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Pour ses intentions de rester au Pouvoir après 2016 : Yayi Boni plie l’échine devant François Hollande
Publié le jeudi 11 juin 2015  |  24 heures au Bénin
Sommet
© AFP par ALAIN JOCARD
Sommet extraordinaire sur la lutte contre la secte islamiste Boko Haram
Samedi 17 Mai 2014. Paris(France). Cinq chefs d’Etat africains et François Hollande, lors du sommet extraordinaire sur la lutte contre la secte islamiste Boko Haram. photo: Yayi Boni, François Hollande




Annoncée comme un rendez-vous pour faire le point de la coopération entre la France et le Bénin, la visite du chef de l’Etat, Yayi Boni, en France a plutôt servi à libérer le peuple béninois du spectre d’un éventuel troisième mandat de son président. Le numéro 1 français, François Hollande, a sans doute exigé lors de leur tête-à-tête ce mardi 9 juin 2015, au Palais de l’Elysée, cet engagement de son homologue qui a dû réitérer sa volonté de quitter le Pouvoir en 2016.

Selon le communiqué de la présidence de la République, la visite du chef de l’Etat, Yayi Boni, en France « s’inscrit dans le cadre des relations de bonne coopération entre les deux Etats ». Parmi les points forts de la discussion, il est évoqué la tenue de la Conférence des parties de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015 (Cop21), qui se tiendra en décembre prochain à Paris. Le communiqué annonce également que cette visite « sera l’occasion pour le président béninois de faire le point sur les chantiers de transformation économique et sociale de son pays entamés depuis le début de sa première mandature en 2006 ». Par ailleurs, le président Yayi Boni et le président François Hollande devaient échanger sur la prochaine visite du chef de l’Etat français à Cotonou, à l’occasion d’une « tournée africaine », prévue pour la première semaine du mois de juillet. Donc, nulle part, il n’est indiqué que les deux chefs d’Etat parleront du projet de révision de la Constitution cher au président béninois. Mais, selon les indiscrétions, ce sujet a plutôt servi de ‘’plat de résistance’’ aux deux personnalités. Et Hollande a sans doute demandé au président béninois de s’engager à quitter le Pouvoir en 2016. En insistant sur le sujet, le président français qui suit avec grand intérêt, la situation au Bénin, a voulu être rassuré qu’il n’y aura pas un forcing du numéro 1 béninois comme l’a fait Blaise Compaoré au Burkina-Faso.

Dans son discours à l’ouverture du dernier sommet de la Francophonie à Dakar (Sénégal), Hollande avait déjà annoncé les couleurs. « Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie. Il y a quelques semaines, le peuple burkinabé a fait une belle démonstration. (…) ce qu’a fait le peuple burkinabé doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce sont les peuples qui décident. Ce sont les élections qui permettent de savoir qui est légitime et qui ne l’est pas », avait-il déclaré. C’est donc clair que Hollande est opposé à toute tentative des présidents des pays francophones de s’éterniser au Pouvoir. Après avoir eu écho des récriminations des forces de l’opposition et constaté que les libertés fondamentales ne sont pas garanties au Bénin, il se doutait sans doute que l’alternance sera de mise en 2016.

Dernière ligne droite…

Lors de leur entretien, le chef de l’Etat béninois a pris l’engagement de quitter les choses en 2016. Cela est mis en exergue -en filigrane- dans le communiqué diffusé par la présidence française sur son site internet. Puis, devant les médias français au sortir de l’audience au Palais de l’Elysée, Yayi Boni, lui-même, s’est prononcé pour une élection présidentielle « démocratique » l’an prochain dans son pays, confirmant son souhait de ne pas briguer un troisième mandat lors de la présidentielle prévue en février 2016. Accusé par l’opposition béninoise, il a réaffirmé que telle n’était pas son intention. « Mon nom ne figurera plus jamais dans aucun bulletin », a-t-il déclaré à la presse à l’Elysée, ajoutant qu’il veillerait « à ce que les élections se déroulent dans de bonnes conditions, la transparence et la paix, et que ce soient des élections véritablement crédibles ». C’est sur la base de cet engagement ferme que Hollande a certainement accepté de venir au Bénin le 2 juillet prochain. Reste à savoir si cette visite sera maintenue…

