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Déclaration de Eugène Azatassou, coordonateur national des Fcbe: « Nous soutenons la révision de la Constitution pour plusieurs raisons »
Publié le mardi 20 aout 2013   |  L`événement Précis


Eugène
© Autre presse par DR
Eugène Azatassou, Coordonateur FCBE


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nous repréciser la position des Fcbe par rapport à la question de la révision de la constitution …
Nous soutenons à bloc la révision de la constitution. Et ce pour plusieurs raisons. Il faudrait bien que cette constitution soit révisée un jour. Et si l’on se cabre pour dire qu’il ne faut pas la réviser tant que tel ou tel est au pouvoir, cela peut faire boule de neige parce que ceux qui disent cela, aujourd’hui, quand ils estimeront que la bonne personne pour le faire est là, nous, nous pouvons nous opposer à cela. Or, ce qui, souvent, se passe dans ces cas là, quand vous avez une loi fondamentale qui appelle à être revue, qui appelle que des ajouts lui soient faits pour qu’elle puisse coller à l’actualité et aux aspirations du peuple et quand vous vous refusez à faire cela, c’est la rue ou d’autres forces politiques qui s’en charge. Il ne faudrait pas qu’on en arrive là. C’est pour cela que nous pensons que cette constitution devra être révisée maintenant qui est une bonne opportunité que nous offre le chef de l’Etat.


L’autre raison est liée au contenu. Souvent, le débat ne prend pas en compte le contenu donné à la révision de la constitution. On reste superficiel (si on touche au préambule, c’est une nouvelle république, pourquoi ci, pourquoi çà). Le constat aujourd’hui est que le débat tourne autour d’une personne. Cela justifie le fait que nous avons pour habitude de régler nos problèmes en regardant les personnes. Il faut qu’on arrête avec ça. Le contenu est simple. En exemple, il approfondit la lutte contre la corruption. Il appelle à des actions concrètes pour éradiquer la corruption. Ce faisant, doit-on dire que c’est un changement de république ? Écrire aujourd’hui un préambule comme on l’aurait écrit en 1990, est impossible à réaliser parce que les contextes ont changé. La France a touché, je ne sais combien de fois, sa constitution. Je crois qu’ils sont à la 5ème république. Donc, en n’entrant pas dans le fond du débat, on a l’impression que l’on est d’accord pour la révision mais que l’on se refuse que ce soit le président Boni Yayi même, si c’est une bonne chose, qui la réalise. D’ailleurs, beaucoup de personnes le disent. Alors, dites-moi comment on peut comprendre que des gens refusent de faire avancer le pays parce que la tête de celui qui veut faire la chose ne leur plait pas ?

Les Béninois vont se poser la question de savoir si depuis 2006 la loi fondamentale du 11 décembre 1990 a empêché le chef de l’Etat de travailler ? Et pourquoi c’est à 2 ans de la fin de son mandat qu’il juge de l’opportunité de réviser cette constitution ?
Non, la loi fondamentale n’a empêché personne depuis 1990 de gérer le pays. Cela est évident. Mais, il faut voir les problèmes qui sont soulevés. Le chef de l’Etat pour son élection en 2011, a fait campagne sur le concept de la refondation de la république, c’est-à-dire cette transformation apportée sur les plans économique et politique pour que le Béninois puisse se consacrer au développement de son pays. Alors, les changements au niveau de la loi fondamentale font partie de cette réforme. Il faudrait donc qu’elles aboutissent. Il ne faudrait pas que le prochain chef d’Etat ait à faire cela si c’est possible qu’on le fasse. C’est une réforme essentielle que j’invite le peuple à accepter.

