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Yayi, Talon, deux coupables !
Publié le mardi 10 septembre 2013   |  notrebenin.com


Dépôt
© aCotonou.com par DR
Dépôt de gerbe du Chef de l’Etat sur les lieux du drame de Porto-Novo
Mardi 02 Juillet 2013, Porto-Novo : Le Président Boni Yayi dépose une gerbe de fleurs en mémoire des victimes de l`accident du Dimanche 30 Juin à l`entrée du pont. Photo : Son Excellence M. Boni Yayi, Président de la République du Bénin.


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Pour mettre à genou tout un pays, Yayi et Talon ouvrent les chantiers du pire. On découvre les vrais artisans du malaise qui empoisonne la République. La crise politique et le tumulte social sont au zénith. Toute confite de sinistrose, la nation glane sa pitance dans cette spirale infernale déclenchée par le chef de l’Etat et son ex alter ego, un opérateur économique. Ce bras de fer mortel conclut, au cœur des étincelles, une évidence : un pays pris en otage. Au banc des accusés, Boni Yayi et Patrice Talon. Le duo s’est mué en duel mais traîne un passé chargé de complicités malsaines.

Notre malheur vient du duel fratricide entre le bailleur du K.O et le bénéficiaire du K.O. Talon en exil en France ajuste ses pions alors que son ami Yayi s’en remet à une hypothétique extradition pour le jeter dans une des geôles de la refondation. Et sur le terrain, les deux ennemis intimes jouent leurs multiples cartes. Face à l’obsession du pouvoir de Yayi s’érige celle de l’argent qui torture l’homme d’affaire. Le pouvoir et l’argent au cœur de la guerre Yayi-Talon. Le premier semble avoir une dette envers le second. Et ce dernier parait impitoyable face au recouvrement de sa créance. Grosse agitation autour de la facture de la complicité. Sur ce bras de fer mortel, se répandent les effets du K.O sous le parfum des clauses du pacte du diable. On voit désormais Zorro aux trousses du fugitif.

La crise Yayi-Talon a généré la pure merde qu’aucun antagonisme n’a jusqu’ici produit. D’abord, les affaires de tentatives d’empoisonnement et de coup d’Etat agitées par la victime autoproclamée. Les fantasmes se développent malgré la saga des non lieux à la justice. Il reste que la querelle Yayi-Talon aura précipité le pays dans les rigoles de l’impasse. Fiction ou réalité, l’empoisonnement et le coup d’Etat inscrits au registre de tentatives font déambuler au firmament ces nuages d’incertitudes qui forgent la psychose et le désespoir.

Suspendue à une hypothétique fin de la crise Yayi-Talon, la nation vit les terribles conséquences de cette rupture qui se joue au charbon. La bataille du coton s’est révélée désastreuse. Le braquage d’intrants a mis à nu la pathologie actuelle. La politique subit toujours les effets de la tempête avec pro-Yayi et pro-Talon en chiens de faïence. La bipolarisation politicienne a refait surface, aidée puis consolidée par le fossé séparant les deux ex-amis à qui on doit les semences du mal. La déchirure sociale est perceptible. Bref, le Bénin s’écroule sous le poids de ce qui au départ était perçu comme une brouille anodine.

Le tournant de cette guerre des chefs, l’épisode du Programme de vérification des importations (Pvi). Sur le dossier, la reculade du Président produit ses flammes et laisse les nerfs de Talon en pelote. Le magnat du coton obnubilé par la mainmise sur le port fut contraint de vivre des désillusions inattendues. La perte de ce gisement financier déclencha précocement des inimitiés pour l’ami élu par K.O. un scénario classique d’après le contre-modèle en vogue dans ce monde où les « vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer » selon la belle formule de La Rochefoucauld. Le bras de fer Yayi-Talon, une guerre des intérêts qui commence par trop durer.

Cet ultime mandat de Yayi devient irrespirable. Plombé alors par cette lutte d’anciens copains du K.O aujourd’hui obligés de se battre pour exister. La gouvernance en a pris un coup. Sous la hantise du fantôme de l’ennemi en exil, Yayi apporte des réponses mal muries à ses cauchemars et nage dans ses incohérences. L’obsession Talon n’est pas étrangère à l’étonnante dissolution du gouvernement et à un remaniement à forte odeur de revanche qui a vu s’abattre sur les supposés « talonnistes » la foudre du roi. Le héros du K.O s’est interdit la prise d’initiatives innocentes. Sous le projet de la révision de la Constitution, reviennent sans cesse les intentions mal dissimulées projetées vers la cible, objet de l’obsession. Dans son refuge hexagonal, le fuyard remue ses méninges pour assumer le bras de fer et sortir du fond de l’eau. L’esprit mercantile a son revers. Talon fait les frais de son soutien tendancieux au candidat de la refondation. Ni coton ni port. Mais l’exil comme récompense du K.O et sanction de la gourmandise.


Et finalement, jusqu’où iront Yayi et Talon ? Jusqu’où chacun cherchera à défendre ses intérêts ? La fin de mandat s’annonce très agitée avec l’offensive permanente du Président sortant et forclos. Après avoir scellé le sort d’une présidentielle sur fond de combines et de gros sous, Yayi et Talon prennent l’épée pour un corps-à-corps dévastateur. C’est émouvant !


L’Histoire tend les menottes au fugitif et au bourreau de la République. La sentence s’annonce implacable. Elle sera proportionnelle au degré de complicité et à la faute du K.O.


Sulpice Oscar Gbaguidi

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