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Fraternité N° 3753 du 9/12/2014

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Tossavi Michel au sujet du concours ‘’ Challenge des amis du livre’’ : « Ce concours vise à doter chaque établissement d’une mini-bibliothèque et d’un club de lecture »
Publié le mercredi 10 decembre 2014   |  Fraternité


Jérôme-Michel
© Autre presse par DR
Jérôme-Michel Tossavi, poète-dramaturge, bibliothécaire à l’Institut français du Bénin


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Jérôme-Michel Tossavi, poète-dramaturge, bibliothécaire à l’Institut français du Bénin, nous parle ici des conséquences du désamour des jeunes pour la lecture. Il se prononce également sur son initiative, le concours ‘’Challenge des amis du livre’’ pour corriger le tir. Pendant ce concours les élèves seront amenés à faire l’étude critique et thématique des œuvres telles que ‘’les enfants de Mandela’’ de Jérôme Carlos et ‘’Le gong bégayé’’ de Apollinaire Agbazahou.

Comment peut-on expliquer le désamour des jeunes pour la lecture ?

Le désamour des jeunes pour la lecture s’explique simplement par le fait que le système éducatif même ne tolère pas l’épanouissement de l’apprenant vis-à-vis du livre. Aussi, le système éducatif ne met aucune structure en place pour accompagner l’apprenant à la découverte des livres. Quand je prends par exemple la France, notre pays de ‘’référence’’, dans chaque établissement, il y a ce qu’on appelle Centre de documentation et d’information (Cdi). Dans notre pays, si on fait le tour des établissements, combien possèdent une bibliothèque ? Les quelques-uns qui en disposent, ont laissé ces bibliothèques à la merci de la poussière. On peut donc dire que nous mêmes en tant qu’éducateurs, en tant que décideurs, nous contribuons à cette désaffection des apprenants pour les livres, pour la lecture. Il y a aussi la méthode d’enseignement. Lorsqu’on donne des exercices à l’apprenant, on lui demande d’aller sur tel ou tel site web, mais jamais va chercher tel ou tel livre. Peut-être que ces enseignants n’aiment pas la lecture. Et on peut déjà dire que le désamour des jeunes pour la lecture a pour origine ces deux paramètres.

Les enseignants sont-ils les seuls à incriminer dans cette situation ?

On peut également dire que la responsabilité incombe aux parents, mais aux parents instruits. Je pense quand même que c’est d’abord la faute de l’enseigner. Il lui revient de tout faire pour donner le goût de la lecture aux apprenants. Il doit être en mesure de discuter de la littérature, de parler du livre sans bégayer, être à jour culturellement, et les gouvernants aussi ont leur part de responsabilité.

Quelles sont les conséquences de ce désamour des jeunes pour la lecture ?

Les conséquences sont énormes. C’est d’abord les échecs scolaires. Les élèves doivent savoir qu’il y a tout dans les livres et que les enseignants ne donnent que les 10% du programme d’apprentissage. Le reste, c’est dans les documents. Ceux qui travaillent bien, ce sont ceux qui lisent beaucoup, ceux qui font des recherches dans les livres. Avec les Nouveaux programmes d’enseignement aussi, les jeunes ne savent plus s’exprimer en français. Ils ne peuvent plus écrire correctement dans la langue.

Y-a-t-il des mesures mises en place pour corriger cet état de choses ?

Il y a des initiatives pour corriger, mais ce ne sont pas des initiatives politiques. Dans notre bibliothèque par exemple, plusieurs associations de clubs de lecture sont nées et aussi des concours sont organisés pour inciter les jeunes à la lecture. Mais vous savez que quand une chose n’est pas politique elle n’intéresse personne. Donc, beaucoup de choses se font dans l’ombre pour corriger cette situation.

Vous avez initié un concours intitulé ‘’Challenge des amis du livre’’. De quoi s’agit-il ?

Le concours ‘’Challenge des amis du livre’’ est un évènement littéraire qui rassemble les jeunes des établissements autour du livre et ce concours est à sa deuxième édition. C’est un évènement qui permet aux jeunes de débattre sur les auteurs béninois ainsi que de leurs œuvres au programme. Pour ce concours, les élèves sont amenés à faire un compte rendu de lecture, et ceci à travers leur club de lecture, devant un public et face à un jury. Les meilleurs sont primés.

Quel est l’objectif de ce concours ?

Ce concours vise à doter chaque établissement d’une mini-bibliothèque et aussi un club de lecture qui l’animera. Car ma casquette de bibliothécaire m’oblige à concevoir un établissement avec une bibliothèque puisque j’ai eu la chance de voir toutes les difficultés que les élèves rencontrent pour se documenter et pour réaliser leurs travaux de recherches. Ces élèves n’ont aucune notion d’orientation de recherche documentaire, donc si on commence par-là, on va régler un problème sérieux, car si l’enfant aime le livre il va réussir.

Quels sont les établissements qui peuvent participer au concours ?

Tous les établissements du Département de l’Atlantique et du Littoral sont invités à participer au concours. Le délai de dépôt des candidatures prend fin en février 2015. Pour cette deuxième édition, nous avons prévu retenir une trentaine d’établissements. Et pour chaque édition, nous imposons un thème. Cette édition a pour thème ‘’Pouvoir politique et bonne gouvernance en Afrique’’. Quand on choisit un thème, on sélectionne aussi les œuvres qui ont rapport avec ce thème pour permettre aux participants de bien traiter le sujet. Cette fois ci, il y a en compétition l’œuvre de Jérôme Carlos ‘’Les enfants de Mandela’’, pour la grande finale qui aura lieu à la fin du mois de mars. Pour la présélection, il y a l’œuvre de Apolinaire Agbazahou ‘’Le gong a bégayé’’. Les enfants vont faire l’étude critique et thématique des œuvres aussi bien pour la présélection que pour la finale. Ce thème permettra aux élèves de faire la jonction entre les livres et les faits réels de la société afin de se corriger. A travers ce concours, nous donnons une visibilité aux lauréats par le biais de la presse. Ceci pour inciter d’autres jeunes à faire comme eux. Nous avons aussi en projet d’initier les participants et les clubs finalistes aux ateliers d’écritures avec des écrivains de la place.

Avez-vous associé les responsables des établissements à l’évènement ?

Les responsables sont associés car nous avons fait une tournée dans les établissements pour expliquer le bien fondé du concours. Certains ont favorablement reçu. Par contre, il y a des directeurs qui sont allergiques à la lecture et ne trouvent pas la pertinence du projet. D’autres nous ont dit qu’ils n’ont pas les moyens, alors qu’il leur suffit de nous donner un professeur de français un peu motivé, qui nous servira de relais et travaillera avec les clubs de lecture. Il faut rappeler que tous les élèves des lycées et collèges peuvent participer au concours. Mais compte tenu de nos moyens, c’est uniquement les élèves du second cycle des établissements du département de l’Atlantique et Littoral qui y prendront part.

Quel est votre mot de la fin ?

Je remercie tous les participants à la première édition. J’invite les amoureux du livre et aussi les bonnes volontés à soutenir le concours ‘’Challenge des amis du livre’’, mais également tous les projets littéraires pour sauver nos enfants. J’invite aussi les dirigeants à revoir le système éducatif. Aujourd’hui, on ne peut plus créer des écoles sans les doter d’une bibliothèque pour favoriser le goût de la lecture chez les jeunes, car la langue française est notre langue de travail.
Propos recueillis par B. Jonas GANGNITO (Stag)
La rédaction

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