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Procès Icc-services : Fagnon dit n’avoir jamais été corrompu

Publié le mercredi 16 janvier 2019  |  Fraternité
Nicaise
© Fraternité par DR
Nicaise Fagnon, initiateur de la commission parlementaire d’enquête sur la gestion du fonds Fadec
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Comme prévu pour le compte de cette 16e journée du procès Icc-services, deux personnalités ont été appelées à la barre. Nicaise Fagnon, ancien ministre des transports qui a réfuté au cours de sa déposition avoir reçu des libéralités des mains de Guy Akplogan. Ensuite, l’Agent Judiciaire du Trésor a apporté des clarifications dans la gestion de la crise Icc-services.
Monsieur Guy, vous aviez déclaré que hebdomadairement vous alliez remettre pour des raisons que vous allez une fois encore donner à la cour, une somme de cinq millions à Nicaise Fagnon. Vous allez nous redire les conditions de ces remises de libéralités.
Merci monsieur le président. Après que nous, moi Pdg de Icc-services et d’autres hommes affaires dans un consortium, étions allés voir le Chef de l’Etat. En ce temps, notre dossier concernait le ministère des transports. Après notre passage à la présidence, monsieur Fagnon m’a appelé plus d’une fois. Je devais aller déposer 5 millions Fcfa dans son bureau. Moi-même personnellement j’ai été deux ou trois fois. Les autres fois, pendant qu’il m’appelait et que je n’étais pas disponible, j’envoyais mon chauffeur Yves Amoussou. Une fois là-bas, il m’appelait pour confirmer que le chauffeur était déjà là.

Le chauffeur est-il encore en vie ?
Oui monsieur le Président

Est-ce que nous pouvons avoir son adresse ?
On peut l’avoir.

Ces fonds étaient remis de gré ou sur demande de Fagnon Nicaise ?
C’était sur demande. On m’appelait pour que j’aille déposer.

C’était pour faire quoi ?
Il m’appelait et je ne savais pas pourquoi. Puisque nous avions un dossier par rapport aux transports pour moi c’était par rapport à ce dossier-là. J’ai été, deux ou trois fois, personnellement dans son bureau pour lui remettre ça.

C’était dans une enveloppe ?
C’était dans une enveloppe.

Et vous remettez en ses mains propres ?
Oui monsieur le président.

Et il les prenait ?
Oui, il les prenait monsieur le président.
Fagnon Nicaise votre réaction ?
Monsieur le président, je suis très surpris que cela vienne de quelqu’un avec qui je n’ai aucune relation, ni de près, ni de loin. Il n’y a aucune matière qui nous lie pour que je l’appelle pour me donner l’argent. C’est faux. Je ne connais personne de ce nom. Je n’ai pas été en mesure de l’appeler pour quoi que ce soit.

Vous n’avez jamais reçu Guy Akplogan dans votre bureau ?
Monsieur le président, si j’ai bonne souvenance je n’ai pas reçu Guy mais j’ai reçu monsieur Gbélissa Wilson.

Qui est-ce ?
C’est l’enfant à une maman qui est de ma dynastie Omondjagou. C’est un jeune qui fréquentait le palais et qui vit entre Tel-Aviv et Paris. C’est lui qui un jour, au dernier trimestre de l’année 2009 ou au premier trimestre de l’année 2010 m’a dit qu’il est venu avec des israéliens et qu’il allait me proposer des sources de financement pour des projets du ministère des travaux publics. J’ai rigolé puis je lui ai dit que de ma position, je n’en ai pas besoin. Il a demandé de lui permettre de me rencontrer quand même. Ce jour-là, il m’a présenté trois blancs et lui. Je lui ai demandé qui est ce ? Il m’a répondu que c’est un frère céleste. Je lui ai dit que je ne peux pas accepter de ma position un financement privé pour plusieurs raisons. La première et qui est fondamentale est parce que notre pays ne dispose pas encore du cadre législatif approprié. Ce n’est qu’en 2016 que l’Assemblée nationale a voté la loi portant cadre juridique du partenariat public-privé au Bénin. Cette loi a été promulguée en 2017. La deuxième raison est que de ma position, je suis issu de la Boad. Je lui ai même donné l’exemple de la route Ouidah-Allada. Je lui ai donné l’exemple de la route N’dali-Nikki-Tchikandu pour laquelle j’avais eu de visiteurs qui proposaient ces mêmes sources avec des financements privés. Pour dire que j’ai accès à plusieurs sources de financement. L’autre raison est que mon département exerçait en réalité dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et le Bénin était parmi les pays bénéficiaires de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Les institutions nous exigeaient d’emprunter les ressources à taux professionnel. A part ça, je n’ai plus reçu un groupe du genre.

