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Enfin leur dialogue ???
Publié le samedi 6 decembre 2014   |  Arimi.ilemi.net




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Réclamé, promis, espéré, redouté, le dialogue politique devrait s’ouvrir enfin. Dans les quelques heures, quelques jours, quelques semaines ? En effet, l’initiative est cousue de tant d’incertitudes que personne n’ose s’y aventurer avec précision. Le contexte est si ambigüe que même ceux qui le réclamaient depuis des années se demandent encore s’il s’agit bien du type de dialogue qu’ils ont tant souhaité. Les organisateurs eux-même ne finissent pas de se mêler les pinceaux quant à la date plusieurs fois programmée puis reportée, le lieu, le casting et peut-être l’ordre du jour. Le peuple pour le bonheur duquel l’initiative aurait été prise n’est davantage pas éclairé quant à l’issue probable. Est-ce pour garantir un accès équitable des tendances politiques aux médias du service public ? Est-ce pour enfin sortir des dates précises pour les élections municipales, législatives puis présidentielles ? Est-ce pour enfin lancer le processus de législation à propos du financement public des partis politiques ? Est-ce pour ...?

Il n’y a d’ailleurs pas de raison que des citoyens d’un même pays refusent de se parler alors que la nation est plongée dans un profond spleen. Le Bénin peut se targuer d’avoir une "classe politique" au sein de laquelle les animosités entre antagonistes ne se déroulent que par médias interposés avec quelques piques de tension lors des campagnes électorales. En dépit de ce que les uns reprochent aux autres, officiellement, sur la place publique, Yayi s’est rendu en plein jour chez Amoussou, Soglo, Houngbedji, Zinsou, Houdé et autres. D’autres trous de conjugaison existent entre Eric Houndeté et son collègue Inoussa Biga ; entre Augustin Ahouanvoebla et Galiou Soglo ou entre Issa Salifou et Yacoubou Malehossou. Sans que cela ne soit des relations de compromissions politiciennes. Les Béninois n’avaient donc pas besoin d’aller à Ouaga chez un "médiateur" continental (lui-même en cavale désormais) avant d’échanger sur les problèmes de leur pays.

Néanmoins, en dehors de son caractère solennel, officiel et cosmétique, cette affaire de dialogue peine à dévoiler ses vertus. Surtout par rapport aux grands sujets nationaux en l’occurrence l’organisation des élections. En effet, les opposants regroupés au sein de la Plateforme du 29 octobre récusent tout conciliabule avec les institutions de la République et ne reconnaît que le face-à-face entre politiciens. Ainsi, le dialogue devrait donc avoir lieu entre le gouvernement et les forces politiques de la majorité et de l’opposition. Sauf que pour être applicables, certaines décisions doivent obligatoirement être déferrées devant les institutions dont l’exclusion est pourtant réclamée. Or, la seule institution républicaine que ce forum pourrait éventuellement influencer reste le parlement à travers les partis de la majorité et de l’opposition à travers leurs députés. Reste à savoir comment agir sur la Cour suprême ou la Cour constitutionnelle par exemple à l’issue de ce dialogue. Il ne suffit pas d’envoyer le communiqué final de la rencontre à la Cour constitutionnelle pour quelle accepte de lever sa fatwa érigeant l’utilisation de la Lépi en prescription biblique.

Pour le petit peuple, celui des sans emploi, des sans électricité, des sans piste de déserte rurale, des sans eau potable, il n’y a rien à attendre de ses parlottes entre gens de en haut. Au contraire, il est déjà prévu la distraction de quelques dizaines millions de nos impôts des caisses du trésor public pour la restauration, les frais de carburants voire les frais de mission des distingués négociateurs ou des fonctionnaires commis à la prestigieuse besogne. Donc pas d’annonce pour le chômage, pour les factures en souffrance dans les régies publiques, pour les tas d’immondices dans les rues des grandes villes du pays. Place aux discours et à la grandiloquence de circonstance.

Silence on dialogue !!!

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