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Ministère des affaires étrangères et de la coopération : Le Syndipat-Mae fustige la gestion des diplomates par le ministre Agbénonci
Publié le mardi 15 novembre 2016  |  Fraternité
Aurélien
© Autre presse par DR
Aurélien Agbenonci nouveau Représentant spécial de la MINUSCA




Les travailleurs du Ministère des affaires étrangères et de la coopération restent attentistes aux réformes amorcées et au mode de fonctionnement du Ministre Aurélien Agbénonci. Réunis au sein du Syndicat national des diplomates, interprètes traducteurs et personnel administratif et technique (Syndipat-Mae), ils fustigent entre autres la fermeture de certaines ambassades, les conditions de vie et de travail du personnel. Au cours de leur point de presse hier, ils proposent l’organisation dans les meilleurs délais des états généraux de la diplomatie béninoise et d’intégrer les préoccupations du personnel dans le cadre des réformes.

Ministère des affaires étrangères et de la coopération (Maec)
Syndicat national des diplomates interprètes traducteurs et personnel administratif et technique (Syndipat-Mae)
Point de presse du Syndipat-Mae
Exposé liminaire

Message introductif
Mesdames et Messieurs les journalistes ;
Chers Camarades, Membres de la Délégation de la CGTB, Chers Camarades, Membres du SYNDIPAT-MAE
Mesdames et Messieurs.
Permettez-moi de vous souhaiter, au nom du Bureau Directeur, la bienvenue à ce point de presse.
Aussi, voudrais-je préciser à votre attention que ce point a pour objectif d’éclairer l’opinion publique sur les principales préoccupations du personnel du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, ses attentes telles que présentées par la feuille de route du Bureau Directeur du Syndipat-Mae transmise aux autorités compétentes du Ministère.
Mon propos consistera d’abord, à exposer les principaux points autour desquels s’organisera le présent point de presse. TI s’agit de :
1- la gestion du Ministre depuis le 06 avril 2016 ;
2- la gestion des acquis socio-professionnels depuis le 06 avril 2016 ;
3- la problématique de la fermeture des Ambassades et la transformation de certaines d’entre elles en consulats généraux ;
4- les conditions de vie du personnel ICI à la Centrale et dans les postes diplomatiques et consulaires ;
5- les approches de solutions du Syndipat-Mae.
Ensuite, la parole vous sera donnée pour une ou deux questions sur cet exposé. Le cas échéant, je vais essayer, avec le concours des camarades membres du Bureau Directeur, d’apporter des réponses aux questions avant de procéder à la clôture de cette rencontre.

Chers Amis de la presse, Chers Camarades,
Mesdames et Messieurs
Une fois ce décor planté, permettez-moi d’entrer dans le vif du sujet.

1- la gestion du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération depuis le 6 avril 2016
L’appréciation du Syndipat-Mae qui veut exprimer haut ce que tout le personnel pense bas de la gestion du Ministre, depuis le 6 avril 2016, va aborder le sujet sur le plan de la gestion administrative et le mode de fonctionnement du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération.
En effet, au plan administratif, le Ministère reste encore un grand chantier ouvert où les nouveaux organes mis en place par le nouveau Décret portant attributions, organisation et fonctionnement du ministère, continuent de cohabiter avec ceux abrogés aux termes dudit Décret.
Le Bureau Directeur prend acte de l’adoption de ce Décret et la nomination de nouveaux responsables à la tête de certaines structures administratives du ministère. Mais il importe de relever que la mise en œuvre du Décret adopté est loin de respecter les dispositions réglementaires en vigueur, créant ainsi un environnement qui ne favorise pas la pratique du dialogue social.
Sinon, comment comprendre que sur cent quarante (140) diplomates en activités parmi lesquels une bonne vingtaine fera valoir son droit à une pension de retraite dans cinq ans, l’autorité ne trouve aucune compétence à proposer au Président de la République pour occuper le poste d’ambassadeur de la République du Bénin à l’étranger ?
Quant au mode de fonctionnement du Ministre ces sept (07) derniers mois, il est marqué par une absence de prise en compte des préoccupations du personnel, une gouvernance autocentrée sur la personne du chef, un mépris des avis des professionnels de la diplomatie (anciens comme nouveaux), un refus de prise en compte des préoccupations rappelées à maintes reprises par les partenaires sociaux, le non-respect des règles élémentaires de l’Administration publique en général et celles des affaires étrangères en particulier.
Ce mode de fonctionnement auquel nous assistons, plombe la bonne volonté des acteurs sociaux que nous sommes pour accompagner les réformes du gouvernement.
Face à ce tableau non reluisant, que dire de la gestion des acquis socio-professionnels ?