Reste-t-elle urgente cette révision de la constitution ?
Oui. Cela me rappelle la chronique de Jérôme Carlos que ne n’ai pas compris. On a dit qu’il y a des routes à faire, la vie est cher, il y a le chômage. Est-ce que c’est urgent de faire la révision de la constitution ? Mes chers amis. Dites-moi. Est-ce que c’est quand on aura plus rien à faire qu’on va réviser la constitution ? Est-ce quand tout sera au beau fixe ou est-ce que quelqu’un peut nourrir les bonnes lois pour la gestion d’un pays. La gestion d’un pays se limite-t-elle uniquement à la construction des routes, à la formation des enseignants, etc? Est-ce que les bonnes lois ne permettent pas de faire un bon encadrement du pays, de prendre des dispositions pour gérer au mieux et dégager des ressources pour faire ce que l’on veut faire ?

Vous n’êtes pas sans savoir que les questions de développement se règlent par priorité. Pensez-vous que c’est la révision de la constitution du 11 décembre qui participerait de façon prioritaire au développement du pays ?
Le chef de l’Etat et son gouvernement sont sur tous les fronts. Il y a des problèmes économiques à résoudre, des problèmes politiques à résoudre, des problèmes sociaux à résoudre. Il en a résolu beaucoup. Il ne faut pas qu’on dise qu’il ne fait que de la révision de la constitution. La révision de la constitution est un point important dans la résolution des problèmes au niveau du Bénin.

On sent des mouvements dans le sens du soutien du chef de l’Etat dans cette révision de la constitution. Les gens marchent. Alors, dites nous si les populations que vous faites marcher sont imprégnées de la réalité. Est-ce que vous n’êtes pas en train de les manipuler à des fins politiques ?
Je vous laisse faire votre appréciation. Mais, je ne vous conseille pas de continuer à faire des analyses de ce genre. Je l’ai entendu. On a parlé de faire marcher, d’instrumentaliser le peuple, …

Mais les gens ne savent pas pourquoi ils marchent…
Etes-vous sûr de ce vous avancer ?
Nous sommes dans le peuple…
Moi aussi je suis dans le peuple. Et je ne dis pas que toute la population marche. Et ceux qui marchent savent pourquoi ils marchent. Il y a des gens qui trouvent que ce n’est pas nécessaire de marcher. Mais marcher, tenir un meeting pour proclamer ce que l’on attend, c’est une forme d’expression de son opinion. Ceux qui marchent ont choisi cette forme d’expression de leur opinion et donc ayez de respect pour eux.

Vous trouvez qu’il faut avoir du respect pour ceux qui marchent, mais pourquoi quand ceux qui marchent ne sont pas Fcbe on les arrête. Et il faut même des interventions des avocats avant qu’ils ne soient libérés. Vous savez ce qui s’est passé le mercredi dernier à Calavi?
Je pense qu’on n’arrête pas des gens pour leur opinion.

C’est un exemple parmi tant d’autres…
Nous avons tous déploré, ici, parfois des interdictions de marches, des interdictions de manifestations. Mais, c’est qu’il y a quand même une loi dans ce pays. Il y a des procédures pour arriver à ces choses là. Est-ce que tout a été fait comme il se doit ? C’est la question qu’il faut se poser. Ce n’est pas parce qu’on a le droit de marcher qu’on se lève pour encombrer la rue. Je crois que le problème est à résoudre à ce niveau. Ce n’est donc pas pour des opinions qu’il y a des interdictions. Ce n’est non plus le fait de marcher que l’on réprime, mais c’est le fait de marcher sans prendre des dispositions pour que cette marche soit légale.

Avez-vous le sentiment que le processus normal pour aller à cette révision est respecté ?
C’est le débat. On a parlé de consensus. Et je crois que c’est ce qui est en train d’être fait. On va parler avec le peuple afin qu’il puisse adhérer.

C’est pour cela que les alliés du pouvoir font marcher les gens ?
Je vous ai dit de quitter ce schéma d’analyse qui vous amène à dire qu’on fait marcher les gens. Si c’est toujours le cas, on vous fera toujours le KO. Ayez du respect pour ceux qui marchent parce que c’est eux qui vont élire après.

Le KO, c’est une arme efficace pour les Forces cauris pour un Bénin émergeant, aujourd’hui, dira-t-on, parce que vous l’avez utilisé avec la liste électorale permanente informatisée…
On n’utilise pas le KO. On fait le KO. On va aux élections et on décompte les voix et on constate qu’il y a KO.

