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Libérez la parole !
Publié le jeudi 22 decembre 2016  |  Fraternité
Fermeture
© aCotonou.com par DR
Fermeture des organes de presse au Bénin




Le 20 décembre dernier, la radio Soleil fm soufflait sa 3ème bougie. Un anniversaire au goût amer que le personnel n’oubliera pas de sitôt. Trois semaines avant, le 29 novembre précisément, du haut de son piédestal, il a plu au président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) de suspendre les émissions de ce média pour violation de la convention qui le lie à son institution. Dans la foulée, Adam Boni Tessi a étendu sa décision à plusieurs autres médias. E télé, Eden Tv, Sikka Tv, la Béninoise Tv, Unafrica Tv, la chrétienne Tv n’émettent plus depuis cette date qui restera funeste dans les annales de la presse béninoise. Ces mesures conservatoires étaient justifiées par une urgence que le président de la Haac a apprécié tout seul, se fondant sur ses prérogatives.
Et depuis trois semaines, tous ces médias, 7 au total, sont abonnés au silence. Des journalistes, animateurs, techniciens et le personnel administratif et de soutien sont contraints de rester chez eux à se tourner les pouces, le cœur gros. Plus qu’un métier, le journalisme est une passion, un sacerdoce. Lorsque par la volonté d’un seul homme, le professionnel des médias se trouve obligé d’abandonner sa plume, son micro et sa caméra pour humer l’air, il vit des bouleversements intérieurs que ne peuvent décrire des mots. Pionnier de la démocratie en Afrique francophone, le Bénin s’est malheureusement illustré, d’un seul coup, en cette fin d’année, dans la fermeture de plusieurs espaces de liberté, qui plus est, au nom de la loi, sans qu’il y ait fondamentalement péril en la demeure. Depuis, l’opinion attend impatiemment que le collège des conseillers de la Haac, qui a le pouvoir de redonner vie à ces médias se prononce.
Dès l’annonce de ces mesures dites conservatoires, il y eut un tollé dans le rang des professionnels des médias. Les associations professionnelles notamment se sont insurgées contre la décision. Elles ont même sorti des muscles pour appeler à un rétablissement de la situation dans les meilleurs délais. Pour exprimer leur désapprobation, l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) et le Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa), par le biais d’un communiqué conjoint, avaient exigé du président de la Haac, le retrait de sa décision avant la tenue de la 8ème conférence du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (Riarc) qui devait démarrer le 6 décembre dernier. Aussi curieux que cela puisse paraître, ce sont les mêmes associations qui sont revenues sur leur décision et non le président de la Haac. Et la Conférence en question connut un succès médiatique.
Dans un pays qui se dit référence de la liberté de presse en Afrique, une situation aussi malencontreuse que celle-là ne devrait pas exister. Le comble, c’est la Haac qui garantit et protège la liberté de presse qui réduit gaillardement 7 médias au silence. La plénière des conseillers de l’institution devant statuer sur le sort des desdits médias était annoncée pour la semaine du 12 décembre. Aucune information n’a fusé de cette rencontre, si elle a eu lieu. Pendant ce temps, les animateurs des organes de presse concernés sont rongés par la colère, la révolte, l’impuissance et le désarroi. Les auditeurs et téléspectateurs abonnés aux programmes de ces médias sont aussi punis et ne savent plus à quel saint se vouer. Cela fait trois semaines que ça dure. Il ne tient qu’à la Haac que tout cela relève du passé. Préserver la liberté en faisant respecter la loi et non supprimer la liberté de presse pour faire respecter les textes, telle est sa mission.
Moïse DOSSOUMOU
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