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Allaitement Maternel Exclusif : Comment tenir le pari ?
Publié le mercredi 23 novembre 2016  |  Fraternité
Mère
© aCotonou.com par DR
Mère et enfant




Le 04 Octobre dernier à Lobogo dans le département du Mono-Couffo, le ministre de la santé Alassane Séïdou accompagné des Partenaires Techniques et Financiers et de quelques acteurs du monde sanitaire a lancé la Semaine de l’Allaitement Maternel. A l’occasion, ils sont revenus sur l’importance du lait maternel dans la croissance du nouveau-né de 0 à 6 mois. Cette méthode appelée Allaitement Maternel Exclusif (Ame) ne peut être pratiquée par certaines mères. Ceci, à cause de l’absence de lait dans leurs seins.
Jeniffer Kangni est médecin à la clinique Ephata à Fidjrossè. Mère d’un bébé de 5 mois, elle nous confie qu’après son accouchement, elle n’a pas eu une seule goutte de lait dans ses seins pendant les 48h, (même pas le colostrum qui est le premier lait de couleur jaunâtre qui sort du sein de la mère juste après l’accouchement). Elle a dû donner du Serum glucosé à son bébé avant d’introduire le lait artificiel après. « Dans cet intervalle, malgré mon statut, on m’a conseillé une tisane que j’ai prise. Je mettais ma fille régulièrement au sein, même si rien ne sortait. Je ne sais pas si la tisane a amélioré les choses, mais j’ai eu du lait le lendemain et j’ai commencé par allaiter exclusivement ma fille. Mais une semaine après, j’ai dû réintroduire le lait maternisé parce que je n’en avais pas assez », a-t-elle expliqué. Tout comme elle, plusieurs femmes ont choisi l’Ame pendant les six premiers mois du bébé, mais ne vont pas au terme du processus.
Selon Razak Andémi, Médecin au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoucou Maga (Cnhu-Hkm), plusieurs raisons sous-tendent cette panne sèche. Elle peut être liée à des problèmes médicaux, hormonaux, psychologiques et souvent nutritionnels.
Pour sa part, Jeniffer Kangni trouve que plusieurs facteurs peuvent empêcher une mère d’allaiter son nouveau-né. D’après elle, la fatigue intense, le stress (inévitable durant les premiers jours après l’accouchement) et la reprise du boulot sont autant de faits qui peuvent porter atteinte à la production massive du lait maternel.

Une bonne alimentation facilite l’allaitement maternel
Brigitte est mère de jumeaux. Elle affirme avoir respecté l’Ame pour ses enfants. « Mes enfants ont 9 mois, et depuis l’accouchement, je les nourris au sein uniquement. Je prends de la bouillie de farine de maïs fermentée (Gbahoungba en langue locale) et de la pâte de maïs régulièrement. La sauce d’épinard (Amanvivè en langue locale) est ma sauce favorite. Tout ceci facilite la production du lait », a-t-elle confié.
D’après la nutritionniste Loristia Kpadonou du Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoucou Maga (Cnhu-Hkm), il arrive qu’une femme allaitante soit en panne sèche déjà aux premières heures qui suivent l’accouchement ou plus tard. Elle doit prendre au moins trois repas par jour (petit déjeuner, déjeuner et dîner), une collation dans l’après-midi, et toujours avoir une bouteille d’eau à disposition, a-t-elle conseillé. « Nombreux sont les facteurs qui influencent notre alimentation. Il s’agit de nos envies et des besoins personnels, notre état de santé, l’environnement social, l’offre du moment, etc. Les recommandations du guide alimentaire béninois garantissent un apport journalier suffisant en énergie et en éléments nutritifs pour le bon fonctionnement de l’organisme. La particularité de l’alimentation de la nourrice réside dans le fait qu’elle doit consommer certains aliments dans des proportions supérieures à d’autres », a-t-elle expliqué. Loristia Kpadonou va plus loin en conseillant aux nourrices certaines attitudes alimentaires telles que la consommation d’une suffisante quantité d’eau pour maintenir l’équilibre hydrostatique. Elle demande également de privilégier les aliments à base de céréales complètes (maïs fermenté, bouillie de mil, pain de blé complet), les tubercules (manioc, patate douce, igname), car ces aliments fournissent beaucoup d’énergie et facilitent la production lactée. Aussi, suggère-t-elle de consommer beaucoup de légumes, légumineuses, fruits, oléagineux, car ils sont riches en fibres alimentaires et favorisent la digestion et la disponibilité des nutriments. « … les nourrices peuvent aussi consommer les aliments sources de protéines (poissons, viandes, produits laitiers, œufs) pour la bonne croissance du nourrisson, manger à satiété et beaucoup se reposer. Elles doivent éviter le stress, les aliments à base de céréales raffinées (riz parfumé, etc.) car contenant beaucoup d’additifs qui pourraient être nuisibles au nourrisson et moins d’éléments nutritifs. Aussi, doivent-elles éviter de fumer, de prendre les boissons alcoolisées, énergétiques et contenant de la caféine, certains médicaments (les décongestionnants, les antihistaminiques, certains contraceptifs oraux) et les régimes », a-t-elle conseillé. En suivant ces conseils, poursuit-elle, la femme qui allaite ne devrait pas avoir de difficultés à produire du lait. Pour entretenir cette production, elle doit bien allaiter son bébé en veillant à adopter les bonnes positions et autant de fois que le bébé en demande parce que la tétée entretient la sécrétion lactée. Mais, si le problème d’absence de lait persiste, elle doit consulter un médecin pour des examens approfondis, a-t-elle recommandé.

Les besoins nutritifs de la nourrice sont différents de ceux de la femme non allaitante
Selon Mira Tévi, nutritionniste à la clinique les Mélodies de Godomey, pour avoir une bonne production lactée, il est important pour la nourrice d’avoir une alimentation saine, varier ses aliments et s’assurer d’équilibrer chaque repas. Les collations doivent être des encas nutritifs (fruits, muffins, etc.). Le besoin énergétique de la nourrice n’étant pas le même que celui de la femme non allaitante, il revient donc à la nourrice d’adapter son alimentation à sa condition pour favoriser une bonne montée laiteuse.
Le lait maternel constitue le premier aliment du nouveau-né. Il est recommandé par l’Oms durant les six (06) premiers mois de vie du bébé. Il contient dans les proportions adéquates les nutriments et anticorps nécessaires au développement, à la croissance et au renforcement du système immunitaire du nouveau-né. Chaque nourrice doit donc faire l’effort de respecter les règles alimentaires pour une bonne production de lait. Ainsi, son bébé sera à l’abri des maladies, et cela contribuera à la réduction de la morbidité et de la mortalité infantile.
Yasmine DA MATHA(Coll)
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