Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Mali    Publicité
aCotonou.com NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Election présidentielle du 28 février prochain: 48 candidats enregistrés par la Céna
Publié le jeudi 14 janvier 2016  |  La Nation
Dépôt
© aCotonou.com par CODIAS
Dépôt de dossier de candidature par le Premier Ministre Lionel Zinsou à CENA -
Cotonou 12 janvier 2015. Dépôt de dossier de candidature par le Premier Ministre Lionel Zinsou à CENA






Même si certains ont dû faire des navettes pour se mettre à jour, en raison de pièces manquantes, la plupart des candidats qui ont effectué le déplacement mardi 12 janvier au siège de la Commission électorale nationale autonome (Céna) ont réussi à déposer leurs dossiers de candidatures à l’élection présidentielle du 28 février prochain. Au total 37 candidats auront accompli cette obligation au cours de cette seule journée, portant ainsi à le nombre de candidatures enregistrées.

Dernier jour pour le dépôt des dossiers de candidature pour l’élection présidentielle du 28 février prochain, la journée du mardi 12 janvier n’a pas été de tout repos. C’est le candidat Réthice Dagba qui, le premier, s’est porté au siège de l’institution pour accomplir cette formalité qu’il n’a pas eu le temps de finaliser pour défaut de pièces. Les responsables de la Céna l’ont invité à se mettre à jour. Derrière lui, Patrice Talon, annoncé comme l’un des prétendants les plus sérieux à la succession de Boni Yayi. Et comme il fallait s’y attendre, l’arrivée du magnat du coton sur les lieux n’a pas manqué de faire son effet. Accompagné par une horde d’acteurs politiques acquis à sa cause, qui d’ailleurs l’attendaient sur les lieux, l’homme a été accueilli dans une bousculade et une ovation nourrie des militants venus se convaincre du dépôt effectif de sa candidature. Sans fioriture, il reçoit les salutations des responsables de la Céna, puis, est introduit pour ses formalités. Le temps pour les agents de s’assurer que toutes les pièces exigées ont été apportées par lui. Sorti souriant quelques minutes plus tard, Patrice Talon laisse entendre qu’il est « bien ravi» et que «le processus est engagé». L’acte qu’il venait d’accomplir, déclare-t-il, «détermine un tournant majeur dans ma vie et je mesure combien je sens le besoin d’être utile à mon pays à qui j’ai tant donné».

«Cette candidature me paraît un défi noble et je prendrais ma part de responsabilité. Je voudrais dire que les élections de février prochain seront apaisées. J’en ai la certitude… Cette compétition, je vais la gagner j’aurais le bonheur de relever ce défi…», poursuit avec certitude l’homme. Juste derrière lui, un autre candidat, Atao Hinnouho, favorisé lui par la décision de la Cour constitutionnelle autorisant les candidats âgés de 40 ans en 2016 à déposer leur dossier. C’est sans doute la raison pour laquelle il se sent comme le candidat de la jeunesse. «Je suis très content d’avoir accompli mon devoir en tant que jeune. Mon souhait, c’est que tout se passe dans la transparence et la paix», indique l’homme qui, pour finir, rassure la jeunesse et lui rappelle qu’elle a son mot à dire. Saliou Youssao fait aussi partie des prétendants au palais de Marina à la suite du scrutin du 28 février prochain. Sauf qu’il n’a pas effectué personnellement le déplacement de la Céna. Il en a laissé le soin à des émissaires qui sont venus agir en ses lieu et place. Lesquels ont pris le soin d’expliquer que «cette candidature a été vivement sollicitée et suscitée par les jeunes et les sages de toutes les localités de notre pays».
«Dossier complet, dossier accepté». C’est par cette exclamation ponctuée de satisfaction que le député Nassirou Arifari Bako a fait savoir que sa candidature à l’élection présidentielle a été prise en compte par la Céna. Puis, ensuite, pour justifier les raisons de son engagement dans les starting-blocks, il déclare : «Il y a un fort sentiment de désarroi face à l’irruption de grands magnats, des milliards patentés de l’intérieur et de l’extérieur qui ont fait surface sur la scène politique béninoise et qui bouleversent toutes les règles. Les formations politiques sont dans l’inquiétude et les grandes formations, piliers de la démocratie n’arrivent pas à se décider. L’ambiance est délétère. La jeunesse est invitée à observer le mirage des milliards. Nous avons dit que face à cette inquiétude et face à cette démission presque collective de la classe politique nous devons rester debout, la tête haute et dire qu’il y a d’autres manières de faire la politique, qu’il y a des valeurs et si nous nous mettons ensemble, les errements que nous sommes en train de connaître ne sont pas une fatalité et nous avons l’opportunité de dire ce que nous voulons pour nous-mêmes en tant que citoyens. Nous voulons pêcher par nous-mêmes et non avoir des poissons…».