Et qu’est-ce qui permettra le KO avec la révision ou non de la constitution s’il n’y a plus de Lépi parce qu’on veut corriger cette liste-là aujourd’hui?
Vous dites que « vous avez fait marcher des gens et aujourd’hui on corrige ». Vous voulez dire qu’hier ce n’était pas bon et pourtant qu’on a apprécié ? Qu’est-ce qui fait que la Lépi n’a pas été bonne hier ? Vous avez vu tout le déferlement de l’opposition dans la rue ou les affiches placardées partout ? Et c’est au dernier moment que ces compatriotes se sont rattrapés pour appeler tous ceux à qui ils avaient défendu d’aller s’inscrire à le faire. C’est parce qu’on s’est rappelé que ce sont nos compatriotes et qu’on n’a pas le droit de les laisser dans cette situation qu’on a dit qu’on corrige. Nous avons fait l’évaluation avec des ateliers au sein de la majorité présidentielle pour la correction de la Lépi. Ce qui va permettre de recenser tous ceux qui ont été laissés en rade par la faute des politiciens. Ils doivent rentrer dans leurs droits. C’est donc ça le problème. Ne dites plus que la Lépi était mauvaise. Elle était bonne.

Etes-vous en mesure de rassurer le peuple que le chef de l’Etat tiendra parole, puisqu’il l’a clamé haut et fort qu’il ne se représentera plus ?
Vous savez, il nous est difficile de se faire confiance. Et c’est cela qui constitue notre gros problème. Celui qui est le mieux concerné par cette question a parlé sous tous les toits avec tous les tons et vous voulez que moi, je vous rassure.

Mais vous êtes proches de lui …
Vous n’avez pas été convaincus par le concerné et c’est moi qui vais vous convaincre ? Si vous, vous y croyez, c’est déjà bon.

Puisque vous êtes proches de lui, est-ce que vous n’allez pas le pousser à un autre mandat supplémentaire ?
Je vais vous dire une chose. C’est au chef de l’Etat de décider de cela.

La constitution est bafouée en ce moment
Je vous le répète, ce n’est pas ce que moi, coordonnateur, je dirai qui va rassurer le peuple. Le concerné a parlé de cela. Ceci dit, j’aimerais ajouter que pour construire du beau, il faut qu’on s’accorde un minimum de confiance.

Les Béninois ont eu confiance en 2011, au candidat Yayi Boni qui a promis rembourser les spoliés de Icc Service. Mais 2 ans après, rien n’a changé.
Vous savez qu’il y a une procédure pour rembourser. Le chef de l’Etat n’a pas dit qu’il va dégager les fonds publics pour faire ce remboursement. Si c’était ça qu’il avait promis, peut-être qu’il l’aurait fait depuis. Maintenant, il y a un certain nombre de procédures. Les fonds ont été immobilisés et il faut nécessairement les réaliser pour les payer. Et c’est ca qui traine. Il y a une réalité et c’est à cette réalité qu’il faut faire face. Il faut trouver les moyens et je crois que c’est à partir des fonds immobilisés que cela peut être fait. Il y a des problèmes de droit, de justice qu’il faut d’abord régler aussi.

Les mandats des maires sont prorogés. Est-ce que les mêmes causes pourront provoquer les mêmes effets, peut-être pour les législatives ou les présidentielles ?
Ne me faites pas dire quelque chose pour 2015 ou 2016. Je sais qu’il y a la nécessité d’avoir une liste fiable et correcte, c’est-à-dire la Lépi bien corrigée. On est en train, avec toutes les contradictions que cela a d’abord recelées avant que les responsables chargés de cela ne soient dégagés. Vous avez suivi tout ce que cela a recélé comme contradiction. Et il y aura une correction de la Lépi, amélioration de cette liste électorale et ça pourra permettre d’aller aux élections. S’il y a eu un problème au niveau de la liste électorale, avec tout le stress, avec toute la tension montrée à l’époque, il y a eu des dysfonctionnements. Vous savez que des gens ont retrouvé leurs bureaux de vote loin de chez eux ? Pour des élections présidentielles et législatives, il n’y a pas de problème parce que la circonscription électorale est grande. Mais, lorsqu’il s’agit des élections locales, communales, municipales, ça devient une catastrophe. Si je dois aller voter dans un autre village, je vote pour qui ? Ça va poser des problèmes et ça risque de faire exploser les situations. Alors, ce n’est pas la peine. Il faut se concentrer pour corriger correctement et on ira aux élections. Il ne faut donc pas prêter des intensions aux gens. Ce sont des problèmes qui ont amené au report. Les députés qui ont fait cela ne sont pas des débiles. Ils sont des gens intelligents et par conséquent, ils savent mesurer les conséquences de leurs actes.

