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Témoignages sur les évènement du 11 Décembre 1989: L’ambassadeur Euloge Hinvi rétablit la vérité
Publié le mercredi 28 octobre 2015  |  levenementprecis




L’ambassadeur Euloge Hinvi et ancien protocole du Général Mathieu Kérékou de 1986 à 1991 revient sur les événements ayant marqué l’après-midi du 11 décembre 1989. En effet, ce jour-là, le Général Mathieu Kérékou avait été victime de jets de pierres à hauteur du marché Dantokpa.

Les clarifications de l’ambassadeur Euloge Hinvi, ancien chef du Protocole du Général Mathieu Kerekou (1986-1991) au sujet de la sortie de l’ex chef d’Etat dans l’après-midi du 11 décembre 1989.

Il nous a été donné de noter les relations souvent fantaisistes et non avérées qui sont faites des évènements tels qu’ils se sont déroulés, lors de la sortie impromptue de l’ex chef d’Etat le 11 décembre 1989. Pour nous ses collaborateurs de l’époque, cette sortie était banale parce que habitués que nous étions de ces faits et gestes de notre patron. Nous ne pouvions pas présager des retombées qu’elle engendrait. Il a été rapporté par certaines presses ou personnalités que le Général Mathieu Kerekou, pour échapper aux jets de pierres, se serait réfugié dans l’enceinte de l’Eglise catholique St Michel de Cotonou. En ma qualité de chef du Protocole du chef de l’Etat, à l’époque des faits, donc témoin oculaire, je me dois de rétablir la vérité en faisant une relation fidèle de ces évènements.
Cet après-midi, à l’arrivée du chef de l’Etat aux environs de 15 heures 30 minutes, nous avons été alerté par l’aide de camp, le capitaine Sorogui W. Boro que le patron s’apprêtait à sortir. L’escorte a été immédiatement mise en place et elle s’est ébranlée, dès la sortie et l’installation en voiture du chef de l’Etat, vers la destination indiquée aux motards. C’est ainsi que quelques minutes plus tard, nous nous sommes arrêtés à la Place Lénine à Akpakpa où les manifestants, la veille, avaient fait tomber la statue de Lénine. Après avoir observé la scène quelques minutes, le Général est descendu de la Place et, à notre grande surprise, il s’est mis à marcher à pied vers le pont Martin Luther King. Sa suite et l’escorte ont immédiatement suivi, notamment, moi, le chef du Protocole, précédant le chef de l’Etat.
Après la descente du pont et arrivé au niveau du parking des taxis, une foule de curieux s’est immédiatement formée des deux côtés de la voie, informée du passage du chef de l’Etat. C’est en moment où, à la surprise générale, il y a eu jets de quelques pierres de certains provocateurs cachés au sein de la foule. La garde présidentielle a promptement réagi en entourant le Général et certains agents ont enlevé leurs ceinturons pour écarter la foule. Il s’en est suivi une panique générale que le chef de l’Etat a, lui-même, arrêté rapidement en demandant au Général Pancrace Brathier, ministre de l’Intérieur et aux agents de sa garde rapprochée de ne pas réagir. Cet incident n’a duré qu’à peine une minute et le Général a poursuivi sa marche jusqu’au niveau de l’Eglise sans aucun autre incident. Aucun membre de la suite du chef de l’Etat n’a été touché.
Devant l’Eglise St Michel, le chef de l’Etat a marqué un arrêt et s’est dirigé vers la porte de l’entrée qui n’était pas fermée. A l’intérieur, il s’est dirigé vers la Statue de la Sainte Vierge Marie qu’il a observée un moment avant de retourner sur ses pas. Il est ensuite monté dans sa voiture et l’escorte est retournée à la présidence de la République. De retour au Palais, le journaliste de l’ORTB dont l’équipe avait rejoint entre temps le chef de l’Etat, lui a posé la question sur la raison de sa sortie. Pour toute réponse, il a rétorqué :« Je suis allé à la rencontre de mon peuple ».
Plus tard, nous avons appris que face à la recrudescence des marches de protestations des syndicats et autres mouvements contre le Gouvernement et le Parti de la Révolution Populaire du Bénin (PRPB), le Général avait espéré en vain une contre-manifestation des organisations de masse du Parti, à savoir, l’Organisation de la Jeunesse révolutionnaire du Bénin (OJRB), l’Organisation des Femmes révolutionnaires du Bénin (OFRB), le Comité de Défense de la révolution (CDR) … etc.
Par ailleurs, certains vont se souvenir qu’à l’époque, une rumeur persistante avait circulé faisant état de ce que la Vierge Marie qui se trouvait à l’Eglise St Michel de Cotonou avait pleuré des larmes. Cette rumeur étant parvenue au chef de l’Etat, il a tout simplement poussé sa curiosité, en se trouvant devant l’Eglise, à aller vérifier de lui-même la réalité de cette information. Le Curé de cette paroisse n’étant pas prévenu de cette visite impromptue, n’était pas présent sur les lieux pour donner une quelconque explication au Général sur ce supposé évènement.
Nous avons tenu à faire cette relation des faits pour saluer la mémoire de notre illustre et ancien patron à côté duquel nous avons traversé ces moments difficiles qui ont précédé la Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990. De nombreux autres évènements méritent d’être restitués fidèlement pour édifier la postérité au sujet de la connaissance de ce grand homme qui a cultivé l’humilité et la réserve comme mode de vie.

Ambassadeur Euloge HINVI
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