Journée marathon

Tout porte à croire que la plupart des candidats à l’élection présidentielle ont attendu le dernier jour pour prendre d’assaut le siège de la Céna. A en juger par le nombre de dossiers enregistrés, mardi 12 janvier. Le ballet s’est voulu incessant. Il a fallu même que la plupart des candidats fassent la queue. Le général Fernand Amoussou n’a pas échappé à cette norme. Mais c’est finalement avec beaucoup de sérénité qu’il a fait valider sa candidature, avant d’en expliquer les raisons. «Je suis venu déposer ma candidature au nom de tous mes compatriotes qui peinent à se vêtir, à se loger, à manger… au nom des jeunes de mon pays qui sont dans une grande souffrance, de mes mamans, des femmes béninoises qui travaillent dans la précarité. Je suis venu aussi déposer ma candidature en pensant aux fonctionnaires qui peinent à joindre les deux bouts». Telle est l’explication que donne l’ancien chef d’état-major général des Forces armées béninoises de sa candidature. Laquelle candidature, si elle retenait l’adhésion des Béninois et se révélait fructueuse, lui permettrait d’en finir avec la pauvreté, l’impunité, la corruption, l’absence de perspectives. «Notre pays a besoin d’ordre et d’un renouveau de civisme et de patriotisme», pense en tout cas le général Fernand Amoussou.
Karimou Chabi Sika, ancien cacique du régime en fin de mandat lorgne lui aussi le fauteuil que libérera le président Boni Yayi le 6 avril prochain. L’homme voudrait bien l’occuper en tout cas et pour ce faire, il était au siège de la Commission électorale mardi 12 janvier pour faire valider sa candidature, du moins à cette première étape. Ce scrutin, il l’entrevoit comme une belle fête et voudrait lui, s’il était élu, agir en opérant trois continuités et sept ruptures. Il faut rappeler qu’avant lui, le candidat Réthice Dagba qui est d’ailleurs un habitué de la compétition est revenu faire le complément des pièces manquantes à son dossier, régularisant ainsi sa situation.