II- La gestion des acquis socio-professionnels depuis le 06 avril 2016.
Comme tous les travailleurs partout dans le monde, ceux du Ministère des Affaires Etrangères tiennent à leurs acquis socio-professionnels pour la plupart obtenus de hautes luttes.
Vouloir y déroger par quelle que manière que ce soit, pourrait constituer des sources de malentendus et de frictions.
En cette matière, il y a lieu de rappeler que, dès l’entrée en fonction de l’actuel ministre, il a été procédé à la suspension de tous les titres d’affectation des Agents du ministère au motif d’irrégularités. Depuis, c’est le silence plat. Cette situation qui perdure, crée un malaise dans la mesure où elle frappe en général, des agents remplissant les conditions d’affectation requises dans les postes diplomatiques et consulaires.
Il y a également la situation des agents en fonction dans les ambassades, rappelés pour la plupart à la Centrale du fait de la fermeture de certains postes alors que la plupart de ces fonctionnaires n’ont pas encore épuisé leur temps règlementaire de séjour.
S’il est de notoriété publique que la règle administrative est toujours écrite, que dire du développement presque frénétique ces derniers mois, des instructions verbales du Ministre allant à l’encontre de certains acquis socio-professionnels du personnel ?
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Ces différentes situations, ayant déjà fait l’objet de deux séances de travail sans suite entre notre Bureau Directeur et le Ministre, constituent autant de sources de tensions et de crispations au sein du personnel.
Que retenir de la décision de la fermeture de certaines- .Ambassades et de la transformation de quelques-unes en Consulats généraux ? Quelle lecture le SYNDIPAT¬MAE fait-il de cette décision ?

III - La problématique de la fermeture des Ambassades et la transformation de certaines en consulats généraux.
La décision de la fermeture de certaines Ambassades et de la transformation de quelques¬-unes d’entre elles en Consulats généraux a fait l’objet de fructueuses discussions au sein des instances du Syndipat-Mae.
La volonté affichée par le Président de la République de faire de la diplomatie un véritable outil de développement et saluée par tous les acteurs de la diplomatie béninoise s’est clairement exprimée dans son programme de société à la page 10, donc antérieur à la formation du gouvernement.
Moi qui vous parle, en tant que diplomate de profession, je puis vous dire que la diplomatie est non seulement un métier, mais également un art qui exige de ceux qui travaillent à sa mise en œuvre, davantage d’habileté et de tact dans la prise des décisions. L’une des principales raisons évoquées par le ministre pour justifier les fermetures, est de réduire les dépenses publiques de l’Etat.
Cette raison tient-elle selon vous dans le cas de la fermeture de notre Ambassade à Cuba où le Bénin détient des titres de propriété sur des domaines, et d’ouvrir un autre poste (à l’Oif), où seul le Bénin parmi tous les pays du monde entier dispose d’une mission diplomatique ?
Les raisons qui sous-tendent la position du Ministre dans le processus de fermeture des postes diplomatiques et qui méritent toujours de clarifications, manquent de fondement, dénotent de l’ignorance des fonctions classiques et régaliennes de la diplomatie, donc d’une méconnaissance de cette discipline en tant que métier, en tant que profession. La logique retenue par le Ministre dans ce dossier est sujette à confusion.
Cela étant, que dire des conditions de vie du personnel à la Centrale et dans les postes diplomatiques et consulaires ?

IV - Les conditions de vie et de travail du personnel à la Centrale et dans les postes diplomatiques et consulaires.
Ce volet a trait à l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents du ministère. Actuellement, la situation est très alarmante.
Au nombre des problèmes auxquels le personnel est confronté, on peut citer entre autres : ceux liés au cadre de vie et de travail : le bâtiment abritant les structures du Ministère construits à grand frais végètent dans des conditions non attrayantes. Les cadres sont obligés de supporter non seulement ces conditions mais aussi l’étroitesse de leurs bureaux en attendant la réalisation de la promesse du ministre de récupérer en leur faveur l’ancien bâtiment jouxtant la coupole. Il y a également :
- des problèmes de matériel et de logistique ;
- des problèmes liés au non-paiement ou à la suppression des quelques rares primes existantes ;
- du non-respect des dispositions règlementaires nationales et internationales ; et des injustices sociales.
Pour remédier aux divers problèmes relevés supra, le Bureau Directeur a adopté une approche innovante et originale. Celle-ci a consisté, après avoir recensé les préoccupations et les attentes du personnel, à élaborer une feuille de route sur la période 2016-2018.

v Les approches de solution du Syndipat -Mae
La politique étrangère, expression de la souveraineté internationale de l’Etat et de sa sécurité, nécessite une attention particulière de la part des autres ministères exerçant aussi les fonctions régaliennes (justice, défense et sécurité publique, finances ...) d’une part et des Institutions compétentes telles que l’Assemblée Nationale, la Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême d’autre part.
Le Bureau Directeur, conscient que le premier diplomate, responsable devant le peuple, au plan national et international de l’action diplomatique est le Président de la République, suggère que le Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, se saisisse personnellement des problèmes de la diplomatie et ensemble avec les acteurs, détermine les mesures appropriées pour faire de la diplomatie, un véritable outil économique pour le développement tel qu’il le souhaite.
Pour finir, le Bureau Directeur recommande les mesures ci-après :
- au Chef de l’Etat, de faire organiser dans les meilleurs délais possibles, les états généraux de la diplomatie béninoise ;
- au Président de l’Assemblée Nationale et aux Honorables Députés, au point focal de la Commission en charge de la relecture de la Constitution, d’inscrire dans la nouvelle constitution, au titre des autres fonctions régaliennes de l’Etat, la politique étrangère et le statut des diplomates et assimilés ;
- au Ministre des affaires étrangères, de s’approprier la feuille de route proposée par ses partenaires sociaux et d’ouvrir, sans délai, les voies d’un dialogue social franc avec le Bureau Directeur du SYNDIPAT-MAE, afin d’éviter une détérioration complète aux conséquences incalculables de la situation au sein du Ministère dont il a la charge.
Je vous remercie

La rédaction
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