Le non respect des échéances électorales ne fragilise-t-il pas la démocratie ?
C’est vrai. Mais le respect quand cela peut conduire à des situations de troubles n’est pas bon non plus. Donc, il faut couper la poire en deux. Et c’est ce qui est en train de se faire.

On ne pourra pas assister à la même chose ni pour les législatives, ni pour les présidentielles un jour?
Les législatives sont pour 2015 ou bien vous parlez des législatives de 2019 ? Si vous parlez de législatives de 2015, laissez-moi le temps de voir venir.

Nous avons entendu des hommes politiques bien proches du chef de l’Etat dire qu’il faut le laisser développer sa vision de 2006 à 2025. Etes-vous pour cette réflexion de certains cadres béninois ?
Je n’ai pas entendu quelqu’un demander cela. Je sais qu’il y a, dans ce pays, et ça c’est avant l’arrivée de Boni Yayi, une orientation stratégique de développement, Bénin Alafia 2025. C’est dans cette orientation que s’inscrivent les différents programmes à développer par le chef de l’Etat pour permettre effectivement le développement continu jusqu’en 2025. Et c’est évident que lorsque cela s’inscrit ainsi, nous au niveau des Fcbe, nous pensons que cela continue, pas nécessairement avec la même personne mais que les forces politiques s’organisent pour que, de leur sein, sorte la personne qui va diriger pour permettre de pérenniser les acquis des mandats du chef de l’Etat actuel qui puisse permettre de poursuivre le développement continue dans le sens de cette orientation stratégique.

UBF, vous en savez quelque chose. Est-ce qu’on peut dire que c’est la même ligne avec FCBE ?
Qu’appelez vous ligne ? L’Union pour le Bénin du futur n’existe plus. Et si c’est votre souhait pour les Fcbe, dites-le. Nous travaillons pour vous démentir. Nous travaillons également pour que les Fcbe se consolident pour pérenniser les acquis de la gestion du chef de l’Etat à la tête de notre pays pour que tout ne soit pas mis en morceaux par des gens qui trouvent qu’aujourd’hui rien ne se fait, rien de tout ce qui se fait n’est bon. Si ceux-là prennent la gestion du pays, moi je me pose des questions. Si tout ce que fait le chef de l’Etat est mauvais, que feront-ils, eux autres ?

Tout ce que fait le chef de l’Etat est bon pour les Fcbe, rien de mauvais ?
On n’a pas dit çà. C’est une œuvre humaine. Dire aujourd’hui que tout ce que fait le chef de l’Etat est mauvais, vous pensez que c’est raisonnable ? Si on dit qu’il faut poursuivre le développement de façon continue, c’est parce que ce n’est pas fini. Il y a beaucoup d’autres choses à faire. Il y a à poursuivre cela. Mais, dire que tout est mauvais et que nous allons œuvrer pour que ceux-là prennent le pouvoir, c’est impossible. Ce sont des gens qui ont eu à gérer le pays depuis les temps immémoriaux jusqu’ici.

Des gens que vous aviez combattu, peut-être que vous étiez rouge ? Je parle du temps où vous étiez PCB.
J’ai été PCB et je suis fier de l’avoir été en ce moment-là. J’ai combattu l’injustice, j’ai combattu pour la démocratie qui est arrivée en février 1990 avec beaucoup de camarades. On a lutté pour ça. C’est évident. Je ne renie pas ça. C’est même fondamental pour moi.