Diverses fortunes

Daniel Edah, ainsi que l’annonçait le téléphone arabe depuis plusieurs mois est bel et bien candidat. Une candidature validée en deux temps, du fait de ce qu’il a appelé «un quiproquo». En fait certains candidats se sont vus opposer une fois à la Céna, le fait d’avoir apporté une attestation de résidence et il est demandé de le substituer par un certificat de résidence. Il en était ainsi pour ce candidat qui a fini quelques minutes plus tard par se mettre en règle. Ce qui le met en confiance et le fait rêver pour son pays. En tout cas, s’il était élu, Daniel Edah compte lutter contre la corruption par l’exemple et faire une gouvernance inclusive. «La corruption compromet la réalisation des programmes de développement, angoisse des populations. La vie est une succession de saisons. Cette saison va passer et il fera beau», certifie-t-il.
«Construire pour notre peuple un chemin de prospérité qui inclut la paix, l’unité nationale, la justice pour tout le monde… un chemin de bonheur». C’est ainsi que le candidat Natondé Aké résume ses sentiments de joie et estime être sur la bonne voie pour que chacun participe à la construction de son pays. Le Dr Kessilé Tchalla Sarré n’a pas eu la même chance que ce dernier candidat. Sa première tentative d’introduction de son dossier s’est heurtée à un refus pour défaut de pièces. C’est donc à pas pressés que cet ancien candidat à l’élection présidentielle a pris congés de la Céna, pour en revenir des heures plus tard, avec le sésame manquant. Ce qui fait de lui, un prétendant sérieux au palais de la Marina. Le candidat Coovi Agbazaou lui s’en est remis à la volonté de Dieu. Ce candidat, venu avec un taxi-moto au siège de la Céna a été dans un premier temps confondu à un visiteur. Il a donc été mal orienté avant de signaler par la suite qu’il était venu déposer son dossier. Lequel, malheureusement était très incomplet. Il lui a donc été demandé de procéder à un complément. Mais au regard du nombre important des pièces, celui-ci a dit s’en remettre à la volonté de Dieu.
L’ancien ministre et ancien candidat Zul Kifl Salami est aussi tombé dans le panneau du défaut des pièces. Il s’est vu obligé de partir précipitamment de la Céna pour en revenir des heures plus tard, à jour vis-à-vis des exigences faites aux candidats. Dossier validé donc et il n’a pas caché sa satisfaction.
Le colonel Louis Akanni est le deuxième fonctionnaire des Forces armées béninoises à la retraite à s'engager dans la course au palais de la Marina. Sa candidature, il la qualifie comme une «candidature de réactions face à l’appel de mes compatriotes pour rétablir certaines choses». Puis, il soutient qu’en «tant qu’ancien militaire, lorsque votre pays est en crise, votre devoir c’est d’agir». Il dit aussi avoir l’expérience de certaines choses, acquise au fil de sa carrière qu’il compte mettre à la disposition de son pays.
Recalé la veille alors qu’il avait confié son dossier à deux émissaires, Sébastien Germain Ajavon a fini par se rattraper. «Dieu soit loué. Nous remercions tout le peuple béninois pour tout son soutien. Dieu a voulu que nous soyons là aujourd’hui et que son nom soit glorifié», s’est exulté l’opérateur économique après avoir enfin fait accepter son dossier. Il estime en tout cas que «l’heure a sonné et que le prochain président en 2016 sera probablement». Il sera suppléé par un ancien ministre de Boni Yayi, désormais candidat à la succession de son ancien maître. Issa Badarou Soulé veut lui aussi briguer la magistrature suprême et est allé poser mardi 12 janvier, le premier acte significatif à cette fin, le dépôt de dossier à la Céna. L’homme s’est présenté en compagnie d’une poignée de militants et a accompli sans grande difficulté ses formalités. «C’est Dieu qui choisit le chef et quand il l’a fait, personne ne peut changer. L’heure de Dieu a sonné. Cette candidature est celle du peuple béninois tout entier et nous voulons faire en sorte que nous puissions sortir de cette misère». Ainsi pourrait-on résumer les déclarations faites par cet autre candidat qui propose le mieux-être.
Célestine Zanou, une autre habituée de la compétition s’est vu délivrer elle aussi son récépissé. Dossier complet et formalité vite accomplie, elle dit être venue, après un premiers pas, faire le second. Celui de la maturité, de la confiance et de l’assurance. Elle voudrait réformer prioritairement le système partisan du Bénin et explique y avoir travaillé pendant ces dix dernières années à travers de nombreuses initiatives. «On ne s’improvise pas politique, c’est un parcours», lance Célestine Zanou qui place sa candidature sous le sceau de la foi et du devoir.
Décidément ! Les anciens ministres de Boni Yayi aspirent majoritairement à lui succéder. Alexandre Hountondji s’inscrit dans cette logique. L’ancien conseiller aux Affaires politiques de Boni Yayi porte le vœu de se hisser lui aussi au palais de la Marina. Il est allé donc pour ce faire, déposer son dossier et a obtenu son récépissé provisoire?

