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Violences basées sur le genre : Profil des victimes
Publié le vendredi 4 decembre 2015  |  Matin libre
Les
© Autre presse par DR
Les violences faites aux femmes




La violence faite aux femmes et aux filles est tout acte dirigé contre le sexe féminin et qui porte atteinte à son corps, à sa dignité et à son épanouissement. Au Bénin selon une étude réalisée en 2009, 69% des femmes interrogées ont subi de violence une fois dans leur vie.

Qu’elles soient femmes au foyer, en concubinage ou en partenariat sexuel, les victimes de violences ont des points communs sur bien d’aspects. Dans un rapport du ministère de la Famille publié en 2009, les femmes les plus concernées par les violences sont celles qui vivent dans des conditions critiques. Il s’agit des femmes non instruites (89%), celles qui vivent dans un régime polygamique (87%), celles qui sont issues des ménages pauvres (86%) et des filles (2-14ans) issues des ménages pauvres (83%). Les filles non scolarisées (79%) et celles qui sont déscolarisées (79%) subissent aussi les violences. Dans un message adressé aux Béninois le 24 novembre 2015, veille de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, la ministre béninoise de la Famille, des Affaires sociales, de la Solidarité nationale, des Handicapés et des Personnes de troisième âge Honorine Atikpa a affirmé qu’en 2014 les Centres de Promotion Sociale (CPS) installés sur toute l’étendue du territoire national ont enregistré 12896 cas de victimes de violences basées sur le genre dont 83% de femmes et de filles contre 18% d’hommes et de garçons.

C’est dire qu’après tout la violence est souvent faite à l’encontre de la femme. Et dans cette catégorie de femmes, les notions de pauvreté et d’éducation reviennent souvent comme facteurs déterminants. Les femmes non instruites ne comprennent pas toujours que dans le foyer elles ont les mêmes droits que l’homme. De même, elles ignorent l’existence d’une loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes. Du fait de leur faible pouvoir d’achat, les femmes issues de ménages pauvres victimes de violence se résignent pour la plupart. Elles pensent que l’homme a le privilège de faire d’elles ce qu’il veut étant donné qu’il est le chef de famille, le seul qui apporte de l’argent.

Des freins au mécanisme de dénonciation et de répression

En même temps, la pauvreté et l’absence d’éducation constituent des freins au mécanisme de dénonciation et de répression des cas de violence. Ces femmes victimes qui ignorent tout de leurs droits, subissent la pression de l’entourage ou même de leurs propres parents pour ne pas dénoncer leurs bourreaux. Et parmi celles qui dénoncent, la pression est tellement forte que certaines reviennent sur leur décision. Fernande Adékou, responsable du centre de promotion sociale de la Place Lénine à Akpakpa rencontre souvent ces genres de cas : « entre l’heure où elles viennent poser le problème et le moment de passer à l’acte, elles se rétractent. On entend souvent, c’est le père de mes enfants. Si je l’envoie en prison, qu’est-ce que les enfants vont devenir ? », a-t-elle affirmé lors de l’émission publique organisée par Wannep-Bénin sur les violences faites aux femmes et aux filles.

Dans une interview accordée au quotidien de service public, la coordonnatrice De Wildaf-Bénin Huguette Bokpè Gnacadja affirme que les victimes tiennent souvent des propos du genre « c’est une affaire de famille, laissez tomber ». Ce qui, selon elle, ne permet pas de suivre la procédure jusqu’à son terme. Mais ce n’est pas seulement que les pressions. La complexité de la procédure et le jargon qu’utilisent ceux qui sont chargés de l’enclencher constituent aussi, pour Huguette Bokpè Gnacadja, un frein à la dénonciation et à la répression. La plupart des femmes victimes y sont étrangères et cela les amène à se recroqueviller sur elles-mêmes.

Bertrand HOUANHO
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