Et ce combat est-il terminé pour vous ?
Le combat contre l’injustice, pour la construction du pays se poursuit de plus bel chez moi. Et c’est pour cela que je me suis engagé maintenant à soutenir quelqu’un qui a ce combat comme vision, quelqu’un qui fait ce genre de travail au niveau du pays. Tout le monde peut ne pas être d’accord. Mais, toujours est-il qu’il y a un travail réel qui se fait. A partir de ce moment- là, moi je soutiens et je vais soutenir et travailler à ce que cette façon de construire le pays se poursuive et se pérennise.

Il y a dans l’opinion publique que certains compatriotes pensent que ce travail prend des allures de régionalisme, des allures d’ethnocentrisme. Est-ce que c’est ce qui se passe réellement ? Si c’était le cas, est-ce que vous en discutez ?
Le débat sur le régionalisme revient et on en parle. J’ai lu Noel Alagbada dans un journal qui a cité deux aspects du régionalisme : l’aspect des concours avec les questions de quota et l’aspect des nominations des cadres à des postes où on pense qu’il faut un quota par région. Et ça entre dans nos habitudes. Au niveau de notre pays, il y a eu ce comportement de la classe politique qui n’a peut-être pas totalement disparu. Il y a peut-être eu des bases objectives à cela. Les mêmes bases qui font que nous sommes plus attachés à des gens de notre fratrie, de notre clan, de notre parler, de notre ethnie, la même base, peut être, fait que nous soignons attachés à des gens de notre région. Il y en a qui, lorsqu’ils ont été à des postes de responsabilités, lorsqu’ils ont eu des ministères les ont remplis des gens de leurs régions. A l’époque, on n’en avait pas parlé. Il y a d’autres qui ont été grands responsables à qui on a demandé de proposer des ministres qui ont tout proposé dans leurs régions. Personne n’en avait parlé. Mais, c’est un problème que chaque responsable doit constamment regarder pour voir s’il n’est pas en train de briser effectivement.

Je ne pense pas qu’à ce stade-là, qu’on veuille jeter la pierre à des gens par rapport à cela. La deuxième chose que je tiens à dire sur ce problème, c’est qu’il y a eu des mesures qui ont été prises pour que nous soignions ensemble. Vous savez que vous êtes jeunes, c’est vrai mais vous avez dû apprendre qu’il est arrivé un moment dans notre pays qu’on était à deux doigts de la guerre civile. Alors, c’est la faute à nous les politiciens. Les peuples sont paisibles, ils sont mélangés et collaborent bien. Mais, c’est toujours à nous (les politiciens) de dire qu’il ne faut pas accepter que les gens de telle ou telle région vous dirigent. Et puis, cela fait le branle-bas. Cela a eu pour ferment à l’époque des inégalités de développement entre le sud et le nord. Le colon a pénétré par le sud, où il y a eu un peu plus d’infrastructures qui ont été réalisées, et puis progressivement vers le nord, on sentait que ces réalisations étaient plutôt faibles. C’est cela qui a servi de base à ce genre de chose. Cela a fait que, tout ceci mélangé, on était parfois à deux doigts de l’éclatement. Les responsables d’alors ont pris sur eux de prendre des mesures pour qu’on se sente ensemble, d’où les questions de quota qui sont apparues depuis longtemps. Cela permettait de ne pas prendre rien que des gens de la même région pour composer les ministères. Ce n’est peut-être pas la bonne solution, mais c’est la stratégie qui a été trouvée pour mettre les gens ensemble. La question qui se pose aujourd’hui, est de conduire la réflexion pour dire que cette solution qui avait été trouvée en ce moment continue-t-elle d’être solution à ce problème ? Dans l’état actuel des choses, est-ce qu’il a d’autres solutions qu’on peut trouver à ce problème pour libérer davantage les énergies? Je crois que c’est le débat qui doit se mener au lieu de dire que c’est la gestion de tel ou c’est telle personne qui est comme ça, ou c’est telle personne qui fait ça afin de créer un dédain ou un mépris pour celui qui est au pouvoir. Je crois que cela ne fait pas avancer notre pays.