Sur les pas de Alexandre Houngbédji, un autre candidat a aussi effectué le déplacement du siège de la Céna. Bertin Coovi qui se veut un porte-flambeau de la jeunesse voudrait l’aider à solutionner le problème de l’emploi. Mais visiblement en manque de soutien, il a saisi cette opportunité pour inviter entre autre, le député Rosine Soglo à lui apporter son soutien. Le vent des candidatures acceptées a aussi soufflé en direction de Noumonvi Cloubou Agbéhossi, Zacharie Goudali et Ladislas Prosper Agbessi. «Je suis content de me porter candidat parmi mes frères et grand frères candidats. Le Bénin est un pays qui n’accepte pas l’exclusion. Ensemble le 6 avril prochain, nous allons réorienter les choses pour le développement du pays», a laissé entendre ce dernier après réception de son récépissé provisoire. Ouf de soulagement pour le professeur Augustin Yaovi Tchémandon qui, après deux rejets, est parvenu à se faire accepter. Entre temps, le candidat Aristide da Costa avait aussi fait pareil.
Le député Issa Salifou est aussi en lice et promet de livrer un combat sans merci à certains candidats, tout en travaillant à mettre fin au système politique actuel. L’ancien ministre Richard Sènou est de nouveau candidat. Son rêve pour les Béninois, il pourrait enfin le concrétiser. Car, une fois élu, mettre le Bénin sur les rails sera sa priorité. «J’ai comme impression d’avoir accompli la première mission qui m’a été commandé par les jeunes. La jeunesse a véritablement décidé de ne plus jouer le second rôle. C’est là tout le sens de notre candidature». Ce sont là les mots de Philippe Aboumon dont le logo se retrouvera sur le bulletin de vote si sa candidature n’était pas recalée aux étapes suivantes de sélection. Après un premier rejet, le vizir Olofindji Akandé Babatundé est parvenu à se faire accepter, peu avant 23 heures trente minutes.
Mais avant lui, deux candidats annoncés comme favoris ont fait valider leurs dossiers. Le premier, Pascal Irené Koupaki. L’ancien Premier ministre, porteur désormais du changement juge «grave» la décision de se porter candidat à un tel niveau de responsabilité. Mais à l’entendre, c’est sans crainte. «Je l’ai fait avec les amis et les compagnons. Je suis en mesure d’apporter une contribution à la marche de notre peuple », laisse entendre celui qu’on appelle affectueusement Pik qui dit avoir un seul But pour les Béninois (entendez Bénin uni au travail». Puis enfin, souhaite «que tout le pays aille à l’école du Bénin apprenant, entreprenant et innovant. Et comme un Premier ministre peut en cacher un autre, il sera immédiatement suivi de l’actuel occupant de cette charge, Lionel Zinsou. Devoir bien accompli, sourit-t-il, visiblement très heureux de la coalition de partis politiques qui s’est rangé derrière lui avant sa déclaration.
Derrière lui, d’autres candidats ont poursuivi le dépôt des dossiers. Il s’agit entre autre du vizir Olofindji Akandé Babatundé et de Emmanuel Adandedjan (venus régulariser leurs situations), du représentant de Kamarou Fassassi, de celui de Jean Yves Sinzogan, Gabriel Ajavon, Eric Houndété, Victor Topanou, Jean Chabi Orou et Elisabeth Agbossaga.
A minuit, heure de fermeture des portiques de la Céna, la file d’attente des candidats était toujours perceptible. Cette fois-ci, non plus à l’extérieur, mais à l’intérieur de l’institution, le temps pour eux de soumettre leurs dossiers.
Cette ultime journée de dépôt des dosiers a aussi connu son lot de dossiers rejetés. Françoise Gbayido n’a pas pu valider le sien, tout comme dame et Valère Nobimè. Quant à Didier Thierry Adjovi, dernier candidat reçu, il y est parvenu après maintes difficultés?

Pléthorique!

Au total 48 personnes se sont faits enregistrer du côté de la Céna pour être candidats à l’élection présidentielle du 28 février prochain, au terme des quatre jours d’enrôlement. Une fois leurs dossiers acceptés, ceux-ci ont un délai de 48 heures pour faire la preuve du paiement des droits de quittance. Passée cette première étape, les dossiers sont transmis à la Cour constitutionnelle qui statue et retient les candidats pouvant compétir. Cette année, on peut dire que le Bénin est diversement représenté sur la fiche de candidature. Anciens fonctionnaires internationaux, anciens hauts gradés des Forces armées béninoises, anciens ministres, anciens et actuels parlementaires, opérateurs économiques… sont massivement présents parmi les 48 candidats enregistrés.
Mais on ne devrait pas occulter les «plaisantins». Ces messieurs et dames venus à la Céna conduits par des Zémidjan, tenues débraillées, visiblement en villégiature qui, loin d’avoir une quelconque ambition sérieuse, effectuaient le déplacement de la Céna pour amuser la galerie. De quoi donner raison à ceux qui estiment qu’ils venaient s’offrir en spectacle parce que le dépôt de candidature était retransmis en direct sur des chaînes de télévision?

Josué F. MEHOUENOU
Commentaires