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Alimentation des prisons civiles du Bénin : Le gouvernement démissionne, les prestataires menacent
Publié le vendredi 20 fevrier 2015  |  Le Matinal
Prison
© Autre presse par DR
Prison civile de parakou




Malgré les menaces persistantes des prestataires de cesser l’alimentation des détenus des prisons civiles du Bénin, pour non paiement de leurs factures, le gouvernement ne s’en émeut point. Dans 72 heures, les prestataires passeront à l’acte. La colère des prisonniers sera alors inévitable.


3.500.000.000 Fcfa. C’est le montant des dettes cumulées des années 2012, 2013, 2014 avec les soldes sur les paiements de 2007 à 2011 que l’Etat béninois doit payer aux prestataires en alimentation des détenus des prisons civiles du Bénin. Comme si les factures de leurs prestations étaient tombées dans un trou noir, il leur est difficile, voire impossible de rentrer en possession de leurs dûs. Face à leurs nombreuses démarches pour amener l’Etat à s’acquitter du paiement de cette somme, ce dernier leur répond par une indifférence totale ou par des promesses sans lendemain. Suite à leur courrier du 27 janvier 2015 adressé au Garde des Sceaux, ministre de la justice pour réclamer leurs créances, ils ont été conviés à une rencontre le 30 janvier, soit trois jours plus tard. Avec les collaborateurs du Garde des Seaux, ils ont abordé leurs problèmes tout en insistant sur leurs intentions de cesser l’alimentation des détenus. En lieu et place des promesses concrètes, les autorités du ministère de la justice ont promis apporter une solution à leurs revendications dans un bref délai. Le ministre lui-même a présidé une réunion le 03 février au cours de laquelle, il a souhaité que les malentendus soient relégués au passé avant d’indiquer qu’il a des propositions à apporter pour régler les problèmes. Devant de telles assurances, les prestataires ont renoncé à leurs menaces de couper les repas aux prisonniers dès le 05 février 2015. Ces menaces sont encore à l’ordre du jour, parce que depuis les échanges qui ont eu lieu et les récentes démarches entreprises, non seulement à l’endroit du Directeur général du budget, mais aussi par courriers de relance à l’endroit du Garde des Sceaux, rien n’a bougé. Alors que les propositions faites par les cadres financiers du Ministère de la Justice énonçaient des mesures qui consistent à payer les dettes de 2012 et 2013 et les soldes d’avant 2012 par des titres, les prestataires s’y sont opposés. Ils proposent à leur tour que ces dettes soient payées au cours de 2015 en deux tranches. Les 2/3 dans un délai de huit jours, ensuite le solde, trois mois plus tard. Au bout de deux rencontres avec le Directeur général du budget, une première le 05 février et une deuxième le 11 du même mois, on croyait que c’est la fin du calvaire des prestataires. Mais erreur !

Duperie

Bien qu’ils aient accepté la mesure annoncée par le Directeur de budget et qui consiste à payer la moitié des dettes de 2012, 2013, 2014 et les résidus de 2007 à 2011, les prestataires ne voient rien tomber dans leurs poches. Tout porte à croire que les autres solutions annoncées n’ont suscité que des espoirs vains. C’est pourquoi, le Collectif des prestataires en alimentation des détenus des prisons civiles du Bénin estime qu’il a été roulé dans la farine. Dans une lettre adressée au ministre de l’Economie et des Finances, Komi Koutché pour exposer la situation qu’il traverse, ses déboires, et les jeux de dupe dont il est victime, il invite ce dernier à trouver des solutions adéquates à ses préoccupations. Et, c’est là où le ministre de la Justice a échoué. Alors qu’il devrait consacrer assez de ressources à l’alimentation des détenus des prisons civiles du Bénin, il n’en fait pas sa priorité. Ainsi, on se demande s’il ne sait pas que cela relève des missions régaliennes de l’Etat. Et ne pas le faire, est synonyme de démission de sa part. S’il arrivait que par contagion, le ministre d’Etat, chargé de l’Enseignement supérieur, celui de l’Economie et des finances de même que leur collègue du Développement cités en ampliation de la lettre, ne s’impliquent pas pour la résolution de ce problème, la réaction de la Ccib et du Patronat béninois est attendue pour venir au secours des prestataires. Brandissant leurs menaces de cesser d’alimenter les pensionnaires des prisons, ils donnent jusqu’au 22 février au gouvernement pour régler le problème. « Si rien n’est fait, nous serons dans la stricte obligation de ne plus assurer les prestations en alimentation des détenus des prisons du Bénin à compter du 23 février 2015 », préviennent les membres du Collectif. En somme, Jj-3. Et, bonjour les dégâts dans les pénitenciers.

FN
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