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Célébration du 27 anniversaire de la Conférence des forces vives de la nation : Les Fcbe compatissent à la misère du peuple sous Talon
Publié le mercredi 1 mars 2017  |  Matin libre
Eugène
© Autre presse par DR
Eugène Azatassou, Coordonateur FCBE




Le Bénin va à vau l’eau. A moins d’un an de gestion du pouvoir par le régime de Patrice Talon, tous les secteurs semblent être plombés. Les acquis démocratique, social, et politique de la conférence nationale sont jetés aux orties. Au regard de ce tableau on ne peut plus sombre de la réalité sociale du Bénin d'aujourd'hui, il est loisible d'affirmer sans se tromper que, les populations ont en face d'elles, le pouvoir le plus méprisant, le plus brutal, et le plus liberticide connu depuis la Conférence des forces vives de la Nation de février 1990. Tous les gouvernants sérieux dans le monde élaborent des politiques pour s'attaquer à la pauvreté. Celui de notre pays préfère s'attaquer aux pauvres. C’est la substance de la déclaration de presse faite hier mardi 28 février 2017, par la Coordination nationale des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), au siège de l'alliance à Kouhounou. Ceci, dans le cadre de la commémoration du 27 anniversaire de la Conférence nationale des forces vives de la nation du 28 février 1990. C’était pour les Fcbe, l’occasion d’exprimer leur compassion au peuple à qui le pouvoir actuel s'emploierait à infliger au quotidien que blessures et humiliation. L’appel sera lancé à tous les démocrates pour une vigilance de tous les instants, notamment avec le projet de révision de la constitution. Lire ci-dessous l’intégralité de la déclaration.

COMMEMORATION DU 27ème ANNIVERSAIRE DE LA CONFERENCE DES FORCES VIVES DE LA NATION
DECLARATION DE LA COORDINATION NATIONALE DE L’ALLIANCE FORCES CAURIS POUR
UN BENIN EMERGENT (FCBE)
COTONOU, LE 28/02/2017

Béninoises et Béninois,
Chers compatriotes,

Le 28 février 1990, a pris fin au Bénin, la Conférence des Forces Vives de la Nation. C’était la clôture d’une période de concentration extrême pour tout un peuple. Le génie béninois s’était alors révélé à l’Afrique et au monde par ces assises historiques. Pendant ces quelques jours, la pensée unique a été enterrée et le renouveau démocratique a ouvert la voie à un nouveau modèle de développement basé sur la démocratie pluraliste et le libéralisme économique. Cela a conduit à l’instauration d’un état de droit assorti de la liberté d’association, d’expression, de religion et le pluralisme politique. Il faut signaler que ces résultats ont été obtenus au prix d’importants sacrifices consentis par notre vaillant peuple et surtout par sa jeunesse. C’est le lieu de rendre hommage à ces braves hommes et femmes et à ces martyrs qui ont inscrit leurs noms dans la lignée de nos héros nationaux.

Les gouvernements qui se sont succédé depuis 1990 se sont employés à préserver cette orientation globale et surtout ces acquis, facteurs de paix, de stabilité politique, de développement, de cohésion et de justice sociale. Mais, depuis le 06 avril 2016, la tendance est plutôt inquiétante. On note les manifestations d’un capitalisme inhumain et de conflit d’intérêt au sommet de l’Etat avec tous ses corollaires que sont le mépris pour les couches les plus pauvres pressurées à souhait, le refus de toute contradiction et la répression de tout mouvement de protestation.

Au plan économique, la politique de concentration des ressources de la Nation dans les mains d’un clan se poursuit. Cela se traduit par des dépenses publiques et des décaissements en violation des procédures légales et réglementaires, l’attribution des marchés avec la prédilection pour le gré à gré en faveur des proches du pouvoir et les emprunts massifs inconsidérés sur le marché financier, toute chose qui aggrave la mauvaise gouvernance et la corruption.

