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La Nation N° 6151 du 8/1/2015

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Formation technique et professionnelle au Bénin : capital humain en péril, développement hypothéqué
Publié le jeudi 8 janvier 2015   |  La Nation


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© Autre presse par DR
Renforcement de l’éducation au Benin : des éleves du primaire


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Une formation au rabais mais qui fait saigner financièrement les parents des jeunes incapables de s’insérer dans la vie active à la fin de leurs études : la formation professionnelle au Bénin a tout l’air d’une arnaque. La situation reste préoccupante et interpelle les autorités en charge de l’éducation, les enseignants et les parents qui semblent tous concéder la forfaiture..

Les sirènes des écoles techniques et professionnelles et universités privées qui poussent tels des champignons, sont alarmantes en cette période de rentrée académique. Les publicités inondent les ondes et les bénéficiaires des formations sont dans l’embarras de choix. Former pour l’emploi des cadres professionnels de haut niveau, immédiatement exploitables sur le marché du travail et avec des salaires conséquents, c’est la promesse que font ces établissements d’enseignement supérieur privés et publics, promoteurs de licences et masters universitaires pour épater les parents soucieux de l'avenir professionnel de leurs enfants. Mais force est de constater que les engagements sont très peu tenus et ce, pour plusieurs raisons: infrastructures inadéquates, manque de stages pratiques au profit des apprenants, non qualification des enseignants chargés de dispenser les cours, programmes non respectés faute de moyens financiers conséquents et de ressources humaines qualifiées.En effet, peu d’écoles respectent les curricula et les parcours annoncés et, comme dans le système éducatif béninois en général, les enseignants chargés de dispenser les cours brillent par leur manque de formation. Au finish, l’offre éducative déjà en inadéquation avec les besoins d’emplois et les perspectives pour les jeunes est floue, dans les différents secteurs d’activités primaires, secondaires, tertiaires et technologiques modernes qui manquent cruellement de cadres compétents et valables. Des contraintes et des défis L’on en veut pour preuve que les taux très faibles d’insertion d’impétrants fraîchement sortis d’écoles de commerce, de management, de journalisme, de communication, de linguistique, d’informatique, et immédiatement employables après l’obtention du diplôme. Le cas des diplômés des facultés générales d’économie, de sociologie, de biologie, des sciences juridiques, qui gonflent chaque année les rangs des chômeurs et des sous-employés, reste préoccupant dans un contexte où le rythme des investissements productifs et de création d’entreprises demeure faible.Offrir aux apprenants un cadre de travail approprié et un encadrement efficace reste un casse-tête pour nombre de promoteurs de centres de formations technique et professionnelle. Des bâtiments implantés sans aucun respect des normes retenues, des équipements quasi-inexistants, la faible capacité de planification, de mise en œuvre et de suivi des modules de formation et des emplois du temps, ne sont pas de nature à favoriser l’amélioration significative de la qualité de l’offre éducative. Pourtant, les promoteurs de formation post-Bac s’arrangent pour que les diplômes de leurs écoles soient co-signés par l’Etat et reconnus par le Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES). Curieusement, en dépit de leur insatisfaction, les parents qui s’échinent juste à payer les frais de formation parfois exorbitants, ne se préoccupent guère des performances. Une démission à travers laquelle ils semblent cautionner la forfaiture des écoles qui sont dans l'illégalité en continuant de jeter leur argent à ces écoles qui se créent aux coins de rue et qui ne respectent ni les curricula ni les parcours annoncés. Cela se comprend d’ailleurs si l’on sait que de nombreux étudiants n’ont pas choisi d’eux-mêmes les filières qui leur ont été plutôt imposées par des parents qui, par leur biais, entendent réaliser ainsi leurs propres ambitions déçues. Et quand on sait que la richesse et l’avenir du pays dépendent de son capital humain, il est fort à parier que le développement restera hypothéqué tant que la formation des cadres restera bâclée. S’il n’y a de richesse que d’hommes, il importe alors que la formation technique et professionnelle suive l’évolution des métiers et les attentes pour une mise en adéquation des offres et des demandes de l’emploi dans chaque domaine.



Par Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

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