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Paralysie des hôpitaux publics : L’Intersyndicale passe à 72h de grève… le Syntrasesh menace
Publié le mardi 25 octobre 2016  |  Fraternité
Centre
© Autre presse par DR
Centre national hospitalier universitaire (CNHU)
Le plus grand hôpital du Bénin.




L’Intersyndicale des ressources humaines en santé (Irhs) durcit le ton. Les hôpitaux publics seront désormais paralysés 72 heures par semaine à compter de ce jour. Joint au téléphone pour comprendre les motivations de cette escalade dans le mouvement de grève, le coordonnateur de l’Irhs, Adolphe Houssou explique que c’est la réponse des agents de santé au mutisme du gouvernement quant à la satisfaction de leurs revendications. « Ils ont suspendu les négociations… », a-t-il révélé. Et l’Irhs sera bientôt appuyée par le Syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine du Bénin (Syntrasesh). Au terme d’un sit-in tenu hier au ministère de la santé, ce syndicat menace d’étendre le mouvement aux ministères des finances et de la fonction publique, avant de passer à : « une grève sans service minimum ». Ils exigent quant à eux, la signature des arrêtés d’éligibilité des agents omis dans le processus de reversement des Agents contractuels de l’Etat (Ace), la correction des disparités catégorielles des paramédicaux Ace, l’adoption du décret issu de la relecture du statut particulier des corps des personnels de la santé… La liste n’est pas exhaustive.

Urgence à l’hôpital !
Il faut rappeler que sur leurs 12 points de revendications, les échanges entre l’Irhs et les ministres de la santé, de la fonction publique chargé du dialogue social, en présence du représentant du ministre des finances, avaient débouché le lundi 3 octobre dernier, sur 2 points essentiels à satisfaire par le gouvernement pour désamorcer la ‘’bombe’’, en attendant qu’un comité ne soit mis en place pour étudier le reste des doléances. C’est entendu donc que l’on devrait libérer les urgences pour un retour au calme. Hélas, le conseil des ministres du 5 octobre 2016 qui devrait entériner les points ayant fait objet de consensus lors des négociations gouvernement-syndicats est resté très évasif sur la question et a instruit les ministres concernés à reprendre les pourparlers avec les acteurs sociaux. Depuis lors, c’est le statu quo.

Et pourtant… une situation prévisible
En effet, à la veille de la rentrée scolaire 2016-2017, les négociations entre le gouvernement et les centrales syndicales étaient exclusivement consacrées aux préalables pour une reprise des classes apaisée. Néanmoins, les partenaires sociaux avaient indiqué que le secteur de la santé est enclin à de nombreux problèmes qu’il faille régler tout aussi au plus tôt, pour éviter que la situation ne dégénère. C’est dire que l’on devrait prendre à bras le corps les revendications dans ce secteur si délicat, et convoquer de nouvelles rencontres pour s’entendre sur un minimum comme ce fut le cas dans l’enseignement. La santé aussi bien que l’éducation, est un secteur très sensible. Faire l’option de la sourde oreille face aux mouvements de débrayage dans les hôpitaux est un pari risqué. La vie n’a pas de prix.

Syndicat National DES Travailleurs des Services de la Santé Humaine du Bénin
Motion de protestation ministre de la sante
- Considérant, la grève que nous avons menée du 17 novembre 2015 au 31 mars 2016 date de sa suspension avec un moratoire de quatre mois,
- Considérant, les sit-in du 02 novembre, du 21 décembre 2015 et du 18 janvier 2016, au Ministère de la Santé,
- Considérant le sit-in du 09 novembre 2015 au ministère en charge de l’économie et des finances,
- Considérant que l’audience que vous nous aviez accordée en date du 10 mai dernier est restée sans suite,
- Considérant que notre lettre en date du 24 mai 2016 au sujet du comité disparité catégorielle des paramédicaux Agents Contractuels de l’Etat, n’a pas été suffisante pour finaliser les travaux ;
- Considérant que notre lettre au Directeur Général du Trésor l’invitant au dialogue sur la question de la prime spécifique au titre du second semestre 2015, n’a pas eu l’effet escompté ;
- Considérant que l’avertissement adressé au ministre de l’économie et des finances en date du 27 juin 2016, est resté comme de l’eau versée sur le dos du canard ;
- Considérant que notre lettre portant ultimatum en date du 11 juillet dernier à vous adresser, ne vous a pas fait sortir de votre mutisme suicidaire au secteur ;
- Considérant que notre lettre en date du 19 août 2016, vous invitant à démissionner si vous ne vous sentez pas à la hauteur de la mission semble ne pas vous émouvoir ;
- Considérant que la session du Conseil Sectoriel pour le Dialogue Social tenue du 13 au 15 septembre 2016 à Abomey n’a apporté aucun espoir quant à la satisfaction des revendications des travailleurs ;
- Considérant que, depuis six mois, les agents de santé omis dans le processus de reversement en ACE attendent en vain la signature des arrêtés d’éligibilité ;
- Considérant que, le statut particulier des personnels de la santé relu sur instruction du conseil des ministres du 08 février 2007, est en souffrance à la fonction publique depuis novembre 2015 ;
- Considérant le refus du ministère de la santé de mettre en œuvre le décrochage accordé au secteur depuis des années pour fluidifier la gestion des actes de carrière ;
- Considérant que l’existence de trois sortes d’infirmiers au Bénin est une situation bâtarde et conflictuelle.
- Considérant que les Agents Contractuels de l’Etat qui représentent plus de 60 de l’effectif des agents de l’Etat n’ont pas accès au concours professionnel ;
- Considérant que, après deux ans de service fait, la majorité des agents recrutés en 2014, sont toujours sans salaire ;
• Les participants à la présente manifestation de protestation organisée par le Syndicat National des Travailleurs des Services de la Santé Humaine du Bénin (SYNTRASESH) exigent :

1 * la signature des arrêtés d’éligibilité des agents omis dans le processus de reversement en ACE

2* la correction des disparités catégorielles des Paramédicaux Agents Contractuels de l’Etat

3* l’adoption du décret issu de la relecture du statut particulier des corps des personnels de la santé

4* la modification des textes en vue de l’organisation des concours professionnels pour les ACE

5* la remise des contrats et le payement des salaires avec rappel à tous les ACE de la promotion 2014

6* l’uniformisation du corps des Infirmiers au Bénin. (lB et anciens IDE doivent avoir la licence)

7* le payement des rappels de la prime de risque et de la prime spécifique du second semestre 2015 en une seule tranche,

8* la délivrance des cartes ou des numéros d’immatriculation de la CNSS à tous ceux qui ont déposé leurs dossiers depuis des années,

9* la régularisation de la situation administrative des TLB en formation à l ’EPAC depuis trois ans,

10* la tenue des diverses commissions de carrière : avenant, reversement en APE, disparité catégorielle etc.

11* le payement des heures supplémentaires dues aux travailleurs de nos hôpitaux
• Fustigent le refus de dialogue érigé en système de gouvernance par les ministres du Président Patrice TALON
• Condamnent la poursuite de la politique de relégation des problèmes de la santé au second plan
• Appellent tous les travailleurs tout corps, tout statut confondu à se tenir prêts, pour rééditer le sit-in si nécessaire, l’étendre au ministère en charge des finances et pourquoi pas à celui en charge de la fonction publique avant de passer à la grève sans service minimum si cela fera plaisir au Gouvernement du Président Patrice TALON.
Cotonou, le 24 octobre 2016
Les participants
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