Ce qui fait triturer les méninges de certains Béninois, c’est ce qu’ils vivent au niveau d’une lutte. La lutte contre la vente de l’essence de contrebande. Vous avez certainement entendu leur grogne quant à l’absence de la lutte dans certaines régions au détriment d’autres. Pensez-vous que cette lutte ne prend pas une couleur régionaliste ?
Non. Quand la lutte a été déclenchée, nous nous sommes rapprochés d’un certain nombre de personnes pour qu’ils nous expliquent comment la lutte se mène. L’explication qu’on a donnée, surtout par rapport à ce pan de la question, est celle-ci. La lutte contre l’essence de contrebande a démarré depuis pas mal de temps. Mais, elle n’a pas été efficace. On ne peut pas mener une lutte sur tous les fronts à la fois. C’est impossible, parce que le front est large quand on va vouloir aller en même temps dans toutes les régions. Et donc, c’est pour un besoin de concentration des forces pour mener de façon efficace la lutte que des choix de régions ont été faits. Alors, ils ont commencé par les régions où l’activité est intense. Et quand on a commencé par la région où c’est plus intense et qu’on a mené la lutte jusqu’à un certain niveau, on va vers les autres régions et on la parachève en ce moment-là. Alors, il est clair que cette lutte ne peut pas se mener dans toutes les régions avec les forces qu’on a, à la fois. On est bien obligé de commencer quelque part. Et ce quelque part, ce sont les endroits où c’est plus intense et les autres, percevant comment le combat se déroule, puissent commencer par se dire que ça vient. La preuve, dès que cette lutte a été entamée avec la vivacité que nous avons vu, les gens d’une région où la lutte n’est pas encore intense se sont retrouvés et on dit, vous avez promis faire des choses pour des gens, nous aussi nous attendons cela pour abandonner ; parce qu’ils sentent, bien entendu que le combat va venir à eux. Je pense que cette stratégie porte quelques fruits parce que c’est difficile, à mon avis, de dire qu’on va couvrir l’ensemble du pays immédiatement.

Pensez-vous que la lutte est bien menée ?
Je ne dis pas qu’il n’y a rien à redire sur cette lutte. Nous avons discuté de cela aussi et ce que nous avons compris est qu’il y a souvent trop de bavures. L’idée première, c’est d’étouffer les sources d’approvisionnement. Mais, pendant que ce combat se mène, ces sources-là se multiplient. Et donc, j’aimerais demander aux acteurs de cette lutte de bien vouloir faire extrêmement attention pour ne pas massacrer des gens, tuer des vies humaines.

Est-ce qu’on a pensé aux problèmes sociaux que cette lutte va engendrer ?
Le chef de l’Etat a réuni les vendeurs de l’essence de contrebande et il a discuté avec eux. Alors, il sait très bien qu’il faut des mesures d’accompagnement. Mais, ce que les gens ne comprennent pas, pendant que le kpayo bat son plein, aucune mesure d’accompagnement, au départ, ne peut marcher. On a parlé des mini stations. Mais le kpayo l’a tué. Si vous faites la mini station, vous vendrez au prix de la pompe, or le kpayo à côté vend à des prix nettement moins. Avec cela, vous fermez et c’est ce qui est arrivé aux premières initiatives des mini stations. Mais, quand on dit qu’on va reconvertir, c’est plus facile que tout autre chose. Et c’est maintenant que la lutte est engagée que les mesures d’accompagnement pourront marcher, c’est-à-dire, qu’on ne peut pas avoir les mesures d’accompagnement avant de commencer la lutte. Donc, les gens qui disent qu’il n’y a pas de station aux endroits, je veux leur dire que c’est vrai qu’il faut y songer très vite mais que cela ne peut pas se faire avant la lutte. Cela ne servirait à rien.

