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Obsèques du roi «Alokpon»: les temps forts d’une inhumation faite de mystères
Publié le lundi 2 septembre 2013   |  L`événement Précis




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Le roi Alokpon a été inhumé le samedi 31 août dernier à Ouèssè, dans la commune de Savalou. Que de mystères. Retour sur les temps forts des obsèques du roi du «tchingounmè ».
Le vendredi 30 août 2013 aux environs de 8 heures. A la morgue Proci d’Akpakpa à Cotonou. Le cercle restreint de la famille de Houndéffo s’attroupe. C’était pour retirer la dépouille mortelle du roi du «tchingounmè », Anatole Hountchédé Houndéffo, alias Alokpon. Et le mystère commence. Premier acte : interdiction formelle aux reporters d’images de filmer le visage du disparu. Pourquoi ? Le jeune frère du disparu, Claude Houndéffo qui a opposé une fin de non recevoir à cette demande des professionnels des médias ne donnera aucune explication. Sous l’insistance de la famille donc, journalistes, cadreurs et photojournalistes se résignent. Le départ est donc pris pour le Stade de l’Amitié de Kouhounou – lieu retenu par les autorités gouvernementales pour les ultimes hommages de la nation au disparu. Et le second acte du mystère se dévoile. En effet, le cercueil dans lequel se trouve la dépouille mortelle ne sera pas ouvert comme à l’accoutumée pour les oraisons funèbres. Pourquoi ? On n’aura pas non plus d’explications. Autorités gouvernementales, notamment le ministre de la culture, Jean-Michel Abimbola accompagné pour la circonstance par les membres de son cabinet, les membres du comité d’organisation desdites obsèques présidé par le Directeur de la promotion artistique et culturelle, Patrick Idohou ainsi que les artistes fortement mobilisés seront simplement contraints de se recueillir devant un cercueil hermétiquement fermé. Après environ une heure 30 minutes de discours faits d’éloges et quelques animations à l’honneur du disparu, cap est mis sur Savalou, la commune d’origine du roi décédé. Destination, l’esplanade de la municipalité. Là, une foule immense de curieux, jeunes, vieux et fans de l’artiste s’attroupe pour accueillir la dépouille. 3ème acte du mystère : on s’attendait qu’enfin, le cercueil soit ouvert pour que les oraisons funèbres soient faites. Mais, ce sera en vain. Des discours des autorités communales ont également été lus pour honorer la mémoire de l’homme. Quelques minutes plus tard, le cortège se remet en branle pour Ouèssè, le village natal de l’artiste. Tout le long de la voie conduisant au domicile du défunt, la longue file indienne formée par les populations ne s’interrompt pas. Une fois dans le domicile, l’attroupement populaire ne faiblit pas non plus. Mais beaucoup seront bloqués au portail. 4ème acte du mystère : dans le domicile du défunt, bien que le lit mortuaire soit installé dans la cour, le corps n’y sera pas exposé. Il sera directement conduit dans une chambre dans laquelle l’accès à toute personne étrangère a été strictement interdit.

Le jour de l’inhumation, le mystère continue

Avec autant de mystère, personne n’imaginait le roi Alokpon aussi chrétien. Erreur. Selon les témoignages recueillis dans l’entourage familial, l’artiste aurait servi comme « Enfant de cœur » dans l’église catholique. Et la preuve en a été donnée. On croyait assister à une absoute. Mais, c’est une messe corps présent qui a été plutôt célébrée. De l’homélie du prêtre célébrant en passant par ses prières, le cercueil restera hermétiquement fermé. Après la messe, le corps devrait être reconduit au domicile du défunt pour être immédiatement inhumé. Mais, là encore, le feuilleton mystérieux n’a pas pris fin. Devant la chambre privée de l’artiste décédé, une dizaine de vieillards sont rassemblés. Une nouvelle interdiction est annoncée. Claude Houndéffo, le frère du disparu qui supervisait les obsèques défend catégoriquement aux journalistes et photojournalistes de braquer leurs caméras ou appareils photos pour prendre les images de ce que fait le groupe de vieillards réunis. « Nous vous prions de ranger vos caméras et appareils photo. Aucune image de ces rituels que nous faisons ne doit sortir », a-t-il fait observer aux journalistes qui ont aussitôt obtempéré. Nous n’aurons donc que nos yeux pour observer le mouton égorgé par le groupe de vieillards et dont le sang est recueilli dans un trou creusé pour la circonstance et dans un concert d’incantations que seuls les initiés peuvent comprendre. Et ce n’est pas fini. L’accès à la tombe du disparu est aussi interdit. La porte est d’ailleurs restée également hermétiquement fermée. Seuls quelques initiés et des enfants du défunt y ont eu accès. Pourquoi cet acharnement à cacher tout de la dépouille mortelle ? On n’aura pas de réponse dans l’entourage immédiat de la famille. Mais dans les quartiers voisins, on tente de donner des explications. « Le vieux était vraiment redoutable. Personne n’imaginait qu’il pourrait aussi mourir facilement. C’est pourquoi la famille ne voulait pas du tout l’exposer au grand public. Pour eux, ce serait un affront que des gens viennent constater qu’un homme aussi redoutable soit immobilisé dans un cercueil et exposé à tout passant », a expliqué un cadre rencontré à Low, un quartier situé à quelques encablures du domicile du défunt qui a requis l’anonymat. Selon ses explications, les ressortissants de ce quartier auraient même été interdits de venir suivre les funérailles du roi Alokpon. Pour quelle raison ? Notre informateur explique : « Les gens de notre quartier ont eu un litige domanial avec le roi Alokpon lorsqu’il était vivant. Les rivalités étaient très fortes. Mais, nous avions eu raison sur lui. Cela n’a pas été facile. C’est justement dans cette foulée que brusquement, nous avons appris sa mort. C’est ainsi que certains ont pensé que ce sont les gens de notre quartier qui l’ont tué. C’est pourquoi ils leurs ont interdit de venir sur les lieux des obsèques sous peine d’être lynchés », a révélé notre informateur. Des propos qui édifient sans nul doute sur le grand mystère qui a entouré les obsèques du roi du «tchingounmè».


Donatien GBAGUIDI

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