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Fratricide (33e dossier): Clément Oloroungbédji condamné à 6 ans de travaux forcés mais libre

Publié le jeudi 23 aout 2018  |  La Nation
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© Autre presse par DR
Le palais de justice Béninois
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L’examen de la trente-troisième affaire de la session supplémentaire de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou en examen, mardi 21 août dernier, s’est soldé par la condamnation de Clément Oloroungbédji à 6 ans de travaux forcés pour le meurtre commis sur son propre frère. Ayant déjà passé plus de six ans en détention préventive, il est désormais libre suite au prononcé du verdict.

Six ans de travaux forcés, c’est le verdict rendu, ce mardi 21 août, jour de la Tabaski, lors de l’examen du trente-troisième dossier par la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou. Pour avoir tué son propre frère, Boniface Oloroungbédji à Igbo-Iroko, Clément

Oloroungbédji écope de 6 ans de travaux forcés. Mais comme il a vécu plus de six ans en détention préventive, il retourne chez lui.
A la barre ce mardi, Clément Oloroungbédji a reconnu les faits mais n’a pas pu expliquer le mobile de son acte. Car, explique-t-il, ils se sont disputés mais il ne voulait pas tuer son frère.
Il s’est révélé que l’intéressé fait usage de chanvre indien et d’alcool. Rentré dans sa chambre, il s’est saisi d’un fusil de traite et a tiré dans l’abdomen de son frère qui en est décédé.
Le ministère public pense que l’homme est fait pour vivre en famille. La qualité de la vie, développe-t-il, dépend de la qualité des relations en famille. Chaque membre de la famille sait qu’il pourra bénéficier de l’aide de l’autre quand il sera dans le besoin. Cependant, nuance le ministère public, certaines familles sont ennuyeuses et froides. Avec des menaces pour la sécurité, de sorte que la criminalité de sang est repliée sur la famille, ajoute-t-il.
Clément et Boniface, atteste-t-il, sont des frères germains qui menaient une vie mouvementée et souvent semée de disputes. L’incident, déplore le ministère public, est survenu le 6 avril 2012. Ces faits, selon lui, tombent sous le coup des articles 295 et 304 alinéa 3 du Code pénal. En ce qui concerne l’élément matériel, le ministère public évoque la destruction de la vie d’un homme par un acte d’homicide, un homme qui était vivant avant que Clément ne décharge un fusil de chasse sur lui, ajoute-t-il. L’élément matériel, développe-t-il, est caractérisé par le lien entre l’acte et le résultat qui en est issu.
Le meurtre, poursuit l’avocat général, est une infraction intentionnelle ; l’adverbe volontairement illustre l’intention criminelle de l’auteur dans la mesure où l’accusé a reconnu le caractère dangereux de l’acte qu’il a commis, de l’arme utilisée et de la partie visée. Une infraction qui est punie par les travaux forcés à perpétuité. L’intention de donner la mort est établie. L’accusé, selon l’avocat général, mérite une juste et pédagogique application de la loi. Il met à la charge de l’accusé sa volonté d’en découdre avec tous ceux qui auraient participé à son arrestation. Une sanction exemplaire, insiste-t-il, avant de préciser : une condamnation à des travaux forcés à perpétuité.

Réserve

Des réquisitions que le bâtonnier, Me Yvon Détchénou, accueille avec réserves. Pour lui, le ministère public pense que tout est acquis et retient qu’il faut envoyer vivre en prison à perpétuité. Les rivalités humaines existent et on peut les comprendre : la cupidité, la jalousie et l’envie, pour ne citer que celles-là. Il est également des circonstances dans lesquelles il y a des drames issus de rivalités, fait observer la défense qui y voit des malheurs. C’est le sort que la vie lui a réservé, développe la défense, le sort de porter la marque de donner la mort à son frère. Ce qu’on cherche dans la loi, appuie la défense, n’est pas de remplir les prisons. Sa croix a commencé le jour où il a pris le fusil pour tirer sur son frère, ajoute Me Yvon Détchénou, qui retient que rien ne les opposait. La défense n’aurait pas voulu que la cour rende une justice aveugle, mais humaine, qui a du cœur. Car, l’intention spécifique de donner la mort n’est pas établie et est discutable pour ne pas dire équivoque.
Des répliques et contre-répliques ont tendu à confirmer les positions du ministère public et du conseil de l’accusé.
La cour se retire et dans ses délibérations déclare Clément Oloroungbédji coupable du crime d’homicide volontaire et le condamne à 6 ans de travaux forcés. L’intéressé est désormais libre pour avoir déjà passé plus de 6 ans en détention préventive.
Les faits

Le vendredi 6 avril 2012, dans l’après-midi à Igbo-Iroko (commune d’Adja-Ouèrè), les frères Clément et Boniface
Oloroungbédji se sont disputés sur la cour de la maison familiale. Subitement, Clément Oloroungbédji s’est introduit dans sa case où il s’est emparé d’un fusil de traite, puis a tiré à bout portant dans le ventre de Boniface Oloroungbédji. Ce dernier est mort en cours de route lors de son transport à l’hôpital.
Interpellé et inculpé de meurtre, Clément Oloroungbédji a reconnu les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur?
Composition de la cour

Président : Eliane Noutaïs-Ghézo
Assesseurs : Zacharie Dah Sèkpo
Hubert M. Kodjo
Jurés : Pierre Magloire
Nagnonhou
Marie-Marguerite B.
Nouhoumon
Mariette Ahouansou
Makia Michel Lètchécon

Ministère public : Virgile
Kpomalégni
Greffier : Toussaint Kilanyossi.

Didier Pascal DOGUE
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