Quelle est la santé de votre regroupement politique aujourd’hui ?
L’alliance Fcbe est une alliance de 82 partis politiques. Chaque parti politique s’étant constitué, a ses objectifs. L’objectif principal est de conquérir le pouvoir et de le gérer. Ce qui nous met ensemble est que beaucoup d’entre ces partis ne peuvent pas conquérir le pouvoir et le gérer tout seul. Mais, ayant cet objectif déjà, cela crée une friction en notre sein. On a vu un certain nombre d’actions se mener. Mais, toujours est-il que nous avons confiance. Les Fcbe sont debout et les militants Fcbe savent toujours se regrouper autours de l’essentiel. Si cela n’avait pas été le cas, on n’aurait pas eu le gain de 2011 pour les élections parce que le problème se posait en notre sein. Cela veut dire que quand un problème surgit, nous savons nous retrouver. Les militants savent aujourd’hui qu’on est à un moment décisif. Ils savent aussi que nous sommes à un tournant où il faut que nous nous serrions nécessairement les coudes pour sauvegarder les acquis de la gestion du chef de l’Etat. Et pour sauvegarder les acquis, il faut pouvoir les pérenniser. Cela est extrêmement important dans la vie de l’alliance Fcbe.

Les derniers venus dans l’alliance Fcbe ne sont pas les bienvenus. On a entendu certains membres tirer sur la Renaissance du Bénin (Rb) par rapport à la municipalité de Cotonou.
J’ai dit tout à l’heure que quand plusieurs partis se trouvent ensemble, il y a toujours des frictions. Par conséquent, on est ensemble avec la renaissance du Bénin. On doit s’attendre à ce qu’il y ait des frictions. Ce n’est pas çà le problème. Le problème, ce serait de ne pas trouver un juste milieu, de ne pas trouver un moyen de continuer de nous mettre ensemble. Or, ce moyen existe. On discute entre nous, on se fait les remarques et on continuera à soutenir le chef de l’Etat pour que les acquis de son mandat soient pérennisés.

Une situation qui fait courir le chef de l’Etat est la culture du coton. Comment appréciez-vous son combat qui jusque-là semble ne pas prospérer ?
Le combat a prospéré. Les résultats de l’année dernière n’étaient pas attendus. On a prophétisé l’année blanche. Mais, malheureusement, on ne l’a pas eu.

Mais, on a eu des résultats catastrophiques.
L’année dernière était catastrophique ?

On a entendu des Burkinabè dire que le Bénin ne fait que cultiver le coton à la télé mais sur le terrain rien ?
Les Burkinabè sont au Burkina. Soyons sérieux. Ce n’est pas vrai. J’ai lu des journaux et j’ai constaté que les gens semblent se délecter des difficultés du coton. C’est comme si on a un certain plaisir à dire qu’on n’a pas réussi. Quand est-ce que nous trouverons au Bénin un point autour duquel nous allons nous réunir tous? Quand est-ce que, pour nous, le Bénin prendra le dessus ? Parce que si le coton échoue, si le gouvernement échoue, si l’économie échoue, c’est le Bénin d’abord non ? Quand est-ce que les Béninois cesseront de voir que telle ou telle chose est pour un camp pour se mettre réellement ensemble pour gagner ? Mais, c’est ce que tente de faire le chef de l’Etat. Il essaye de rallier le monde autours des actions et vous voyez comment on le critique sur cette action qu’il mène ? On dit pourquoi il va rassembler les gens, pourquoi il court si tant. Cela veut dire qu’il ne veut pas partir. Savez-vous comment les pays de l’Asie du Sud est sont devenus les premiers pays émergeants ? C’est parce que les populations de ces pays-là se sont données au travail corps et âme.

