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Instauration du mandat unique: Talon, la victime consentante
Publié le vendredi 17 mars 2017  |  Le Matinal
Cérémonie
© aCotonou.com par Didier Kpassassi et Didier Assogba
Cérémonie d`ouverture du Caucus africain 2016 à Cotonou
Jeudi 04 Aout 2016. Palais des Congrès de Cotonou. Réunions des directeurs des deux institutions de Breton Woods, des ministres des finances, de l`économie du développement et des gouverneurs des banques centrales des 54 pays d`Afrique. Photo: Le président Patrice Talon




Le projet de révision adopté par le Conseil des ministres comporte une réforme de taille. Le mandat unique pour tout aspirant à la magistrature suprême au Bénin. A ce sujet, les conjectures vont bon train sur l’objectif prêté au pouvoir, de vouloir écarter un éventuel adversaire, ancien président de la République.
A l’analyse, la disposition introduite dans le projet de révision, qui vise à empêcher un ancien président de briguer encore la magistrature suprême, ne ‘’pénalise’’ que Patrice Talon lui-même. En effet, il faut observer qu’à ce jour, sur la base des dispositions actuelles de la Constitution, les deux anciens présidents de la République encore en vie sont définitivement disqualifiés pour se présenter à nouveau. Le président Soglo est frappé par la limite d’âge de 70 ans, le président Yayi est frappé par la disposition interdisant plus de deux mandats. Ainsi, puisque la révision engagée ne vise pas à instaurer une nouvelle République, les règles ne seront pas remises à plat, et donc les dispositions qui écartent ces anciens présidents restent en vigueur.
Il apparaît alors clairement que la réforme ne fait qu’une victime, Patrice Talon lui-même. Et c’est ce qui prouve une fois encore sa grandeur, et confirme sa volonté de se positionner comme un bâtisseur.
En réalité, comme il l’a expliqué avec réalisme lors de son célèbre entretien avec les médias et la société civile, le président en exercice a la possibilité et tous les moyens pour contrôler les différentes entités du pays, les différentes institutions, afin de se maintenir au pouvoir pour un second mandat. C’est dire que s’il voulait jouer sur le terrain de la perversion politique, le président Talon pourrait très bien se donner les moyens de faire un deuxième mandat. Et, le connaissant compétiteur né, on doute qu’un adversaire puisse faire le poids devant lui. La solution la plus facile pour Talon aurait donc été de renoncer à sa promesse de mandat unique. Et ce ne sont pas les arguments politiques qui manqueraient à ses soutiens pour justifier et soutenir un tel changement de cap.
Pourtant, l’homme entend rester fidèle à lui-même, fidèle à ses engagements de campagne. Quelle noblesse !
En mettant cette disposition qui empêche tout ancien chef de l’Etat de vouloir bénéficier des nouvelles dispositions de la Constitution, c’est donc pour donner le bon exemple que Talon s’exclut. C’est lui le seul exclu. Il signe, ce faisant, un acte de cohérence, de fidélité à la parole donnée, mais surtout de respect pour le peuple. C’est cela un homme politique, un bâtisseur. Tout autre, politicien, aurait choisi la facilité. Il rassure ses compatriotes qu’il ne reniera pas sa parole. C’est la marque des grands dirigeants.
Talon veut donc inscrire notre pays sur la liste des grandes démocraties.
Nous avons en mémoire que, généralement, après avoir élu nos présidents dans la ferveur, nous en avons été déçus à la fin, surtout quand ils ont fait deux mandats.
Ce fut le cas avec le président Kérékou qui, en 2006, a cédé la place à Boni Yayi. Ce dernier était devenu si impopulaire et indésirable qu’une bonne partie de son mandat a plongé le pays dans une crise sociopolitique majeure. Et pourtant, en 2011, contre toute attente, il a réussi à s’imposer. Les récriminations des uns et des autres n’y ont rien fait. En regardant donc la question sans passion, on doit à la vérité de reconnaître que c’est une réforme très pertinente et nécessaire.

Abdourhamane Touré

Les vertus de la révision proposée par Talon
1- le Président Patrice Talon invite son Peuple à marquer la rupture avec certaines choses qui ne sont pas bien:
– le culte de la personnalité,
– l’hyper-puissance du Président de la République,
– le déséquilibre outrancier des pouvoirs,
– la politisation de l’Administration,
– le bafouement des valeurs endogènes néfastes
2- Et, il incite le Bénin à nouer la vie publique avec:
– le mandat unique;
– la promotion de la femme;
– l’indépendance de la magistrature qu’il libère des influences négatives de l’Exécutif,
– la suppression des institutions budgétivores;
– l’instauration du système d’élections générales;
– la limitation de la politisation outrancière de l’Administration;
– l’instauration d’une justice financière organisée;
– le renforcement de la sécurité intérieure;
– la simplification de la poursuite des hautes personnalités de l’Etat pour les actes commis dans l’exercice de leurs fonctions;
En un mot, le Président Patrice Talon n’est pas hanté par l’idée qui habitait généralement certains dirigeants à s’accrocher au pouvoir.
Pendant qu’il institue un mandat unique de 6 ans non renouvelable, il maintient son mandat à lui à ce que le Peuple Béninois lui a donné: les 5 ans.

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