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Ce qu’il faut savoir de l’intimidation mal ficelée de Gaston Zosou et de Me Sambaou Zacharie le 1er août
Publié le vendredi 2 aout 2013   |  24 heures au Bénin




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Le domicile de Gaston ZOSSOU sis à Vèdoko a été pris d’assaut par un fort détachement de policiers. Ainsi, l’ancien ministre a publié sur Face Book le post que voici :

Chers amis,

À l’heure où je vous écris ces mots, une quarantaine d’hommes en armes encerclent ma maison au carré 1416 E à Vêdoko, Cotonou. Je présume que c’est pour mes activités politiques sur Facebook et MERCREDI ROUGE. Je vous informe à toutes fins utiles. Quant à moi, je suis serein. J’agis par attachement à la vérité et à notre pays commun, et je n’ai pas l’intention de m’arrêter. Diffusez ce message s’il vous plaît. Merci à tous.
Me Sambaou Zacharie qui était sur les lieux a été égalemnt interpellé et conduit au commissariat central de Cotonou.

Face à cette nouvelle dérive, voici le récit de Me Djogbénou qui était sur les lieux.


Sur la tentative d’arrestation de Gaston ZOSSOU :

I - Les faits

Un peu avant six heures du matin, Gaston ZOSSOU dont vous connaissez l’engagement politique nous a fait part de ce que son domicile était encerclé par les agents de la police et de la gendarmerie. Arrivé sur les lieux, nous avons constaté une présence effective de plus de 40 agents. M. ZOSSOU et sa famille étaient à l’étage.

Descendu quelques instants après, nous nous sommes rapproché de ces agents auxquels nous avons demandé les raisons de leur mobilisation. C’est alors que M. AGOSSADOU, en sa qualité de commissaire centrale de la ville de Cotonou nous informa que M. Boni YAYI a interdit le port de toute tenue de couleur rouge et, sans justifier de la loi qui habilitait l’intéressé à le faire, précisa que lui même interdisait la même tenue. Réalisant que nous même étions vêtu d’une chemise de la même couleur, nous lui avons indiqué que nous la porterions en attendant qu’il nous transmette l’ordre de la loi qui prononça cette interdiction. Quelques minutes après, nous avons envisagé de nous déplacer, avec notre véhicule, M. Séraphin AGBAHOUNGBATA à nos côtés. Nous en fûmes empêchés, tandis que notre véhicule étaient fouillé.

La présence sécuritaire se renforçait progressivement, avec les agents des CRS en ordre de bataille. Me SAMABOU fut également empêché de se déplacer , et, situation manifestement aggravante pour lui, il était retrouvé dans sa voiture les plaquettes "Trop, c’est trop" déjà trouvées dans la mienne, avec une short de couleur rouge que nous avions offert à son chauffeur.

Il fut conduit au commissariat central de Cotonou où il déposa, avec l’assistance de Me VLAVONOU-KPONOU Elie, de Me YAYA POGNON et du Bâtonnier Cyrille DJIKUI. Il est suspecté de trouble à l’ordre public et nous attendons, dans la ferveur qu’il soit présenté au procureur. C’est en cet état que les agents de sécurité se furent mis en position d’investir à nouveau le domicile de M. ZOSSOU et, manifestement, dans la perspective de l’enlever. Nos informateurs nous apprirent qu’en réalité, on préparait l’arrestation à la fois de M. ZOSSOU et de votre serviteur. Le procureur saisi par le Bâtonnier, a enjoint aux agents de lever le siège. Il était déjà 14 h.




II - Les leçons

1°) Les événements de ce matin démontrent, s’il en était encore nécessaire, l’insincérité de M. Boni YAYI quand il jure, la veille, son souci du rassemblement, de la sécurité et de la liberté : il nous offre l’exclusion, l’insécurité et le harcèlement policier.

2°) Alors que M. Boni YAYI rassure les représentants des organisations internationales, les diplomates de sa prétendue bonne volonté ; alors que sa télévision publique nous offrent à voir une foule nombreuse de citoyens, de maires et de ministres qui sont si convaincus de la révision de la Constitution qu’ils en oublient le contenu, juste un groupe de quelques hommes et femmes, sans grand accès aux médias, sans aucun fonds à distribuer perturbent sa tranquillité et sa sérénité.

3°) Il est tout de même curieux, qu’alors selon le commissaire Agossadou, M. Boni YAYI interdit le port de tout habit de couleur rouge, se mette, pour le défilé, en cravate rouge, salue la troupe sur un tapis de couleur rouge, laisse défiler devant lui les para commandos avec leurs bérets rouge. Les sages ont déjà enseigné qu’il faut éviter de faire confiance à l’être humain qui ne respecte point ses propres prescriptions.

4°) On soulignera aussi, que ceux qui se furent noyés dans la lagune de Porto-Novo n’avaient pas eu autant d’agents à leur secours ; que si les citoyens sont braqués, tués et violés, le carburant fait défaut et la troupe absente ; mais il suffit de combattre la révision de la Constitution pour avoir le privilège de la troupe, dans le nombre et le grade. Il est vrai qu’il est plus difficile de sauver la vie qui se noie dans la pauvreté que d’entraver celle qui se bat pour la liberté.

III - Conclusion

Ce qui s’est produit ce matin n’est qu’une tentative d’intimidation mal ficelée. Nous en appelons à chacune et à chacun, à toutes et à tous, d’éviter la tentation de la peur. Celle-ci a bien changé de camp et, faut-il le confesser, on nous a offert l’une des plus utiles fêtes de l’indépendance. Le rouge est devenu une arme, celle de la reconquête de notre liberté. La dictature se désintègre, s’affaiblit, s’affadit. On ne pourra plus reculer. On ne reculera point.

A l’attention des agents de toutes catégories, notamment des forces de sécurité, il est préférable d’éviter d’espérer, en cas d’alternance démocratique, quelque impunité relative aux ordres injustes, illégaux, et exécutés sans lucidité de manière tout aussi injuste, illégale et immorale. Le Bénin ne fera pas l’économie de la justice et nul ne fera passer en pertes et profits les souffrances, les lâchetés et les crimes sous prétexte du pouvoir et des instructions que l’on tiendrait d’une quelconque autorité. C’est aussi une sagesse universelle qui enseigne qu’aussi longtemps que dure la nuit, le jour finit toujours par arriver.

A bon entendeur...

Joseph Djogbénou

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