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Décentralisation et gouvernance locale: Les nouveaux préfets et les défis de l’administration du territoire
Publié le vendredi 24 juin 2016  |  La Nation
CHABI
© aCotonou.com par DR
CHABI NAH L. M. Déré, le préfet du département de l`Atacora






Un pas est franchi avec la désignation enfin des chefs-lieux des six nouveaux départements. Mais les défis restent énormes pour l’Etat et les préfets fraîchement promus dans la mise en œuvre d’une nouvelle politique de l’administration du territoire national.

Bâtiments vétustes et crasseux, insuffisance de bureaux, manque de ressources humaines qualifiées, crédits délégués insignifiants pour l’exécution des plans de travail annuels, personnel très peu motivé : accumulation d’arriérés de frais de mission et de cotisations sociales des agents, moins perçus sur salaires pour certains, parc automobile quasi-inexistant, matériel informatique vétuste, désorientation des dossiers et méfiance entre les services…C’est le triste visage qu’affiche jusque-là la plupart des préfectures ; elles qui connaissent même des difficultés à satisfaire les citoyens pour le simple établissement, à temps et sans faux frais, des cartes d’identité nationale.

Pourtant, les préfectures et leurs premiers responsables sont reconnus comme les dépositaires du pouvoir central au niveau des départements. En vertu de l’article 151 de la Constitution du 11 décembre 1990 qui stipule : «Les collectivités territoriales s’administrent librement», le préfet devrait ainsi jouer le rôle de «gouverneur» du département dans un contexte de décentralisation/déconcentration. A ce titre, les préfectures devraient être en quelque sorte de «petits palais présidentiels». Curieusement, elles sont plutôt traitées jusque-là comme de simples structures déconcentrées chargées de résoudre quelques problèmes au niveau des collectivités décentralisées sous tutelle. En fait, les préfectures peinent à tourner à plein régime et se confinent à intervenir beaucoup plus, avec les maigres moyens, dans les affaires de succession au niveau des mairies et des chefferies traditionnelles et quelques fois dans la gestion des conflits frontaliers entre les communes et avec les pays limitrophes. Ce qui n’est d’ailleurs pas rien. Mais il importe aujourd’hui de changer de paradigme pour redorer le blason des préfectures et refaire l’image écornée des autorités préfectorales observée ces dernières années. Les nouveaux préfets ont donc la lourde tâche de contribuer à combler les insuffisances dans l’administration et la gestion du territoire. En fait, l’administration territoriale qui implique le contrôle de la tutelle devrait permettre de jouer pleinement les fonctions d’assistance-conseil aux communes et de contrôle de légalité de leurs actes, au lieu de donner lieu à des bras-de-fer inutiles entre les préfectures et elles. Cela participe non seulement de la gouvernance participative mais aussi et surtout du renforcement de la décentralisation et de la démocratie à la base. En rendant plus visible et plus opérationnelle l’action de l’Etat, les nouveaux préfets devront faire preuve de compétence, de sympathie envers les collectivités locales, d’ingéniosité dans le but d’accélérer le processus de la déconcentration et dynamiser les communes sous tutelle. Dans cette optique, ils devront faire montre de qualités à la fois de managers publics territoriaux pour faire respecter l’ordre et les textes républicains d’une part, et de véritables leaders qui donnent l’exemple, gage d’une tutelle apaisée au profit du développement des communes d’autre part.?

Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori
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