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Bernadin Hèdihon sur ‘’Président d’un Jour’’ : «Au Bénin, on ne devrait pas se plaindre»
Publié le jeudi 2 mars 2017  |  Matin libre




Pour ce numéro de notre balade dans l’univers du verbatim, nous sommes au Collège d’enseignement général (Ceg) ‘’Le Méridien’’. Oui, nous sommes à Cococodji où nous accueille, le président Bernadin Hèdihon. Merci de prendre le rendez-vous de votre Rubrique ‘’Président d’un Jour’’. Prenez-y toujours du plaisir !

Matin Libre : Elève en classe de terminale D, il a 20 ans. Son regretté père Gabriel Hèdihon, polygame, était chauffeur. Répondant au nom de Célestine Tavy, sa mère, est revendeuse de pain. Bernadin Hèdihon est issu d’une famille de 9 enfants. Cette présentation vous satisfait-elle ? Avions-nous oublié un aspect qui vous semble important ?

Le président Bernadin Hèdihon : Oui. Je précise que je suis en terminale D3

Merci. J’ai envie de vous titiller un peu dès l’entame de cette interview monsieur le président. Conseilleriez-vous la polygamie à la jeunesse de votre pays ?

Rire…Sur ce sujet de la polygamie, mon avis est partagé. D’une part, je ne suis pas pour la polygamie. Puisque ça ne permet pas à celui qui est polygame de bien suivre par exemple, l’éducation de tous ses enfants. Il crie un peu partout, il a des enfants un peu partout. Cela ne lui permet pas d’avoir les yeux fixés sur tous ses enfants et d’avoir un suivi strict pour ceux-là. Cela crée aussi des mécontentements des conflits entre les enfants. Lorsqu’il va mourir par exemple, il y aura toutes sortes de bagarres. Maintenant, je peux être pour puisque ça permet aussi l’évolution ou la propagation de la famille. A l’endroit de la jeunesse, particulièrement moi, je n’aimerais pas être polygame puisque vraiment ça a beaucoup de conséquences et j’invite la jeunesse à pratiquer la monogamie puisque d’abord bibliquement, Dieu a dit un homme et une seule femme.

Ah ! Il me plaît du coup, de vous demander la place de la spiritualité dans le développement d’un pays

Avant tout, Dieu c’est Dieu. C’est lui qui protège notre pays. La spiritualité, je pense, doit être le partage principalement du président et de son gouvernement. Ils doivent être dans le même esprit. Ils doivent être matures spirituellement. Le Bénin ne peut pas se développer en reniant sa culture. Le vodoun c’est une pratique ancestrale. On ne peut pas dire qu’on va bannir le Vodoun puisque le blanc est attiré par ça, mais il faut une modernisation. Voilà encore un atout pour que le Bénin se développe. Plusieurs facteurs expliquent la pauvreté au Bénin. Puisque, il n’y a rien sans rien comme on le dit et je constate que notre pauvreté est vraiment profonde. Il y a la misère un peu partout, il y a la mévente. Il y a aussi la mauvaise gestion des ressources qui fait que nous sommes vraiment plongés dans cette pauvreté. Il faut une bonne gestion des ressources. Par exemple, ce qu’ils sont en train de faire pour la lutte contre la prise des médicaments de la rue, puisque tout le monde n’a pas les moyens de se rendre à la pharmacie, cela peut créer beaucoup de choses. Donc, il faut savoir faire les choses. A mon avis, il fallait au moins construire les pharmacies un peu partout. Par exemple, A Azounkpa là-bas, il y a une seule pharmacie dans la zone. Tous ceux-là ne peuvent pas venir ici pour pouvoir s’en procurer. Donc, il faut bien gérer les choses, construire les choses, bien gérer les ressources. Moi, je ne suis pas content. Je n’apprécie pas du tout du tout dans la mesure où, il faut suffisamment avertir la population avant de commencer par prendre les médicaments. On pouvait faire les choses autrement.

Mais ces médicaments ont toujours été décriés

Oui, je suis entièrement d’accord. Vous savez, au Bénin, nous sommes un peu têtus et il faut sensibiliser, sensibiliser d’abord. J’ai entendu des rumeurs, les femmes criaient hier à la radio, elles pleuraient, ça m’a touché. Puisque c’est leur activité quotidienne. C’est avec ça elles se débrouillent pour pouvoir trouver à manger. On les coupe ça spontanément mais imaginez un peu !Le gouvernement a peut-être raison mais c’est la procédure-là que je déplore.

