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Echec du candidat de la Continuité:Zinsou recueille les pots cassés de Yayi
Publié le vendredi 25 mars 2016  |  Le Matinal
La
© aCotonou.com par CODIAS
La jeunesse béninoise à la rencontre de Lionel Zinsou aujourd`hui au stade Mathieu Kérékou.
Cotonou, le 30 Decembre 2015. Rencontre entre le ministre d`Etat Komi Koutche avec le premier Ministre Lionel Zinsou et la ligue des forces progressistes au Palais des Sports Mathieu Kérékou




Le premier ministre Lionel Zinsou, candidat à la succession de son mentor Yayi Boni, n’a pas comblé les attentes à l’occasion des deux tours de la présidentielle de mars 2016. La cause première de cet échec est la personne du président sortant Yayi Boni. L’électorat n’a pas voté contre Lionel Zinsou. Il a plutôt sanctionné les agissements d’un chef d’Etat en mauvaise posture.

Le ver est dans le fruit. La première raison de l’échec du premier ministre Lionel Zinsou dans le cadre de l’élection présidentielle de 2016, est la personne du président Yayi Boni. Le second tour du 20 mars 2016 qui a opposé Lionel Zinsou à Patrice Talon a permis de mieux apprécier la situation. En effet, au terme de ce scrutin, le candidat Lionel Zinsou qui totalise environ 35% des suffrages à la lumière des grandes tendances rendues publiques par la Commission électorale nationale autonome (Céna), n’a devancé son challenger que dans trois départements sur les douze que compte le pays. Ces trois départements qui s’alignent sur l’axe Dassa-Malanville, sont les Collines, le Borgou et l’Alibori. Il s’agit des départements à dominance Bariba et Nagot. Ces peuples auxquels on identifie le président sortant Yayi Boni lui vouent docilité. Mais en réalité, il s’agit des peuples qui ont énormément profité des délices du pouvoir et de la gouvernance sélective du chef de l’Etat Yayi Boni. Ils ont été bénéficiaires en majorité des résultats des actions et autres avantages sous ce régime. C’est ce qui explique la fidélité légendaire de ces peuples à Yayi Boni qui a rejailli sur son candidat Lionel Zinsou. Les citoyens des neuf autres départements qui ont accordé très majoritairement leurs suffrages au candidat Patrice Talon, se sont sentis marginalisés par la gestion du président Yayi Boni. Cette méthode de gestion est essentiellement caractérisée par le favoritisme, le régionalisme et l’égocentrisme. Le président lui-même n’a-t-il pas déclaré : « si vous voulez de l’eau, yinwè (moi en langue Fon) ? Si vous voulez de l’électricité, yinwè ? C’est dire qu’il a manqué d’humilité au président sortant. Le jeune politologue Expédit Ologou en déduit que « l’exigence populaire est l’action dans l’humilité, pour le bien, le grand et le beau. » Pour avoir méconnu cette réalité, le peuple a levé majestueusement les bras « pour rabaisser le prétentieux, l’orgueilleux, le vaniteux et élever l’humble », pour reprendre M. Ologou. Par ailleurs, le fait d’avoir pris position contre les autres candidats et en les stigmatisant, tenant à leur encontre des propos désobligeants, a favorisé l’échec de Lionel Zinsou. Or, suivant les dispositions constitutionnelles, le chef de l’Etat est garant de l’unité nationale et de la paix. En favorisant les uns au détriment des autres, Yayi Boni assurait la mauvaise communication à son dauphin, Lionel Zinsou, devenu la risée du peuple souverain qui n’attendait que le jour du scrutin pour exprimer sa colère. Une belle vengeance en somme. Car, il est inexplicable que les trois grandes formations politiques, dont l’électorat représente plus de 70%, présentent un candidat qui n’est pas parvenu à passer la barre de 40%. Les dérives sous toutes les formes du président sortant, Yayi Boni, ont été pour une grande partie la cause de la débâcle de Lionel Zinsou.

Jean-Claude Kouagou
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