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Diplomatie béninoise:La chasse aux retraités
Publié le mercredi 13 juillet 2016  |  Le Matinal
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© aCotonou.com par DR
Ministere des affaires etrangeres




Le rappel des ambassadeurs en poste à l’étranger fait débat et suscite de sérieuses interrogations quant aux mobiles de cette décision.
Règlement de comptes politiques ou mouvement normal, la diplomatie béninoise est sous revue depuis quelques temps. Les hommes du régime défunt, hier intouchables et inamovibles, bien qu’ils soient au terme, voire au-delà de la durée normale de leur mission, ou admis à la retraite, se croyaient toujours scotchés à leurs fauteuils. Mais, le vent de la Rupture les a tous emportés, suscitant quelques malveillantes interprétations. Mais, tout cela n’a de poids devant les vrais mobiles de la décision du ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci. En effet, suite à l’annonce faite en conseil des ministres du 15 juin 2016 de rappeler les ambassadeurs, la nouvelle a été diversement appréciée. Pour certains, les têtes des ambassadeurs nommés par le régime défunt ne conviennent pas aux nouvelles autorités qui ont décidé de les rappeler. Du fait de leur accointance, voire leur engagement aux côtés de l’ancien chef de l’Etat Yayi Boni qui les utilisait pour régler ses comptes, ils n’inspireraient pas confiance au régime de la Rupture, tente-t-on, d’expliquer dans certains milieux. Cela suffit-il pour conclure à un règlement de comptes ? Peut-être pas. Mais un fait à polémique s’est invité dans le débat. De quoi s’agit-il ? L’opinion publique a découvert à travers les réseaux sociaux, une lettre du chef de la diplomatie béninoise, Aurélien Agbénonci, en date du 29 juin 2016 adressée à Jules Armand Aniambossou, ambassadeur du Bénin à Paris. Une lettre confidentielle supposée top secret, s’est retrouvée dans la rue pour amplifier le débat. Quelle est la teneur de cette correspondance envoyée à l’ambassadeur ? Il est demandé expressément à Jules Armand Aniambossou de rentrer, mais avant de communiquer la composition de sa famille pour la mise en place rapide des titres de voyage et des frais de rapatriement de ses effets personnels. En fait, pour qui connaît Jules Armand Aniambossou, il lui est loisible de conclure à un règlement de comptes pour son cas. Pourquoi ? C’était en effet l’homme à tout faire de Yayi Boni à Paris. L’étroitesse de ses rapports avec l’ancien président n’avait rien à voir avec ses fonctions diplomatiques qu’il reléguait d’ailleurs au second plan pour aider Yayi Boni dans ses obsessions funestes, ses acharnements contre ses adversaires et sa cabale contre son ennemi n° 1, devenu président de la République. Il n’hésitait pas à descendre sur Cotonou à son bon vouloir, et parfois à narguer sa hiérarchie. Au regard de ces éléments, il est difficile pour une certaine opinion d’imaginer que le rappel de Jules Armand Aniambossou n’a pas une odeur de règlement de comptes. Pour une autre opinion, le rappel de ce dernier vient à point nommé pour mettre un terme à une politique de copinage développée par l’ancien régime et qui n’a fait que ternir l’image du Bénin à l’étranger à travers ses missions diplomatiques et consulaires. La plupart des ambassadeurs rappelés ont atteint la durée normale de leur mission qui est de 4 ans selon la pratique diplomatique. D’autres sont déjà admis à la retraite, mais n’ont pas été rappelés, sous le régime Yayi. Le conseil des ministres du 15 juin a été clair en précisant qu’il s’agit des ambassadeurs qui sont soit rappelés et ne sont pas rentrés, soit ils ont dépassé le délai normal, sont appelés à faire valoir leurs droits à la retraite, ou encore ils ont fait l’objet d’un rappel pur et simple.

Coïncidence ou hasard

Concours du hasard ou pas, la décision des nouvelles autorités béninoises de rappeler les ambassadeurs en poste à l’étranger coïncide avec la révélation de troublantes affaires imputables à certains diplomates « intouchables et inamovibles » sous le régime défunt. Selon les informations, quelques diplomates ont violé les règles de bonne gouvernance, un classique sous Yayi Boni, et devront répondre de leur gestion sous peu. Des missions d’audit sont à pied d’œuvre pour vérifier des soupçons de mauvaise gestion dans plusieurs ambassades. Dans tous les cas, avec l’arrivée d’un nouveau Pouvoir qui veut instaurer une gouvernance de qualité qui a tant fait défaut au Bénin dans la gestion des affaires publiques ces dernières années, il est impérieux et cela relève d’une obligation de réécrire les repères. Et du coup, les fonctionnaires peu vertueux doivent être démasqués et remplacés. C’est en cela que les vents ne sont pas favorables aux chefs de missions diplomatiques et consulaires en poste depuis l’ère de Yayi Boni qui ne sont que de mauvais exemples. S’il faut admettre qu’il faut faire la guerre aux retraités qui s’accrochent à leur poste au siège de la diplomatie à Cotonou, pour quoi ne pas s’accorder à voir ceux en mission à l’étranger subir le même sort. Si le changement de régime a favorisé ce grand mouvement, il est à noter que certains ambassadeurs sont restés à leurs postes à l’image de Moïse Kérékou en Turquie, du diplomate Agbanglanon au Danmark. Le vent de la Rupture qui souffle partout a, par contre, emporté la majorité. En Rd Congo, au Gabon, au Maroc, au Ghana, en Algérie, en Afrique du Sud, en Italie, au Vatican, en France, en Belgique, en Allemagne, en Iran, pour ne citer que ces pays là, où les autorités actuelles du pays ont rappelé les ambassadeurs en poste. Comme l’on peut s’en rendre compte, la même lettre envoyée à Jules Aniambossou a été adressée à une kyrielle d’ambassadeurs. Pourquoi alors c’est celle destinée à l’ex ambassadeur du Bénin à Paris qui s’est retrouvée sur la place publique ? Deux niveaux de soupçons. Premièrement, c’est au niveau de l’intéressé lui-même. Secondo, c’est le secrétariat particulier du ministre des affaires étrangères qui est soupçonné. Il revient à Aurélien Agbénonci de profiter de ce cas pour comprendre là où provient la fuite des documents confidentiels.

FN
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