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En vérité : Le militantisme de la honte !
Publié le mercredi 30 septembre 2015  |  Fraternité




La gangrène a fini d’immobiliser le malade ! Il ne reste presque plus rien du militantisme au Bénin. Vingt cinq ans de démocratie, mais autant d’années de recul et d’affaiblissement d’un militantisme à double vitesse où la plupart de ceux qui s’y réclament ont plutôt gagné des galons de saisonniers et d’intéressés. Ils n’ont que faire de l’idéalisme. Seul l’intérêt guide leur soutien actif à un candidat, à une cause, à une idéologie ou à un parti politique. D’ailleurs au Bénin, depuis quelques mois, c’est le retour en force du militantisme business. A cinq mois de la prochaine élection présidentielle, le marché s’anime. Dans plusieurs quartiers et villages de notre pays, il ne se passe plus de jour où femmes et jeunes ne s’organisent pour monnayer leur soutien à des candidats. Le business est si florissant pour certains groupes qu’ils en viennent même à se multiplier.
Triste tableau que celui du militantisme au pays modèle de la démocratie en Afrique ! Mais, à quoi pouvait-on s’attendre d’autre quand l’irresponsabilité et l’infidélité politique convolent en justes noces ? A tout, sauf à cette conviction politique et à ce soutien exaltant qui se laissent apprécier sous d’autres cieux. Chez nous, c’est plutôt l’enfantement du monstre ‘‘militantisme’’, ressemblant étrangement à l’effritement des valeurs, et qui ne choisit que la saison des joutes électorales pour mordre à pleines dents. Bien évidemment, pour la présidentielle de 2016, le monstre et ses adeptes ont déjà repris du service. Avec les éternelles comédies de louanges et de profession de foi, les différents candidats se feront appâter et autant qu’ils sont, bien qu’étant avertis, ils n’échapperont pas au redoutable piège des adeptes du militantisme business qui se refermera sur leurs pieds.
Au quartier latin de l’Afrique, le militantisme s’écroule. Il faut lui éviter de descendre plus bas. La thérapie pour arrêter l’évolution de la gangrène est bien connue : la formation au sein des partis politiques et le réarmement moral. Mais le mal est si profond qu’au risque qu’il envoie définitivement le militantisme par ici dans les profondeurs de l’infamie, il ne faut plus attendre avant de s’attaquer aux maux qui ont été diagnostiqués, notamment l’infidélité partisane et la déification de l’intérêt. D’ailleurs, comme la peste, le cercle familial en est déjà infecté. Mais, perdre l’espoir de voir la jeunesse militante se remettre en cause, se prendre au sérieux et lutter pour son avenir, pour un idéal et non pour des prébendes, serait synonyme de tout perdre. Personne ne souhaite que les éveilleurs de conscience et la jeunesse avant-gardiste en arrivent à déposer les armes devant le défi d’un militantisme idéaliste. Et, il serait inutile d’attendre l’après 2016 pour déclencher cette guerre de longue haleine pour la survie de la démocratie et le développement inclusif de la patrie commune. Car, le militantisme est la sève du combat politique et tant qu’il reste pollué et peu vivifiant, il ne faut rien attendre des mielleux discours et des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient.
Angelo DOSSOUMOU
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