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De l’histoire du Dahomey à la Conférence des Forces Vives de la Nation du 19 au 28 Février 1990
Publié le jeudi 19 fevrier 2015  |  Le Matinal




La lutte ayant abouti à l’avènement du renouveau démocratique au Bénin aura été gravée dans la mémoire de tous les Béninois. La période du 19 au 28 février 1990, a été des dates mémorables où, le peuple béninois a vécu un évènement inédit sur le continent. Ceci a bouleversé la vie politique de l’ex Dahomey.Dénommée Conférence des Forces Vives de la Nation, l’évènement aura permis de rassembler les fils et les filles du Dahomey d’alors, pour discuter de la situation sociopolitique du pays et lui tracer une ligne directrice pour l’avenir. Mais quelles sont les différentes étapes qui ont contribué à cette Conférence emblématique ?Retour sur le film des différents évènements qui ont marqué cette assise à travers l’histoire du Bénin depuis vingt-cinq ans…


Avant l’organisation de la Conférence des forces vives de la nation, plusieurs crises sociales ont secoué notre pays le Bénin. Face à cette situation d’alors, nourrie par les idéologies du Parti Communiste du Dahomey, la rue gronda par des manifestations protestataires. Désarmée, la junte militaro-marxiste se résigna à opérer des réformes politiques, économiques et sociales. Le 06 décembre 1989, elle abandonna le socialisme comme orientation idéologique de l’Etat et convoqua une Conférence nationale. De plus, les condamnés politiques furent amnistiés et pouvaient rentrer : pour participer à ces « Etats généraux », annoncés pour le mois de février. Une nouvelle ère s’ouvre alors pour le pays.

Tenue du 19 au 28 février 1990, la Conférence nationale aréuni plus d’un demi-millier de délégués des différentes composantes du pays, à l’hôtel PLM Alédjo, sous la présidence de Mgr Isidore de Souza.

Deux principales décisions en sont issues. La première instaura le libéralisme économique et politique, la démocratie et l’Etat de droit. La deuxième nomma un Premier ministre pour seconder le général Mathieu Kérékou, maintenu à la présidence mais vidé de l’essentiel de ses prérogatives. Un vent de renouveau démocratique enveloppa le Bénin. Le Premier ministre nommé par la Conférence nationale, Nicéphore Soglo, Administrateur de la Banque mondiale, est chargé de conduire le gouvernement de la période transitoire. Ce gouvernement a pour mission de mettre en œuvre les principales mesures devant conduire à l’adoption d’une nouvelle Constitution et à l’organisation des élections générales. Contrairement aux autres expériences transitoires des pays de la sous-région, les deux acteurs principaux de cette période, le président Mathieu Kérékou et le Premier ministre Nicéphore Soglo, ont su jouer loyalement leur partition et accorder leurs violons, pendant les douze mois de sa durée.

Le 11 décembre 1990, une nouvelle loi fondamentale, celle de la Ve République fut promulguée, après son adoption par voie référendaire. Elle reflète bien les décisions de la Conférence Nationale. Elle a pour trame la démocratie et l’Etat de droit. Elle opte pour un régime républicain présidentiel, avec la séparation des trois pouvoirs : l’exécutif, le législatif et celui judiciaire. Trois mois plus tard, les élections législatives et présidentielles ont sanctionné la fin de la période de transition. La nouvelle Assemblée nationale, monocamérale, élue pour quatre ans. Elle est présidée par Maître Adrien Houngbédji, avocat et ancien exilé politique. Au deuxième tour des présidentielles, Nicéphore Soglo a triomphé de Mathieu Kérékou. En 1996, Nicéphore Soglo dut céder son fauteuil présidentiel à Mathieu Kérékou aux élections présidentielles. Cinq ans plus tard, les Béninois lui accordent à nouveau leur confiance.

En 2006, en l’absence de Mathieu Kérékou et de Nicéphore Soglo, le jeu politique devient plus ouvert. Le premier tour des élections s’est tenu le 5 mars 2006. Vingt-six candidats briguaient la magistrature suprême : des habitués et de nouveaux venus. Parmi eux, Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, tous deux anciens ministres de Kérékou et anciens présidents de l’Assemblée nationale. Contre toute attente, c’est Boni Yayi, dépeint par ses adversaires, comme l’émanation d’ « une génération spontanée en politique », qui a ravi la vedette à ces derniers. Il emporta la décision finale, avec plus de 75% des suffrages exprimés. L’année suivante, ses partisans réunis au sein des Forces Cauris pour un Bénin Emergeant (FCBE) ont gagné les législatives. Dans la foulée, le président de l’Assemblée nationale élu Mathurin Nago est issu de ce mouvement.En 2011, Boni Yayi a remporté la présidentielle dès le premier tour.

Aujourd’hui, encore, le Bénin s’apprête à commémorer le vingt cinquième anniversaire de la Conférence des forces vives de la Nation…et la question qu’on est en droit de se poser est la suivante : Qu’en est-il de la sauvegarde des acquis de cette conférence mémorable aujourd’hui ?

Léonce ADJEVI et Judith Rolande CAPO-CHICHI
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