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Expression du suffrage universel de février 2016 au Bénin : Un outil pour élire le meilleur projet de société. Par Dr. Emile-jules ABALOT (Maitre de Conférences) HDR - Laboratoire des sciences sociales INJEPS (Porto-Novo)
Publié le lundi 8 fevrier 2016  |  Le Confrère de la Matinée




L’expression des suffrages universels de Mars 2001, 2006 et celui de 2011 au Bénin, s’est traduite par les résultats statistiques qu’il ne serait pas opportun de rappeler dans un contexte socio politique sensiblement différent. Pour autant, les débats sur l’enracinement des vertus propices à la démocratie se sont élargies à l’élaboration d’un projet de société réaliste. Mais comment élire un projet de société sans une convocation préalable des concepts qui doivent éclairer le champ scientifique dans lequel devra s’enraciner l’expérimentation d’un outil d’évaluation à l’usage du suffrage du 28 Février 2016? Mais avant de répondre à cette question, quelques précisions s’imposent au niveau des concepts utilisés.


Cadre théorique : Clarification des concepts
Les compétitions électorales ont inspiré aux acteurs du système politique béninois des stratégies diverses : les unes sont nobles, d’autres le sont moins. En effet, dans la quête d’une grande mobilisation sociale, il est utilisé des langages sportifs dont : le K.O, un mot anglais Knock-Out qui signifie mettre l’adversaire hors de combat en l’atteignant en un endroit particulièrement vulnérable et sensible. La Boxe étant répertoriée au sein des nobles arts, retenons que ce concept est utilisé chez les boxeurs pour leur équilibre mental, pour déstabiliser l’adversaire et représenter un langage psycho-régulateur simplement. Dans le contexte actuel, il s’agit de fédérer autour d’une personnalité béninoise, un projet de société qui se décline autour des points suivants :
- Les aspects socialisants du développement (Education, Santé, Emploi) ;
- Les aspects économiques (Agriculture, Élevage, Pêche, Industrialisation, etc.) ;
- La prise en compte de l’écosystème plus ou moins modifié par les deux variables citées ci-dessus
Il n’existe donc aucune antinomie entre le social et l’économie car l’identification des politiques de développement recentre alors l’homme au sein des préoccupations aussi importantes que sont par exemple le respect des droits de l’homme, la réduction des inégalités sociales, la bonne gouvernance, la lutte contre les pauvretés (humaine et monétaire) et surtout la préservation de l’environnement.
A cet effet, on peut se demander si aujourd’hui on peut appréhender le concept du développement durable sans l’institutionnalisation d’une vie associative et /ou démocratique ou sans la sauvegarde du patrimoine matériel et/ou immatériel, qui passe par le recensement des monuments civils, religieux, des sites touristiques, de la littérature et surtout par la démocratisation des jeux éducatifs et sportifs ? Le recours aux valeurs éducatives prônées par l’esprit olympique représente en boxe des termes de références très propices pour élire un projet de société et pour apporter des changements durables. Mais que signifie Elire ?

La signification des Elections
Elire un projet de société à travers son auteur, relève d’une prise de décision très importante, car i s’agit d’opérer un choix. Ce choix doit nécessairement déboucher sur un vote. Elire c’est finalement exprimer son choix, c’est aller voter. Mais sur quels critères peut-on exprimer son suffrage ? Il s’agit des points suivants :

1) Etude de quelques projets saillants
a- Faisabilité technique ;
b- Rentabilité économique et accroissement des richesses ;
c- Capacité du ou des projets à générer des emplois ;
d- Etude d’impact sur la santé, l’éducation, le logement, l’alimentation et sur l’amélioration du niveau de vie.


2) Etude des qualités intrinsèques du candidat
a- valeurs morales et/ou intellectuelles ;
b- capacité de mobilisation et d’organisation des ressources humaines et financières ;
c- capacité à opérer des choix satisfaisants ;
d- consolidation des vertus éthiques de la démocratie dont la bonne gouvernance le respect des droits de l’homme.
Les critères retenus pour élire le meilleur projet de société présente en réalité la démarche méthodologique à suivre pour exprimer son suffrage et pour opérer le choix d’une personnalité par son vote. Le suffrage étant un avis spécial que les électeurs accordent à une personne, l’électeur est libre de son choix qui peut être :
- Un choix optimal (qui tient compte uniquement de ses intérêts) ;
- Un choix satisfaisant (qui oublie ses propres intérêts en tenant compte de l’intérêt du groupe).
Mais dans le contexte actuel, il serait souhaitable que les électeurs fassent un choix consensuel, un choix qui prend en compte l’intérêt de tous les protagonistes.

Quelles leçon retenir et quelle moralité ?
En guise de conclusion et prenant appui sur la stratégie des acteurs bien étudiée par Michel Crozier et Erhard Friedberg (1977) dans leur ouvrage intitulé l’acteur et le système, l’accent est mis sur l’autonomie des acteurs face aux contraintes objectives définies pour l’organisation. Quelles qu’elles soient, elles ne dispensent jamais l’acteur d’opérer un choix qui va orienter la politique. Ainsi se trouve évoquée la difficulté qui réside dans un choix car choisir, c’est décider car on peut gagner ou perdre. Pourtant jouer c’est accepter de perdre ou gagner mais en respectant les règles du jeu. Tels sont alors les pleins sens du jeu politique et des jeux qui, pratiqués de façon répétitive ont fini par se codifier pour devenir les jeux sportifs dans leur esprit olympique à savoir : esprit de partage, de générosité, de tolérance, de paix et de fair-play.
Le deuxième niveau d’explication montre enfin que tous ses projets de société et leurs outils d’évaluation ne peuvent être lisibles que grâce à une alphabétisation fonctionnelle de masses qui passent par une traduction de ce projet en nos langues locales…
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