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Fusionner l’Un pour et créer un parti unique : 2019 pour réellement s’en convaincre
Publié le jeudi 2 juin 2016  |  Matin libre




Le rêve caressé depuis environ cinq ans par des responsables de l’alliance politique Union fait la Nation semble devenir bientôt une réalité. En effet, dimanche 29 mai 2016, au terme de leur journée de réflexion tenue au Chant d’oiseau de Cotonou, la première après l’élection présidentielle de mars dernier, la plupart des participants se sont entendus sur la nécessité de fusionner l’alliance et d’aboutir à la création d’un parti unique d’ici à décembre 2016. Une décision qui suscite des analyses.

Les responsables de l’Un dans la vision d’« Elargir et consolider l’Un pour un Bénin uni et mieux géré ». C’est d’ailleurs autour de ce thème que s’est tenue cette première journée de réfl exion sur l’alliance. En décidant de passer du statut d’alliance de partis politiques au statut d’un parti unique, ces responsables s’inscrivent sans doute dans la dynamique dudit thème. Et pour y arriver, l’autre décision est que chaque acteur militant devra oublier ou se départir de son parti politique originel et épouser désormais la ligne de conduite ou l’idéologie du parti à naître. Aussi, est-il prévu le recensement sur toute l’étendue du territoire national des membres de l’Union, la réorganisation des structures à la base surtout au niveau des jeunes, des femmes, des conseillers locaux et communaux puis l’instauration de côtisation et d’un véritable système de formation des membres à l’interne. A y voir de près, c’est une « Un » new look qui va se mettre en place. Une Union qui répond parfaitement aux critères d’un vrai parti politique. Les responsables y tiennent et à les entendre, rien ne devrait bloquer la concrétisation du projet qui n’est désormais qu’une question de temps. Mais en dépit de cette volonté affi chée, des inquiétudes subsistent. Oublier son égo au Bénin pour se laisser diriger par quelqu’un n’est déjà pas chose aisée. Tout le monde veut être président ou patron de quelque chose. Pour plusieurs observateurs, même si cette étape en arrivait à être franchie, ça laisserait un goût d’inachevé dans les esprits. En effet, ce serait par pure docilité de façade. Les uns et les autres sachant que c’est une alliance de la « Mouvance » présidentielle, ses ténors ayant œuvré à l’avènement de l’actuel président de la République, voudront se caser. Car, l’Union fait la Nation, à coup sûr, va bénéfi cier d’une attention particulière du Pouvoir en place. En témoigne la présence du ministre Lazare Sèhouéto du Commerce, pur produit de l’Union, à la Journée de réfl exion. Outre Lazare Sehouéto, bien d’autres membres infl uents dont Bruno Amoussou, Idji Kolawolé, Théophile Montcho ont opté pour la Rupture et pourraient être récompensés d’ici là. Donc, il n’est pas exclu que certains adhérents pensent à profi ter de tout cela, en acceptant être membres du nouveau parti à porter sur les fonts baptismaux.

Mais jusqu’à quand ?

Si on suppose donc que les acteurs pourraient réussir l’exercice de la création du parti unique, des observateurs y voient le caractère éphémère. Etant donné que c’est pour des questions de calcul et d’intérêt que certains militants vont y adhérer, en témoigne d’ailleurs le retour à la maison déjà de certains barons qui ont fait un autre choix politique non concluant durant la présidentielle, cette « conviction » ne va durer que le temps du partage du « gâteau ». Et les frustrations pourront naître quand certains dits militants ne se verront pas nommés à un poste quelque part. Au-delà, en 2019, c’est la course pour les législatives. Les positionnements des candidats poseront inévitablement des frustrations, puisque les ouvriers de la première heure se connaissent très bien dans le creuset. Après 2019, il y aura 2020 pour les élections locales, communales et municipales puis la présidentielle qui sera animée en 2021. Tout le jeu va se jouer à ces niveaux. Ainsi, la durée de vie de l’Un, new look, pourra être mieux appréciée juste après ces échéances. Avant l’Un, beaucoup de formations politiques n’ont pu résister. C’est le cas de Forcé clé qui n’existe aujourd’hui que sur papier, le Parti social démocrate (Psd), etc. En effet, beaucoup de militants ont quitté laissant derrière eux, presque des coquilles vides. 2019 pour mieux s’en convaincre donc du cas Un.

Jacques BOCO
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