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Blocage de l’interpellation du Député Candide AZANNAI: Yayi reçoit le signal de la veille populaire
Publié le mercredi 6 mai 2015  |  Le Confrère de la Matinée




Suite à une plainte déposée par le chef de l’Etat contre l’honorable Candide Azannai, le procureur de la République près le tribunal de première instance, première classe de Cotonou a ordonné l’interpellation du mis en cause, mais la population a empêché la poursuite de la procédure judiciaire. Et Boni Yayi, auteur de la plainte en a tiré quelque leçon.
Mardi dans la matinée, un fait inédit réveille la population du quartier Zogbo, périphérique de Cotonou. Des forces de sécurité publique font irruption au domicile de l’honorable Candide Azannai, avec en main une convocation intimant l’ordre au destinataire « de se présenter dès réception au bureau de la Compagnie de Gendarmerie de Cotonou muni de la présente Convocation ». Cette convocation qui pourtant comporte une partie intitulée « analyse sommaire », ne fait pas mention du motif. La population qui a lu en cette démarche un certain acharnement contre la personne du Député a réagi ; elle a réagi d’autant plus que le destinataire de la convocation n’est pas un homme ordinaire. Et elle sait que la procédure pour interpeller quelqu’un de cette catégorie est biaisée. Elle s’est opposée à l’action.


Le revers d’un acte incriminé

De fil en aiguille, l’information est parvenue aux acteurs de la classe politique qui ne s’est pas fait prier pour se présenter au domicile de Candide à Zogbo. Un détachement la police est arrivée en appui aux gendarmes en mission. Le rang des habitants grossit, et la résistance devient corsée. Les acteurs politiques furent rejoints par les représentants de la société civile. La situation devint sérieuse. Un cocktail molotov fut dégoupillé pour dissuader la foule qui prend de plus en plus d’ampleur. Un tumulte se crée et le trop plein se déversa dans la rue, à la tête duquel des personnalités fortes de la République. La foule prend la rue pavée vers le stade de l’Amitié ; elle fut enfin arrêtée après quelques centaines de mètres de parcours.
Bref, des pneus furent allumés et le macadam embrasé. Comme une trainée de poudre, les manifestants prirent d’assaut le stade et environs. Des voies de circulation furent bloquées, rendant la circulation pénible et parfois impossible. Des gaz lacrymogènes détonnèrent ; la foule, se grossissant, étale sa furie jusque dans les quartiers périphériques tels Mènontin, Kindonou et même le campus d’Abomey-Calavi qui a été contaminé par le mouvement d’insurrection populaire.
L’ordre fut perturbé, troublé jusque tard dans la nuit, peut-être jusqu’au moment où il a été possible au président de la République de retirer sa plainte et de demander au procureur en charge du dossier de suspendre la procédure.

Le réveil général
Ce rappel est nécessaire pour démontrer jusqu’à quel point un acte du premier magistrat peut être contesté et remis en cause par le peuple aujourd’hui mature.
Le comportement subit de la population appelle des réflexions. Cela traduit le caractère spontané de la réaction populaire face à ce qu’il est loisible d’appeler une violation des dispositions constitutionnelles (Un député en session ou non, ne peut faire l’objet d’interpellation que suivant une procédure spéciale).
Mieux, la personne du député est devenue un mythe. Son score réalisé lors des dernières législatives dans la 16ème circonscription électorale traduit l’impact et la force dont dispose celui-ci en matière politique. La sensibilité de la période impose que l’on agisse avec beaucoup de perspicacité, de subtilité.
Par ailleurs, la nature des manifestants démontre largement un problème de misère et de pauvreté ; le peuple a faim et a besoin qu’on lui donne plus de moyens que de vaines querelles inspirées par un arsenal judiciaire ou une position, fut-elle présidentielle.
On a frôlé la catastrophe, pourrait-on dire, tenant compte de l’ampleur des événements de ce lundi. Le retrait de la plainte, même s’il constitue un acte de grandeur et de bravoure, n’est pas préventif d’une autre escalade. L’acte du lundi 04 Mai à Cotonou indique bien que le peuple suit et garde la veille pour d’éventuelles situations déplorables. Il faut simplement éviter de donner dans un jeu qui appelle l’insignifiante violence.

Félix MAHOUGNON
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