Donc vous n’aviez pas aimé le déguerpissement des espaces publics ?

J’étais content. Mais vous savez, ça touche, ça fait mal. Le déguerpissement a des avantages et aussi des conséquences. Ça pourrait par exemple diminuer les accidents. Cela peut favoriser le tourisme. Avec les espaces libérés, le gouvernement peut créer des sites touristiques, des hôtels. Tout ça là va accroître les recettes du pays. Nous n’avons pas assez de sites touristiques et ceux que nous avons ne sont pas développés. Il y a aussi la mauvaise gestion, il y a l’égocentrisme. Quand on envoie de l’argent pour pouvoir construire beaucoup de sites les dirigeants dilapident. Alors que les blancs eux, ils aiment le chic,là où il y a le luxe. Depuis notre indépendance, notre gestion est toujours…ça ne va pas. Disons-nous la vérité, ça ne va pas dans le pays. Ce n’est pas le fait de changer de président qui pose le problème puisque chacun vient avec sa méthode de gestion avec un gouvernement donné et son gouvernement gère à sa manière aussi. La gestion au Bénin, ce n’est pas encore du tout ça. Il y a des ressources qui ne sont pas exploitées. Nous prenons l’exemple du coton par exemple. Le coton que nous-mêmes nous cultivons ici au Bénin. Mais en réalité qu’est-ce qu’on en fait ? rien que des pertes. Or les blancs viennent chez nous, ils viennent chercher le coton en réalité, ils vont fabriquer des pagnes et ils nous vendent ça encore très cher. Comment pouvons-nous parler alors de bonne gestion ?La gestion, elle est très mauvaise et pour y remédier, je souhaiterais qu’on pense aux secteurs vitaux de notre économie. Par exemple, l’agriculture, l’industrie, et le commerce. Si on gère bien et convenablement nos ressources naturelles, je pense qu’on peut parler d’une certaine amélioration de la gestion au Bénin. Vous savez, dans le secteur tertiaire quand je prends le commerce, il y a le développement de l’informel-là qui pose beaucoup de problèmes. Par exemple le port, il faut que les échanges soient facilités. Nous sommes à côté d’un grand géant de l’Afrique de l’Ouest, le Nigéria. Il faut que les échanges soient facilités.Dans le domaine de l’industrie par exemple, nous sommes dépendants en matière d’énergie. Il y a des coupures un peu partout donc il faut que nous-mêmes nous créons des barrages hydroélectriques. Les barrages hydroélectriques ce sont des alternateurs qui peuvent produire de l’énergie à partir donc de l’eau. C’est un peu mécanique.

De quoi souffre le Bénin à la fin? Parce qu’à vous écouter on a tout pour être développé.

Au Bénin on ne devrait pas se plaindre normalement mais c’est la gestion. La gestion ne va pas. Nous ne gérons pas convenablement ce que nous avons. Il y a des gens qui ne doivent pas être à des postes mais voilà. Or, les compétents sont à la maison en train de chercher de boulot. Vraiment c’est ça qui arrière le développement.

Nous allons nous détendre un peu. Monsieur le président, est-ce que le commerce de pain permet à une femme, une veuve, de subvenir aux besoins de ses enfants ?

Non ça dépend du nombre d’enfants que cette personne a. Ça dépend aussi des conditions dans lesquelles la personne se trouve. Aujourd’hui, bon, en ce qui concerne la boulangerie, on peut dire qu’il y a un peu la mévente puisque, il y a une réduction totale de prix qui est maintenant à 100F Cfa.D’autres vendent ça maintenant à 105F Cfa. Donc, en ce qui concerne le pain, je pense que ça ne donne pas grand-chose. A défaut de rien faire, il faut s’y mettre et faire quelque chose.

Et vous, avez-vous envie de devenir boulanger ?

Rires…non !Je n’ai pas envie de devenir boulanger parce que je n’aime pas. C’est tout. Enfin, s’il y avait suffisamment de l’argent dedans. Rire…

Que nous réserve l’avenir avec vous ?

Vous savez, je ne vais pas faire la propagande ici. La critique est aisée l’art est difficile. Mais je promets au moins d’attaquer les trois secteurs vitaux. Je pense qu’avec une bonne gestion dans ces trois secteurs, le Bénin peut se développer. Les autres présidents ont tenté pour eux ça n’a pas donné. On espère avec moi que ça donnera.
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