Epiphane Axel Bognanho

Et si Yayi utilisait la France pour endormir le Bénin

Au-delà des thèmes classiques de sa visite à l’Elysée, le président béninois Yayi Boni a abordé avec son homologue français, François Hollande, la question de la présidentielle de 2016 au Bénin. Le départ de Yayi Boni du pouvoir est toujours source d’interrogations. Beaucoup de ses compatriotes n’arrivant pas à se convaincre qu’il est disposé à se retirer. Tous s’interrogent : « partira ou partira pas ? ». Sentant le danger à l’horizon, La France a décidé d’intervenir, pour sauver la démocratie. François Hollande a compris : son ami « Yayi », qui veille sur les intérêts français, a clairement signifié qu’il n’est pas partant. Le président a dû prendre les taureaux par les cornes pour l’obliger à ne pas représenter en 2016. C’est ce qui est à l’origine du le communiqué conjoint entre la France et le Bénin, sanctionnant la visite à l’Elysée. Contrairement aux paroles du roi du Palais de la Marina qui ne valent que ce qu’elles valent, et auxquelles personne n’accorde plus de crédit, ni valeur, il s’agit d’un acte écrit et signé pour mettre Yayi Boni devant ses responsabilités. Pour une fois, il ne pourra pas se dédire. Pour autant, le peuple béninois ne doit pas baisser sa garde, et se soustraire à la veille.

La France continue de faire son business

Il faut barrer la route à l’opportunisme, à l’imposture et à la délinquance au sommet de l’Etat. Il est souvent reproché à Yayi Boni de renier sa propre signature et de renoncer à ses propres engagements, mais il ne pourra pas se permettre de jouer avec le le feu face à la France. Il est vrai que quand les intérêts de la Métropole sont en jeu, elle ne s’embarrasse pas de scrupules pour soutenir les potentats, les voyous et même les diables, alors qu’elle fait croire qu’elle milite pour le leadership démocratique et réformiste de l’Afrique. Plus qu’hier, la France a beaucoup d’intérêts au Bénin, le plus souvent au détriment des intérêts des opérateurs économiques nationaux. Les Français sont présents dans les domaines portuaires, ferroviaires, cimentiers et autres. On ne saurait dire en échange de quoi, Yayi Boni donne autant. Sa visite à l’Elysée qui sera suivie de celle de François Hollande au Bénin dans la première quinzaine du mois de juillet, comporte beaucoup d’enjeux économiques que politiques. La France fait du business et pour ne pas voir son image écornée en raison de ses accointances avec un président décrié et couvert de scandales et peu fréquentable, elle a voulu d’abord renvoyer une bonne image depuis l’Elysée sur le chef de l’Etat béninois.

Profession de foi, mais pas parole d’Evangile

Dans un communiqué, l’Elysée a subtilement poussé Yayi Boni à lui donner des assurances qu’il ne tentera pas de briguer un troisième mandat présidentiel. François Hollande a peut-être mieux réussi que Barack Obama, Ban Ki Moon, et le Pape Benoit XVI, devant lesquels Yayi Boni a juste fait la promesse de quitter le pouvoir en 2016. Mais l’entêtement personnel du président béninois à réviser la constitution a renforcé le doute sur sa bonne foi à respecter son engagement. Aujourd’hui, le communiqué de l’Elysée vaut plus que la profession de foi, mais il n’est pas parole d’Evangile.

Fidèle Nanga

Au-delà de l’engagement, les actions

Au terme de sa visite de travail à Paris, le chef de l’Etat, Yayi Boni a pris l’engagement, dans un communiqué avec l’Elysée, de renoncer à un 3ème mandat. Cet acte marque le début du processus devant mener à l’après Yayi.