Est-ce que vous avez vu une fois Guy Akplogan dans votre bureau ?
A ma souvenance, il était dans la délégation avec Wilson. C’est le deuxième africain. Il y a eu trois blancs. Mais c’est la seule et unique fois. Je ne l’ai pas reçu ex qualité. On ne me l’a pas présenté pour que je fasse ci ou ça. Moi je recevais un neveu dont la maman est Zomahoun. Toutes les fois qu’il vient, il m’appelait.

Pourquoi Guy Akplogan doit s’en prendre à votre personnalité et mentir sur votre compte ?
Monsieur le président, c’est lui seul qui doit savoir quel est le motif. Comme vous le voyez vous-même, il n’a aucun intérêt avec moi.

Selon vous ?
Oui selon moi. Ils ont dit être capables de construire des routes, l’aéroport. J’ai entendu dire que c’est à cause de l’aéroport de Tourou que l’ancien chef de l’Etat m’aurait mis en contact avec eux.

Qu’est-ce qui vous a amené à ne pas répondre à la première convocation de la cour ?
Non, Je n’ai pas reçu la convocation. Je vous respecte beaucoup. J’ai été dans une fonction parlementaire, et je crois que de ma position, je suis l’une des rares personnalités à comprendre la séparation des fonctions. Je n’ai pas reçu. Je suis maire de ma commune.

C’est ça qui vous défend de prendre les cinq millions ?
Non ! Ce n’est pas ça. Je suis maire ça veut dire que si on me cherche et on ne me trouve pas, il y a le commissariat central. Aujourd’hui, ma ville est chef-lieu de département. Il y a mon préfet, et moi je réside à Dassa-Zoumé. En réalité, je vous dis exactement ce qui s’est passé. Je n’ai pas été au courant. Quand l’huissier m’a eu, il y a cinq jours, j’étais à Dassa-Zoumè. Il a déclaré m’avoir cherché sans me voir. Mais je me suis rendu compte qu’ils ont mis un numéro téléphonique 62 sur la convocation. J’ai été victime d’escroquerie. Depuis lors, je n’ai plus utilisé ce numéro. Mais le numéro par lequel il m’a joint est un numéro qui est toujours ouvert. Quand il m’a appelé, je lui ai dit que je suis à Dassa-Zoumé. J’ai un domicile à Calavi.

Revenons aux faits. Est-ce que vous avez un problème particulier avec Guy Athanase Akplogan ?
Aucun. Je vous dis aucun. Et c’est ça je me mettais à vous expliquer. Il n’y a pas de deal, il n’y a pas de matière. Je ne le connaissais pas. Il ne peut pas dire qu’il s’est présenté à moi Nicaise Fagnon comme étant un Pdg de quoi que ce soit. Je suis banquier. Je ne peux pas accepter ce deal. Mon département n’a rien à avoir en termes de réussite ou d’échec avec son institution. J’étais ministre des travaux publics et des transports.

Il ne sait pas corrompre un ministre ?
Moi Nicaise Fagnon, je n’ai pas servi pour l’argent. Je vous regarde droit dans les yeux, je n’ai pas servi pour l’argent.

Vous n’avez jamais été corrompu ?
Non ! Pas du tout
Jamais. J’ai été contrôleur général de banque. Je gardais le code secret de la banque. Je pouvais prendre de l’argent ou des fonds qui ne sont pas cleans.

Vous n’étiez pas en politique ?
J’ai été Dg Sonapra où je suis censé avoir amassé des milliards. Mais celui qui a amassé des milliards ne vit pas ainsi.

Vous vivez comment ?
Je vis très sobrement

Vous l’aviez voulu ?
Ah oui ! Je respire. Je dors tranquille. C’est mieux pour moi.

Revenons sur les faits.
Dans le cadre du ministère des travaux publics, il y a deux choses : l’une est fondamentale et l’autre est impossible. Ce qui est fondamental, c’est les appels d’offres. Quand vous recevez des gens, c’est soit parce qu’ils ont entendu dire que vous avez lancé un appel d’offres. Mais monsieur le Président, je n’ai pas lancé un appel d’offre concernant un aéroport. C’est un aéroport qui a été attribué un an avant mon arrivée, à la société Colas par mon prédécesseur. Ça ne peut pas être un objet de deal. Il n’y a pas un appel d’offres qui soit en vue. Et puis, s’il y a un appel d’offre, c’est ouvert. Autrement dit la kyrielle de dossiers que j’ai conduits quand j’ai été Dg Sonapra et ministre des travaux publiques, vous aurez déjà appris qu’on m’a déjà interpellé sur des malversations.

