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CHUD-Borgou-Alibori : Les agents reversés de 2008 sans salaires depuis deux ans

Publié le jeudi 20 septembre 2018  |  Matin libre
Benjamin
© aCotonou.com par DR
Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé
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Il se joue un drame au Centre hospitalier et universitaire départemental du Borgou de Parakou. En plus des conditions de travail qui laissent à désirer, il faut ajouter la démotivation du personnel soignant. En effet, les agents reversés en contractuels d’Etat en 2008, sont sans salaires et autres accessoires de salaires depuis deux ans. Ces agents dans lesquels on retrouve des infirmiers et des médecins vivent le martyr malgré la disponibilité de leur contrat de travail et de leur numéro matricule depuis 2016.Des pères et mères de famille qui se retrouvent à travailler depuis deux années sans salaire.

Les nombreuses démarches tant à l’endroit de l’administration du CHUD, du ministère de la santé, du ministère du travail et du ministre des finances n’ont pas permis de trouver une solution à cette situation préjudiciable aux usagers de ce centre hospitalier.

Outre la situation chaotique des agents reversés de 2008, le CHUD est rongé par d’autres problèmes qui n’épargnent aucun service. Le manque de personnel au niveau de tous les services du centre, notamment les aides-soignants et les infirmiers, le non-paiement des indemnités de carburant et de sujétion depuis douze mois, le rappel des primes de risque dus aux agents contractuels du centre, la carte valeur au titre du deuxième semestre 2018, le non-paiement des primes de rendement des agents contractuels du CHUD moitié 2016, tiers 2017 et premier semestre 2018.

Au niveau de la pharmacie, par exemple, depuis plusieurs mois, plus de 98% des médicaments prescrits aux patients sont achetés dans les pharmacies de la ville. La pharmacie est dans une rupture de stock très critique de nombreux médicaments et de consommables médicaux de base, paracétamol, alcool, gants et coton.

Manque de pèse-personne et de tensiomètre au niveau du service de la pédiatrie. Ce qui est préjudiciable à une prise en charge efficiente des patients de ce service très sensible.

Le parc automobile du CHUD est désert. Ce sont les sapeurs-pompiers qui joue le rôle du SAMU parce que le véhicule est abandonné dans la cour de l’hôpital avec un pneu enlevé depuis plusieurs mois, il en est de même pour le véhicule pick-up noir du centre, du véhicule ambulance don de MTN et du véhicule don de l’Inde qui sont abandonnés dans différents garages de la ville depuis plusieurs mois, or le centre en a énormément besoin.

L’Etat, le véritable bourreau du Chud Parakou

Le comble dans la situation du CHUD est que la sécurité et la santé au travail sont sérieusement menacées dans un contexte de non-paiement des primes de risque. Et pour cause, l’hôpital est dans un état d’insalubrité notoire avec des hautes herbes. Le personnel en charge de l’entretien du centre manque de houes, brouettes, de balais, savon, serpillières. Il y a des douches et latrines non fonctionnelles depuis des mois contraignant des parturientes et des gardes malades à déféquer en plein air dans la cour de l’hôpital et l’incinération des déchets biomédicaux avec un incinérateur vétuste sans cheminée qui déverse à basse altitude en pleine journée une fumée aux odeurs toxiques. A tout cela, il faut ajouter une mauvaise gestion des ressources humaines et financières de l’hôpital. La démotivation est au top.

S’il est vrai que le pouvoir central a fait beaucoup en termes d’équipement pour le CHUD en juillet 2018, il n’en demeure pas moins vrai que c’est encore l’Etat qui est à la base des problèmes du centre. On peut dire qu’il est le véritable bourreau du CHUD. Car, l’Etat doit plusieurs centaines de millions de francs des frais liés au traitement gratuit du paludisme des enfants de moins de 5 ans et de la césarienne gratuite au centre dont il assujetti le paiement à un audit à faire. Mieux, l’Etat refuse de décaisser 70 millions depuis plusieurs mois pour la réception de nouveaux bâtiments pour permettre au centre de sortir de la situation d’exiguïté dans laquelle il est empêtré actuellement et qui amène des agents de recouvrement de la pédiatrie et aides-soignants des urgences à passer les nuits de garde dans le couloir.

Pour la réussite des réformes entreprises par la Rupture dans le secteur, les problèmes du CHUD-Borgou/Alibori sont un préalable à régler avec la plus grande célérité, notamment le problème des agents reversés de 2008. Il y va d’une meilleure prise en charge des usagers de ce centre et de l’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel.

Albérique HOUNDJO (Br/Borgou-Alibori)
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