Le président Yayi Boni vient de poser le premier acte de foi de son retrait du pouvoir. Certainement, il ne sera pas de la course à la présidentielle de 2016. Reçu par son homologue français, François Hollande, Yayi Boni a matérialisé dans le communiqué qui a sanctionné sa visite à l’Elysée, son expression de quitter le pouvoir en 2016. A l’opposé des affirmations faites devant le Pape honoraire, Benoît XVI, le président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama et les conseillers de la Cour constitutionnelle du Bénin, c’est un acte concret. Seulement, le président Yayi Boni a l’obligation de traduire cet engagement dans les faits, une fois de retour chez lui. La prochaine étape devra être le retrait de son projet de révision de la Constitution. On ne souvient que cette révision est le thème central autour duquel il a battu campagne pendant les élections législatives. Ce retrait est d’autant plus attendu, qu’il devra servir à décrisper l’atmosphère sociopolitique. A dix de mois de la fin de son dernier mandat constitutionnel, c’est un acte attendu pour rassurer au-delà la classe politique. En conséquence, le président Yayi disposera du reste des semaines de son mandat à revisiter tous les chantiers sociocommunautaires en souffrance, poser le diagnostic afin de solutionner ceux qui peuvent l’être. Dans un climat apaisé, il s’ouvrira de ce fait les portes de sortie de la Marina, fier d’avoir servi la République.

Jean-Claude Kouagou

« Acte de foi » sous la pression de l’Elysée

François Hollande a certainement voulu mettre au point quelques préalables avec Yayi Boni avant sa visite du 02 juillet au Bénin. Il ne veut pas cautionner les agissements antidémocratiques, ni des dérives anticonstitutionnels. La France n’accepte plus soutenir les écarts de ce type. Les mises en garde de François Hollande à Blaise Compaoré pour que le chaos n’arrive au Burkina Faso étaient de la même veine.

JCK

Il est temps d’ouvrir la voie à la succession

Les déclarations et engagements du chef de l’Etat béninois devant les autorités françaises à quitter le pouvoir au terme de son deuxième et dernier mandat constitutionnel doivent être accueillis avec sourire dans le camp présidentiel. Ils sont à considérer comme un acte qui libère les uns et les autres qui sont sous l’emprise du silence pesant du chef sur ses vraies intentions. Dans l’entourage du président de la République, ils sont nombreux à nourrir l’ambition d’hériter du fauteuil de dauphin, mais, n’ont pas le courage de sortir la tête. Ils ont peur d’être broyés par le roi du Palais de la Marina, qui selon eux n’a pas encore renoncé à réviser la Constitution pour se représenter en 2016. Si Yayi Boni est sincère dans ses engagements devant la France, il doit libérer son entourage de cet enfermement qui réduit ses chances dans la bataille pour 2016. Si personne n’a le courage de lever son petit doigt pour exprimer ses intentions de lui succéder, c’est parce qu’il n’a jamais ouvert le débat. Il est temps qu’il le fasse avec sincérité et finesse. Ce processus de désignation du dauphin de Yayi Boni ne devrait plus tarder à venir, car lui-même a dit et redit qu’on ne verra plus son nom sur aucun bulletin de vote. Et si cela ne vient pas tôt, ce sera à cause des intrigues entre proches du président. Parmi eux, il est difficile d’identifier un dauphin naturel et tous se croient capables de porter cette charge. Plus que chouchou de Yayi Boni, Komi Koutché ne remplit pas les critères d’âge pour prétendre viser le fauteuil de dauphin. On ne connaît pas encore le joker du chef de l’Etat, mais selon nos informations, celui-ci file un parfait amour avec Pascal Irenée Koupaki, son ancien premier ministre et Bio Sawé, fonctionnaire à la Banque ouest africaine de développement (Boad). Devant toutes ces hypothèses, personne n’est jamais sûr de ce qui est derrière la tête du président.

F.N.
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