Ça vient de commencer.
Non !, Il n y a même pas un début de commencement. Ils ont soumissionné à quel marché ? C’est ça le problème monsieur le président. Quel est le marché de route, quel est l’enjeu ? Pour que moi de ma position, je demande des sous. Maintenant Quelle est la Proportion ?quel est le lien entre l’argent ? Pourquoi ce n’est pas 10, 20 ou 25 millions ? Pourquoi c’est 5 millions ? Pour quel intérêt ? Je suis dépassé monsieur le président.

Par quoi ?
Je suis dépassé par le fait qu’on puisse me dire que j’appelle pour exiger qu’on m’amène l’argent. Avant que je puisse dire ça, c’est que j’ai un document que quelqu’un a signé. Et la personne s’oblige parce qu’elle sait qu’elle a son intérêt avec moi.

Pas nécessairement.
Comment ? Il n’y a aucun intérêt. Maintenant je vous répète, il n’y a aucun intérêt qui puisse fondé que je sois obligé de quémander l’argent.

Monsieur Nicaise Fagnon, la cour vous prie de ne pas avoir une attitude martiale devant elle. Revenez à vous-même.
J’ai l’habitude de dire aux gens qu’il y a des gens qui parlent doucement. Ne soyez pas offusqué. Je vais essayer, mais ma nature n’est pas une nature de python. Je ne parle pas doucement.

Vous allez essayer de parler doucement.
Monsieur le président je n’ai aucun intérêt à dire ce qu’il n’est pas. À aucun moment moi Nicaise Fagnon, j’ai été amené à demander à qui que ce soit de m’amener de l’argent. Je n’ai pas demandé un prêt. C’est ça le problème. Raison pour laquelle, je suis dépassé. Nous sommes en 2019. Il y a eu plusieurs années qui se sont écoulées. On me dira que de toute façon, on appellera mon nom un jour. Mais en cette matière, il n’y a aucun lien.

Vous n’étiez pas le seul ministre au gouvernement. Pourquoi c’est votre nom qui est cité par Guy Athanase Akplogan ?
Monsieur le président, il est le seul à savoir. Celui que j’ai reçu c’est Wilson. Je ne l’ai pas reçu sachant qu’il y a un monsieur qui a décliné son identité, jamais. Même leur affaire de Icc-services là, c’est quand ça a capoté que j’ai été au courant. Je ne savais pas ça.

Vous pouvez l’avoir reçu, mais en compagnie de Wilson. Ne dites pas que vous ne l’avez pas reçu.
Non ! Justement. La manière dont il parle, c’est comme s’il y a eu matière à discussion. Monsieur le président, vous pouvez faire vos observations comme vous l’attendez, mais moi celui qui m’a appelé c’est Wilson Gbélissa qui m’a amené trois israéliens et qui m’ont proposé de financement en Israël. Je viens de vous dire la réponse que je lui ai servie. Je vous parle au sérieux.
Nicaise Fagnon : « Je n’ai jamais utilisé ma position pour avoir l’argent »
Personne n’a dit le contraire. L’avez-vous reçu quand même ?
Moi je ne sais pas. L’objet de la visite a été présenté par Wilson Gbélissa. Il s’agit d’utiliser le financement privé israélien pour financer les infrastructures publiques. Je lui ai dit que moi je n’en ai pas besoin. Je ne pouvais pas avoir besoin d’eux. Dans ce cas, je n’ai pas intérêt à faire quoi que ce soit avec eux.

Pourquoi vous le dites ainsi ?
Je ne suis jamais allé prendre un financement auprès d’un bailleur. Je suis le précurseur avant que le ministère des finances ne vienne boucler. Je vous ai dit que je venais d’une banque de développement, où j’ai joué un rôle clé. C’était pour assister notre gouvernement que j’ai été appelé pour être Directeur général de la Sonapra puis conseiller du Président de la République et ministre des travaux publics.

Lorsqu’on vient d’une banque, de la direction de la Sonapra et du ministère des travaux publics, est ce que cela suffit à rendre l’intéressé incorruptible ?
En principe oui. Parce que vous avez un niveau minimum suffisant. Et puis chacun a son idéal. Chaque acte que vous posez est un acte pour la vie et la postérité. Pour moi, c’est une question de dignité. Vous pouvez enquêter sur ma moralité. Ça fait 28 ans de carrière, 16 ans de banque, 12 ans de management public. Vous pouvez enquêter sur tous les dossiers que j’ai eu à traiter. Mon comportement à la Sonapra a été toujours de privilégier l’intérêt général. Je n’ai jamais utilisé ma position pour avoir l’argent. Je n’ai pas été éduqué comme çà. C’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artisan. Moi je n’agis pas de la sorte.

