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Les nouvelles révélations du Président de l’Assemblée nationale
Publié le lundi 30 mars 2015  |  24 heures au Bénin
Assemblée
© Autre presse par DR
Assemblée nationale du bénin
Photo: Mathurin Nago, Président de l’Assemblée Nationale




Des clarifications sur les relations entre Patrice Talon et Nago

Le Président de l’Assemblée nationale Mathurin Nago, invité hier dimanche sur l’émission « Zone franche » de Canal 3 a abordé plusieurs questions brûlantes de l’actualité nationale. Il a de nouveau décrié la gouvernance actuelle du Bénin par le pouvoir en place, déploré une crise de confiance qui s’accentue, le non-respect des engagements pris par ses partenaires au pouvoir qui depuis longtemps ne cherchent, pour des intérêts inavoués, qu’à humilier et à fragiliser le Président du Parlement. L’invité Nago a enfin apporté des clarifications sur ses relations avec l’homme d’affaires Patrice Talon et justifié son opposition à la révision de la Constitution après que des proches du Chef de l’Etat lui ont révélé les vrais mobiles de ce projet de loi.

On apprendra chaque jour davantage sur le Projet de révision de la Constitution mis en veilleuse à l’Assemblée nationale du Bénin. Mathurin Nago, Président de l’Assemblée nationale vient apporter de l’eau au moulin des antirévisionnistes et de tous ceux qui continuent d’avoir des soupçons que c’est un projet opportuniste. Le Président Nago, à travers ses révélations sur le plateau de Canal 3 ou mieux en faisant savoir que ce sont des proches du pouvoir qui lui ont fait des confidences sur les vrais mobiles de ce projet de loi, a estimé que l’initiative du Chef de l’Etat, loin de s’inscrire dans le cadre d’une réforme, est une révision opportuniste, qu’il n’entend pas, pour l’intérêt supérieur de la nation, cautionner ou soutenir. Alors que dès le départ, il s’était engagé dans le processus parce qu’il était convaincu comme d’autres institutions, qu’il y avait des insuffisances à corriger au niveau de la loi, surtout après le travail confié à une commission d’experts, les observations et les propositions faites au sujet de l’institutionnalisation de la Cena, l’instauration d’une Cour des comptes, l’imprescriptibilité des crimes économiques et des blocages au sujet de la procédure de poursuite et de mise en application des décisions au niveau de la Haute Cour de Justice.

Des proches du pouvoir ont vendu la mèche


Malheureusement, d’autres éléments révélés par des proches du Chef de l’Etat ont démontré, à en croire le Président du Parlement, qu’il ne s’agissait pas d’une réforme pour le bien-fondé de la nation. Selon mathurin Nago, des personnes les plus insoupçonnées, proches de Boni Yayi, ont exprimé leurs préoccupations en attirant l’attention du Président du Parlement sur la gravité de la situation et ont confié que la révision de la Constitution veut prendre d’autres directions que ce qui a été retenu au départ et qu’il fallait faire quelque chose pour éviter que cela ne compromette la démocratie béninoise. Suite à ces confidences, le Président Nago a estimé qu’il y avait depuis une crise de confiance entre lui et le pouvoir, crise qui s’est accentuée, des comportements qui laissent paraître qu’en dehors de ce qu’ils avaient ensemble retenu, il y avait autre chose et face à cette situation qu’il ne pouvait que s’opposer à une révision opportuniste et aider le chef de l’Etat à terminer en beauté son mandat pour sortir par la grande porte.

Rapports avec Patrice Talon
« Je ne suis certainement pas le plus grand ami de Talon. La première fois que j’ai connu Talon, c’est dans le giron du chef de l’Etat. Nous avons, ensuite, eu à collaborer dans le cadre des élections de 2011 ». C’est ce qu’a déclaré le Président de l’Assemblée nationale qui s’est également prononcé sur les conflits ou démêlées issus du Programme de Vérification des Importations (Pvi). Mathurin Nago a fait savoir qu’il a voulu jouer la médiation pour trouver des solutions, pour une ambiance apaisée. Mais le Président de l’Assemblée nationale a déploré tout ce qui a été dit sur sa personne par la suite, dans le feuilleton affaires tentatives d’empoisonnement et de coup d’Etat, le traitement qui a été fait de certains de ces collègues qui ont été fouillés à l’aéroport de Cotonou à leur retour d’un voyage sur Paris parce qu’on les accusait d’aller prendre de l’argent chez Talon. Le Président Nago a également dénoncé toutes les manœuvres perpétrées dans le dessein de l’humilier et de le fragiliser en distribuant des photos dans sa propre région sous prétexte qu’il a rencontré Talon. Pour Nago, tout cela est malsain parce qu’il a le devoir entant que Président de l’Assemblée national de recevoir tout le monde et d’écouter tous afin d’aider les protagonistes à trouver un terrain d’entente pour préserver la paix sociale. On ne devrait donc pas le diaboliser même s’il écoutait aussi la version de Talon au sujet de ces affaires surtout qu’il a rencontré aussi beaucoup d’autres opérateurs économiques, tel que Ajavon Sébastien, des citoyens et il a été aussi reçu plusieurs fois par le Chef de l’Etat et le Président Nago a fait savoir que c’est toujours dans le but d’un règlement pacifique de ce différend.

Une gouvernance qui se dégrade


Le Président Mathurin Nago a saisi l’opportunité qui lui a été offerte pour se prononcer sur la gouvernance actuelle du Bénin. Le président de l’Assemblée a réitéré ses critiques en ces termes : « la qualité de la gouvernance au fil des années s’est dégradée compte tenu de la corruption avérée au niveau des nominations, la qualité des choix, la gestion des finances publiques et on a eu un certain nombre de scandales. Au sujet de la construction du siège de l’Assemblée nationale, au début j’ai dit qu’il fallait éviter de donner les marchés à un certain nombre d’entreprises mais je n’ai pas été écouté alors que nous avons constaté des irrégularités, il y a eu des questions orales et on a largement mis l’opinion publique à témoin ». Outre ces observations, le Président de l’Assemblée nationale a dénoncé ce qu’il considère comme étant des comportements et pratiques de divisionniste, de régionalisme, d’instrumentalisation des uns et des autres et l’acharnement envers sa personne par la mobilisation des jeunes et des femmes de certaines circonscriptions qui sont manipulées et qui reçoivent de l’argent. « Quels que soient les enjeux des élections, nous n’avons pas le droit de dire certaines choses », a fait observer Mathurin Nago qui a ajouté qu’en dépit des divergences, qu’il n’y a pas de guerre entre lui et le Chef de l’Etat ou le pouvoir et en place et qu’il ne veut que contribuer à aider le Président Boni Yayi à bien finir son mandat.

E. R. G./Le Grand Matin-
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