avant qu’une telle autorisation ne soit accordée, la est d’abord la structure que l’exploitant devrait saisir. Puis, c’est à elle d’aviser la Direction générale des Mines qui juge de l’opportunité ou non de donner son accord. C’est d’ailleurs ce qu’a clairement expliqué lors des investigations, la secrétaire de la Direction des Services techniques de la mairie d’Abomey-Calavi. De même, à en croire cette dernière, les coups bas ne manquent pas dans les affaires administratives. Elle indique qu’il y a des fois où des autorisations du genre peuvent être accordées à des personnes qui les demandent sans que la mairie ne soit au courant de rien du tout.


Témoignage choquant


Parmi les victimes, un exploitant agricole et fermier, installé dans la zone depuis 20 ans, raconte ses mésaventures avec ce dragage abusif de sable depuis trois ans. Après avoir déploré son incapacité à poursuivre ses activités devant les dégâts, il a vu une bonne partie de ses terres volées et vendues par l’exploitant privé qui s’adonne au dragage de sable dans cette localité de Kpotomey. Il est désormais confronté à des difficultés pour l’irrigation de ses cultures. Pis, les bornes limitatives de ses terres ont été enlevées.
Cependant, nul n’ignore le rôle prépondérant que joue ce fermier dans la localité depuis ces deux dernières décennies. Sa ferme dotée de laboratoire et d’équipements importants de transformation offre chaque année, l’encadrement nécessaire aux stagiaires de plusieurs écoles de formation dans les filières agronomiques, notamment le Lycée Mèdji de Sékou, l’Uac, l’Uatm-Gasa Formation, l’Ucao et autres. En dépit de ce rôle que joue le fermier, son centre ne jouit pas de l’accompagnement de l’Etat. La dernière visite du centre remonte au 24 novembre dernier. A l’occasion, 84 jeunes étudiants venus de l’université agronomique de Kétou, étaient venus s’enquérir de l’expérience du centre en la matière.


Voilà celui dont les parcelles, les propriétés sont détruites, les droits sont aujourd’hui bafoués et qui réclame justice. Et comme les autorités de Kpotomey, celles de la mairie d’Abomey-Calavi, donnent l’impression de ne pas vouloir l’écouter et gardent un silence curieux face à cette exploitation abusive, hors normes de sable qui crée de graves dommages à l’environnement, il a décidé de saisir les instances compétentes, d’emprunter toutes les voies de recours pour se faire rendre justice. La principale victime aurait dit : « L’auteur de ce dragage de sable qui détruit l’environnement et ses complices devront répondre de leurs actes car nul n’est au-dessus de la loi », ont confié les autochtones de Kpotomey, lors des investigations.


Justin EDIKOU/Le Grand Matin

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