Est que la délégation conduite par Wilson Gbélissa a été reçue par le chef de l’Etat avec les partenaires dont vous parlez ?
Non moi je ne sais pas.

Vous n’étiez pas à cette séance ?
Non, pas du tout. En général, le chef de l’Etat ne fait jamais une audience sans les ministres concernés. Je ne sais pas s’ils ont été reçus par le chef de l’Etat à une audience. Je n’ai pas eu non plus un coup de fil de son cabinet disant qu’il y a des étrangers à me confier.

Guy Athanase Akplogan vous avez suivi Nicaise Fagnon, il a dit qu’il est passé à la banque, à la Sonapra et puis au ministère ?
Oui monsieur le président, d’entrée, j’ai précisé que je ne suis pas politique. Je suis un chrétien croyant, fervent et pratiquant. Je n’ai aucun intérêt à diffamer quelqu’un. Je vous ai dit ce qui a été.

Vous connaissez Wilson Gbélissa ?
Je connais monsieur Wilson Gbélissa monsieur le président.

C’est avec lui que vous vous étiez rendu au bureau de Nicaise Fagnon ?
Oui monsieur le président.

Pour la première fois ou laquelle des fois ?
Pour la première fois. C’est lui qui le connaît. Monsieur Wilson Gbélissa est l’un de nos partenaires. On l’a croisé en France. Il fait partie des concessionnaires. C’est aussi par son biais que nous sommes allés chez le ministre.

Qu’est que le ministre Nicaise Fagnon devrait vous aider à réaliser ?
C’est Gbélissa qui a exposé l’aspect aide par les israéliens et consorts. C’est juste après çà que chaque week-end on m’appelle pour ce que je vous ai dit.

Qui vous appelait ?
Dans un premier temps, c’est Wilson Gbélissa qui m’a appelé et on s’est rendu au bureau du ministre pour la première, la deuxième et la troisième fois, j’étais allé seul. La quatrième fois, j’ai dû envoyer mon chauffeur de même pour les autres fois, parce que je n’étais pas présent.

Le ministre Nicaise Fagnon ne vous a directement appelé ?
Bien sûr que oui monsieur le président.

Pourquoi ?
Il était avec Gbélissa quand il m’a appelé. Je lui ai dit que j’étais en route. Je devrais me rendre dans le zou et j’étais un peu chargé. Il faut que je me presse pour être à leur niveau.

Monsieur Nicaise Fagnon, est que vous connaissez Pascal Baudoin ?
Non, je ne le connais pas.

Monsieur Guy Akplogan, Pascal Baudoin était-il dans la délégation le jour-là ?
Oui monsieur le président.

Monsieur Guy Akplogan donnez-moi la description du bureau du ministre des transports.
Le ministère se trouve vers le port. Quand on entre dans le bureau, juste en face de soi, il a son bureau. À gauche, il a son salon pour ceux qui venaient.

Donnez-moi la description du salon, les fauteuils, …
Je n’ai pas bonne souvenance mais ça doit être de couleur marron.

N’y a-t-il pas de gravure ?
Je ne me souviens pas trop monsieur le président.

Des carreaux, des tapis, …..
Je ne me rappelle pas des détails.

Nicaise Fagon, monsieur le procureur spécial vient de demander de décrire le bureau ?
Ce n’est pas dans une salle d’attente, c’est dans mon bureau. C’est faux parce que quand on a fait le remaniement, et j’ai été nommé ministre délégué des transports, c’est au cours du même remaniement que le ministre Issa Badarou a été nommé. J’ai été le plus lésé parce que je n’ai pas eu droit à une salle d’attente. Vous pouvez vérifier. Je n’en ai pas eu droit parce que le ministre Zinzindohoué, pour des raisons qui sont les siennes, a dû remettre la clé à Badarou.

Monsieur Akplogan, votre réaction
Monsieur le président, je n’ai pas parlé de salle d’attente mais de bureau. Les documents étaient par terre.

Guy Akplogan, vous avez parlé des dossiers de l’aéroport de Tourou et de la route Kétou-Savè ?
Je pense que c’est plutôt route et hôpital, et non l’aéroport.

Dans quel cadre avez-vous rencontré Nicaise Fagnon ?
C’était par rapport à la route nous sommes allés le voir.

Est-ce que vous êtes repartis le voir ?
Le suivi n’était pas à mon niveau

C’était au niveau de qui ?
C’était au niveau de Wilson Gbélissa.

5 millions chaque vendredi. Vous les prenez où ?
A la comptabilité de Calavi

La rédaction



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