Le mouvement étudiant a servi de ballon d’essai pour museler les forces politiques, les tétaniser et asseoir progressivement la dictature. La répression sur ce mouvement a été très rude : Suspension des organisations faîtières, Exclusion et interdiction de présence à l’université pour les responsables, dispersion d’une conférence de presse hors du campus universitaire etc. Le fait le plus révélateur de l’intention du pouvoir est la volonté de mettre en place, par décret présidentiel, une organisation à sa dévotion pour embrigader les étudiants. N’est-ce pas un retour à la « coopérative universitaire » de triste mémoire d’avant 1990 ? Un des arguments développés pour ces actions sur les organisations d’étudiants est qu’elles sont trop nombreuses et ne s’entendent pas. Cela n’est-il pas valable pour les syndicats et les partis politiques ? Déjà les actions contre la presse, la volonté manifeste du pouvoir de politiser la justice et l’administration corroborent cette intention d’un pouvoir débridé dans son ensemble. Cette situation exige de la part des démocrates une vigilance de tous les instants.

Sur le plan social, la misère induite par les choix politiques et économiques de la Rupture est réelle : suppression des milliers d’emplois, déguerpissement des petits producteurs des espaces publics sans la moindre préparation ni mesures d’accompagnement etc. Tous les gouvernants sérieux dans le monde élaborent des politiques pours’attaquer à la pauvreté, celui de notre pays préfère s’attaquer aux pauvres.

Je voudrais, à ce stade de mon propos, dire au peuple béninois toute la compassion de l’Alliance FCBE. En effet, le pouvoir actuel s’emploie à ne lui infliger au quotidien que des blessures et de l’humiliation. Nous constatons avec beaucoup d’amertume et de tristesse que les appréhensions et inquiétudes exprimées lors de notre quatrième Conseil National tenu le 03 décembre 2016, n’ont cessé malheureusement d’être confirmées par les actes et décisions du pouvoir du Nouveau Départ, alias Rupture devenu celui du Bénin Révélé.

Au regard de ce tableau on ne peut plus sombre de la réalité sociale du Bénin d’aujourd’hui, il est loisible d’affirmer sans se tromper que les populations ont en face d’elles, le pouvoir le plus méprisant, le plus brutal et le plus liberticide connu depuis la Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990. Il s’ensuit que tous les acquis démocratiques, sociaux et politiques sont sans hésitation brutalement jetés aux orties.

Peuple béninois, la dictature est désormais à nos portes. Personne ne peut plus se dérober. L’équation est simple, il s’agit de renouer avec la démocratie chèrement acquise ou de retomber dans l’arbitraire d’avant la Conférence nationale. Il n’est plus possible d’esquiver. Chaque béninoise, chaque béninois, chaque parti politique, toute organisation de la société civile se doit de choisir de combattre pour restaurer la démocratie ou de collaborer et contribuer au déclin de la Nation béninoise.

La remise en cause continue des acquis de la Conférence nationale est particulièrement inquiétante. Or, c’est la Constitution de décembre 1990 qui a codifié les décisions de février 1990. Si l’on ne prend pas garde, le nouveau texte de la constitution en cours de révision, risque de colporter les nouvelles normes anti démocratiques que le pouvoir actuel tente d’imposer au peuple. L’Alliance FCBE en appelle à la vigilance du peuple et des Députés pour que le nouveau texte soit largement débattu. Par ailleurs, nous rappelons que si les fondamentaux de la constitution actuelle devraient être touchés, il faudra nécessairement mettre en place une assemblée constituante suivie d’un référendum. Elle pourrait alors examiner l’ensemble des réformes prenant en compte des défis nouveaux notamment politiques, économiques, environnementaux et sociaux pour l’épanouissement de notre peuple, la modernisation du Bénin pour en faire une grande nation digne de notre histoire, des traditions de lutte de notre peuple et de son génie.

Vive la démocratie !
Vive le Bénin !
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