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La Nation N° 6141 du 23/12/2014

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Karim Salami, coordonnateur de la zone sanitaire de Lokossa-Athiémé: « Les indicateurs quantitatifs et qualitatifs du FBR se sont nettement améliorés »
Publié le mercredi 24 decembre 2014   |  La Nation




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Depuis sa mise en œuvre, le Financement basé sur les résultats (FBR), l’une des composantes du Programme de renforcement de la performance du système de santé (PRPSS) répond, aux aspirations des populations, et excite les agents de santé à mieux faire leur travail. Le coordonnateur de la zone sanitaire de Lokossa-Athiémé, Karim Salami revient ici sur les résultats positifs du FBR.



Propos recueillis par Désiré GBODOUGBE


La Nation : Quels sont les résultats de la mise en œuvre du FBR dans la zone sanitaire Lokossa-Athiémé?
Karim Salami : Le Financement basé sur les résultats (FBR) est une stratégie qui permet d’amener les formations sanitaires à fournir des résultats de qualité. Tout ce que les prestataires mènent comme activités, est acheté par le FBR. Je veux dire qu’on encourage les agents à fournir des résultats. Si vous avez l’habitude d’accoucher dix femmes, on achète les dix femmes. Donc, plus vous accouchez, plus on achète pour pouvoir vous encourager à mieux faire. Mais on n’achète pas pour acheter, on achète lorsqu’il y a la qualité, en vérifiant chaque accouchement dans les normes nationales. Ce qui est acheté, c’est en dehors des salaires. C’est une autre manière de financer les formations sanitaires, parce que dans ce qui est acheté, le centre gagne une partie pour son fonctionnement, et l’autre partie sert à encourager l’agent. Les populations bénéficient de prestations de qualité, puisque l’agent de santé est tenu de faire selon les normes s’il veut bénéficier du FBR.Mais ces dépenses de fonctionnement sont exprimées dans un plan d’actions qui, au préalable, est validé au début de l’année. Ce plan doit être soutenu, trimestriellement, par des plans d’affaires.
La mise en œuvre du FBR a-t-elle produit les résultats significatifs dans la zone sanitaire?
Au troisième trimestre de l’année 2013, par exemple, le taux d’accouchements eutociques assistés était de 51% dans la zone sanitaire Lokossa-Athiémé, celui des nouvelles consultations curatives de 41,7% et celui des enfants complètement vaccinés de 69%. Le nombre de cas de tuberculose guéris est de 14 sur la même période. En ce qui concerne la qualité des prestations, au niveau des centres de santé de la commune, elle est estimée à 48% tandis qu’au niveau de l’hôpital de zone elle est de 50% et de 17% dans les maternités isolées. Il est remarqué une amélioration des statistiques sanitaires sur la période de 2012 à 2013 comme en 2014 dans les formations sanitaires parcourues. Tout montre une nette progression allant parfois du simple au triple pour les indicateurs quantitatifs relatifs aux accouchements assistés, à la vaccination complète des femmes enceintes, à la deuxième prise de sulfadoxine, à la distribution de moustiquaires imprégnées, au planning familial, aux nouvelles consultations curatives et à la référence et contre-référence. Au niveau de l’hôpital de zone, les indicateurs quantitatifs se sont nettement améliorés également, passant de 35 cas de patients au début du FBR à 252 en 2013 en séjour hospitalier en médicine, et de 37 à 150 cas en ce qui concerne le séjour hospitalier en chirurgie. Ces résultats traduisent non seulement l’amélioration de l’utilisation des services sanitaires, mais également de la documentation, de la collecte et de la tenue des statistiques sanitaires. Cependant, il faut noter que cette amélioration a évolué en dents de scie.
Ces importants résultats du FBR sont-ils des résultats des soins de qualité ?
Sur le plan de la qualité des soins, les avancées sont encore très mitigées. Dans toute la zone sanitaire, seul le centre de Santé de Koudo se trouve en progression continue au regard de l’indice de qualité du FBR, passant de 35,14% en 2012 à 66,98% en 2013. En 2012, les niveaux de qualité ont chuté dans les centres de santé d’Agamè, de Kondji Ougba et de Zounhouè, avant de reprendre une courbe croissante. Toutefois, la qualité est demeurée en-dessous de 50% pour les centres de santé de Zounhouè et d’Agamé. Par contre, le dispensaire de Kondji Ougba a amélioré sa qualité jusqu’au seuil de 71,98% vers la fin de 2013. Après avoir été constant les deux premiers trimestres de 2012, le Centre de santé communal d’Athiémé a augmenté sa prestation à hauteur de 82,71% au premier trimestre 2013, avant de chuter à 79,03% au 3e trimestre 2013. Quant à la qualité des soins à l’hôpital de zone, elle a diminué de 44,70% au début de 2012. En somme, seules les formations sanitaires qui sont sous contrôle affichent un niveau de qualité dépassant au minimum 66%. Les centres sous traitement se trouvent en-deçà ou à 50%.
Peut-on affirmer aujourd’hui que la qualité dans les formations sanitaires de zone à connu une certaine évolution ?

Grâce au FBR, la collaboration, la communication, le travail en équipe et le team building au sein du personnel de santé se sont améliorés. Les chefs de poste témoignent de ce qu’une nouvelle dynamique de travail a été créée, les conflits ont diminué au sein du personnel, leur autorité est mieux acceptée et leur management plus participatif. Et ce, d’autant plus que les primes résultent du résultat collectivement produit. Le FBR semble aussi avoir accru la conscience professionnelle du personnel soignant en ce qui concerne le remplissage des registres des malades, la communication avec les patients, l’attention et l’accueil faits aux malades, la présence des agents de santé au poste, la tenue des statistiques sanitaires, la propreté du centre. Depuis l’introduction du FBR, le contrôle et la supervision sont devenus plus réguliers et rapprochés dans les centres de santé.
Quelles sont les perceptions relatives à la mise en œuvre de la politique de FBR dans la zone sanitaire Lokossa-Athiémé ?

L’avènement du FBR a induit une nouvelle dynamique plus participative, plus conviviale et plus ouverte au sein de la zone sanitaire. Il y a davantage de débats publics autour des résultats des formations sanitaires. Le travail du personnel médical est de plus en plus valorisé de même que les libertés prises avec les normes sont découragées. Le facteur le plus motivant pour eux est la visibilité accordée à leurs résultats à travers le portail FBR, où les données sont disponibles en temps réel. Rien n’est caché. Autrement dit, la démocratisation des données sanitaires par un processus relativement transparent et instantané met les formations sanitaires en scène et active la compétition et la concurrence. Le FBR apparaît pour le personnel de santé comme un processus formatif et de rétro-information à privilégier et à rendre durable. Le FBR a contribué à un changement qualitatif positif au niveau du personnel de santé, notamment sur les plans de l’ambiance de travail, de la conscience professionnelle, du respect des normes, de l’empowerment, de la tenue et de l’exploitation des statistiques sanitaires et enfin de l’émulation.

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