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Mouvance présidentielle : Ça dégaine contre Talon

Publié le vendredi 21 septembre 2018  |  Matin libre
Patrice
© aCotonou.com par DR
Patrice Talon, président du Bénin et Adrien Houngbedji, président de l`Assemblée Nationale du Bénin
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Houdé donne le top, Houngbédji suit)

Au sein du Bloc de la majorité présidentielle (Bmp) la tension monte. Hier au Palais des gouverneurs, des langues se sont déliées à l’occasion du vote du budget 2019 de l’Assemblée nationale.

Membre du Bloc de la majorité présidentielle, le 1er questeur de l’Assemblée nationale Valentin AditiHoudé n’a pas mâché les mots pour fustiger le comportement du pouvoir exécutif qui dicte de plus en plus sa loi au pouvoir législatif. Sous la Rupture, l’Assemblée nationale est devenue une caisse de résonnance. La démonstration en est faite hier par le 1er questeur qui ne pouvait plus garder longtemps sa langue dans sa poche. Les restrictions apportées par le ministre des finances au budget de l’Assemblée nationale exercice 2019 constituent la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Des restrictions que le ministre Romuald Wadagni aurait adressées à la Commission des finances et qui remettent en cause le travail du 1er questeur et des cadres de l’administration parlementaire. « Si ce budget que le gouvernement veut nous imposer passait, sachez que les missions sont terminées à partir d’aujourd’hui. (…) je le dis, si ça va me coûter quelque chose, que ça me coûte. (…) chaque fois que vous prenez la parole c’est pour nous dire il faut serrer la ceinture, le gouvernement n’a pas les moyens. (…) Vous êtes béninois plus que qui ? (…) On dit qu’il n’y a pas vassalisation de l’Assemblée, on assiste à quoi maintenant ? (…) Nous pouvons être de la mouvance avec beaucoup plus de dignité. (…) Moi je ne veux être le ‘’Klébé’’ de personne. (…) », a lancé Valentin AditiHoudé. Hier, il n’était d’ailleurs pas le seul à condamner cette attitude du gouvernement de la Rupture tendant à faire de la 7e législature un parlement aux ordres. EricHoundété, à son tour, exige du gouvernement le respect de l’institution parlementaire. « La démocratie de notre pays a besoin d’être protégée à travers le respect de l’Assemblée nationale. Il faut arrêter ce cinéma. (…) Notre Assemblée a coulé. Notre Assemblée a perdu la face. Le contrôle parlementaire est en chute libre », fait remarquer à son tour le 1ervice présidentEricHoundété. Même le président Adrien Houngbédji n’a pas pris outre mesure la défense du gouvernement. En fin stratège, il a coupé la poire en deux en suspendant la séance. « On va suspendre la séance. Je ne sais quel budget on va voter maintenant. Il y a le budget présenté par le questeur, il y a les observations de la commission des finances, et il y a toutes les interventions de ce matin. (…). Je vais reporter la séance », s’est exprimé Adrien Houngbédji pris entre l’enclume de ceux qui réclament le respect de l’institution dont il est le président et le diktat du chef de la majorité à laquelle il appartient.

Ainsi donc, la vassalisation du pouvoir législatif dénoncée par les députés de la minorité est reconnue même dans le camp des députés soutenant les actions du pouvoir. C’est à croire qu’ils n’en peuvent plus de répondre chaque fois aux injonctions du pouvoir. Ça pouvait passer quand il s’agit de vote de lois liberticides, d’un code électoral taillé sur mesure, de la levée d’immunités des collègues qui refusent de s’aligner, etc. Mais quand il s’agit de sevrer l’institution parlementaire, de priver les députés de certaines prérogatives, les ‘’élus du peuple’’ donnent de la voix. Peu importe les représailles.



M.M
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