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Réformes politiques et institutionnelles: La guerre des idées (Le débat sur le mandat unique emballe la République)
Publié le mardi 31 mai 2016  |  Le Matinal




Le silence pesant depuis le 6 avril s’est légèrement dissipé. La question du mandat unique a réveillé un peu les passions, le débat tant espéré pourra enfin s’instaurer.

Le Bénin, pays de parole et de débat, a brusquement perdu son latin. La fibre intellectuelle a pratiquement sombré, évitant tout débat constructif sur la Rupture. Il fut un 6 avril et après, plus rien. Les grands débateurs se sont curieusement rangés. Absolument personne pour apporter ne serait-ce que le moindre avis critique sur les actions du Nouveau départ. Les décisions faites de retraits, de suspension, d’annulation, la question de sécurité et bien d’autres sujets sensibles n’émeuvent presque personne. Les grands orateurs qu’on voyait défiler avant la Rupture ont disparu de la scène. Pas de contradiction pour mettre en garde contre les effets de telle ou telle décision ! Pas d’avis pour faire des propositions dans un sens comme dans l’autre ! Silence radio partout ! Plus personne n’ose ‘’défier’’ la Rupture ! Les chasseurs d’images et de son étaient pratiquement désœuvrés. La réponse expéditive de routine était : « Je ne veux pas me prononcer pour l’instant ». On était dans cette Rupture de débat critique, ce sevrage d’avis constructif de politiques et intellectuels éclairés quand surgit la question des réformes institutionnelles et politiques avec en point de mire, le sujet relatif au mandat unique.

La guerre des idées

En effet beaucoup de regroupements commencent par se prononcer sur les réformes en s’accrochant au mandat unique. Le sujet a commencé progressivement par occuper les petits groupes épars de réflexion, mais jusque-là, personne n’osait le faire savoir sur la place publique. C’était dans cette atmosphère un peu crispée que certains ont osé le grand jeu. D’abord le Parti social démocrate (Psd). Il a reversé à la Commission des propositions. Me Marie Elise Gbèdo et certains hommes politiques sont aussi au front pour exprimer ouvertement leurs appréhensions par rapport à ce projet. Les langues se délient. Le débat est devenu par la suite assez fructueux et a nourri des contradictions tout aussi intéressantes sur des plateaux de télévision. La pluralité des idées, la contradiction a repris sa place. L’expérience était assez intéressante car le raisonnement du camp opposé ne manquait pas de pertinence. Pour beaucoup d’entre eux, le projet de mandat unique souffre de garantie quant à la bonne foi du locataire de la Marina de travailler réellement pour le développement du pays. Certains ont même insisté sur la nécessité de mettre des garde-fous pour contenir les dérives de ce dernier (qui face à un mandat unique ne se sentira pas vraiment obligé de travailler). Les débats étaient devenus houleux et ont réveillé cet amour de la contradiction cultivé depuis des années sous nos cieux. Même si dans le fond, il y a des difficultés d’appréciation, il est déjà heureux de saluer cet élan. Enfin le débat, peut-on crier. Dans la foulée, les voix s’élèvent pour appeler à des réformes inclusives, prenant en compte les préoccupations d’autres couches de la Société. Inspirée par les réserves de l’ancien chef de l’Etat Nicéphore Soglo, la presse sonne le tocsin et exige qu’un regard soit porté sur elle. De même sous l’impulsion de l’ancien candidat à l’élection présidentielle, Philippe Noudjènoumè, la Convention patriotique des forces de gauche se libère en mettant en garde contre des réformes partielles. Depuis hier, c’est un autre groupe qui est sorti de son mutisme pour exprimer ses préoccupations. Il s’agit du cadre des dignitaires et intellectuels traditionnels pour un Bénin émancipé. Ils veulent prendre leur place au débat.

Désert de contradictions, besoin d’opposition forte et constructive

Déjà plusieurs semaines qu’on ne voit plus l’ombre de l’opposant déclaré Martin Rodriguez. Le seul qui avait osé afficher publiquement son opposition à la Rupture s’est curieusement mué dans un silence austère. Le débat constructif attendu de lui n’est plus au rendez-vous, le personnage est toujours sans nouvelle depuis lors. En dehors du ‘’courageux’’ homme d’affaires, on ne voit plus rien. Les acteurs politiques Fcbe (opposants naturels à la rupture) ne bougent pas du tout. Toujours le grand silence au sein de cette famille politique qui devrait être actuellement à fond dans le débat politique. Le comble est qu’une vague importante de cette alliance a déjà regagné la Rupture affichant clairement son adhésion spontanée aux actions du président Patrice Talon. L’alliance Fcbe au bord de la déprime ne devra pas faiblir car sous un autre régime, l’Union fait la nation et bien d’autres partis de l’opposition ont été tout aussi durement affectés sans être ébranlés. Les Fcbe ont donc le devoir de résister afin d’aider à l’avènement d’une opposition constructive dans ce désert de contradictions. Vivement qu’elles aient la ‘’force’’ pour le faire.

HA
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