Ce qui n’est pas le cas chez nous. On trouve toujours qu’il y a le gouvernement et on souhaite même qu’il échoue dans sa mission. On prédit son échec, on est content parce qu’il va échouer. Et la question que je me pose est de savoir si le chef de l’Etat échoue, est-ce lui ou le Bénin qui a échoué ? Vraiment, je n’arrive pas à comprendre que des gens se réjouissent alors que le pays est en difficulté. J’ai lu des articles sur le coton, mon Dieu, c’est comme si l’on a du plaisir à dire que c’est difficile, c’est impossible à réaliser. Pourquoi on ne dit pas, nous allons tous nous y mettre pour que cette filière réussisse, nous allons organiser le combat, il faut que cela marche parce que c’est le Bénin après? Quand est-ce que nous aurons ce sentiment ? Honnêtement, j’ai remarqué que ce sentiment n’est pas présent dans nos têtes, et nous ne pensons qu’à l’individualisme, qu’à nos partisans.

Parlant de la question de la lutte contre la corruption, quand je soutiens celui là et qu’il tombe sous le coup d’une pratique qu’il a eu à faire, on trouve que c’est un règlement de compte, c’est ceci et c’est cela et on marche dans tous les sens. Je me rappelle quand un maire a été arrêté pour des actes qu’il a eu à poser et que la justice devrait élucider, c’est à un déferlement que nous avons assisté. Dans le même temps, on a arrêté d’autres maires dans ce pays et personne n’a bougé. Alors, je me demande quand est-ce que nous allons finir avec cette manière de faire ? Quand est-ce qu’on fera face à nos maux en disant qu’ils sont nos maux à nous tous ? Puisque quand ce ne sera pas comme cela, nous n’irons nulle part et personne ne nous fera confiance.

Vous semblez prédire la malédiction pour le Bénin ?
Non, pas du tout. Je ne fais que soulever des situations qui font que notre pays est en arrière par rapport à d’autres et que dès qu’on ne va pas cesser avec nos pensées de si ce n’est pas moi ou mon parent ou un ami, ce ne sera personne, le pays va continuer à régresser. Le Bénin ne refuse pas de changer. Il changera si nous nous mettons tous ensemble. Et si nous pouvons comprendre qu’il nous faut, chacun de nous, dans son compartiment, faire ce que nous devons faire pour que le Bénin change.

Et éviter la contradiction ?
C’est la contradiction qui fait avancer. Quand on discute et qu’il y a une voix qui se dégage majoritairement, il faut accompagner. Par exemple, on veut faire la Lépi, vous marchez, vous placardez les actions et les gens ne s’inscrivent pas. Quelques jours après, vous trouvez que cette Lépi là est inexistante et vous recommencez à tempêter. A qui la faute si la Lépi ne prend pas en compte tout le monde ? Comment va-t-on s’en sortir si c’est de cette manière que les gens pensent faire la contradiction ? Le Bénin est un pays que nous pouvons construire nous

même, parce que nous sommes intelligents.

Par rapport à ce que vivent les Béninois, aujourd’hui, on ne s’en sort pas. Il y a un classement de la Banque mondiale qui nous met 8ème pays pauvre dans le monde, et 3ème pays pauvre en Afrique. Ce n’est pas du tout reluisant pour les Béninois que nous sommes.
C’est non. Ca ne fait pas plaisir au gouvernement, ni à la population béninoise. Mais, on en sort comment ? Il y a deux choses. Est-ce qu’on a suffisamment investi par le passé dans la recherche minière pour savoir où se trouve nos ressources du sous sol. Maintenant, étant donné que nous n’avons pas assez de ressources minières, qu’est-ce qui peut faire grandir le Bénin si ce n’est pas que ces fils se mettent ensemble pour travailler la main dans la main.

Que diriez-vous en conclusion ?

Je sais que, quoi qu’on dise, le Béninois est aime la liberté et il a lutté pour l’avoir. Le 1er Août n’est pas venu tout seul. C’est à l’issue d’un combat et progressivement, depuis les indépendances, le combat s’est poursuivi pour la liberté de la démocratie. Je crois qu’il faut que ce combat se poursuive mais que chacun associe le combat pour le développement et la construction du pays. Il faut qu’on prenne date à partir du 1er Août 2013 et que chaque béninois se dise : « je vais travailler à ce que le Bénin sorte de l’ornière ».

Propos recueillis par CAPP – FM

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