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Elections législatives au Bénin: Les conclusions préliminaires de la mission de l’Union africaine

Publié le jeudi 2 mai 2019  |  La Nation
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© aCotonou.com par Didier ASSOGBA
Point de presse de la Mission d’Observation Électorale de l’Union Africaine en république du Bénin pour le scrutin législatif du 28 avril 2019. Cette conférence de presse a permis à la mission de présenter ses observation par rapport à l’ambiance Préélectorale, électorale et post électorale
Cotonou,hôtel Golden Tulip le Diplomate ce 30 mars 2019. Point de presse sur la conclusion préliminaire de la Mission d’Observation Électorale de l’Union Africaine en république du Bénin (MOEUA)
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Séjournant au Bénin depuis le 20 avril dernier dans le cadre des élections législatives, la Mission d'observation électorale de l'Union africaine (Moeua) a partagé avec la presse ses conclusions préliminaires sur le scrutin. C'est lors d'un point de presse donné hier mardi 30 avril à Cotonou.

« Les élections législatives du 28 avril 2019, bien que prévues par le cadre juridique et le calendrier électoral, se sont déroulées dans un contexte marqué par une rupture du consensus au sein de la classe politique. Résultant d’une volonté d’enclencher des réformes structurelles certes, nécessaires, pour la stabilisation du système partisan béninois, cette rupture du consensus a mis à mal le caractère ouvert, inclusif et compétitif qui a traditionnellement caractérisé les processus électoraux antérieurs au Bénin »,
relèvent les conclusions de la Mission d’observation électorale de l’Union africaine. Ces conclusions ont été livrées par l'Honorable Koné Aboubacar Sidiki, parlementaire de la République de Côte d'Ivoire et président de la commission Coopération, Relations internationales et Règlement des conflits au sein du Parlement africain. Toujours au titre des conclusions, il indique que la délégation a noté l’apathie du peuple béninois qui s’est traduite par l’absence d’effervescence électorale au cours de la campagne électorale et le manque d’engouement observé dans les centres de vote couverts par les équipes de la Mission, le jour du scrutin.
En outre, la délégation de l’Union africaine a noté 60 % d'ouverture régulière des postes de vote. « A 80 %, l'ouverture s'est déroulée dans un climat de paix. Dans 92 % des postes couverts, les personnes à mobilité réduite ont connu un accès facile. Les urnes ont convenablement été scellés dans 95% des cas. Dans 96% des postes de vote observés, le secret du vote a été respecté. Toutefois, le positionnement de l'isoloir n'était pas adéquat dans certains postes. Le personnel électoral s'est bien acquitté de ses tâches dans la plupart des cas mais avec des tâtonnements par endroits. Autant d’informations que souligne, dans ses conclusions préliminaires, la Mission d’observation électorale de l’Union africaine.
La Moeua a par ailleurs salué la Haac pour le respect de la réglementation de l'accès aux médias des partis en lice, les Organisations de la société civile pour leur implication active à travers la plateforme des Osc…, mais a déploré la coupure d’Internet et des réseaux sociaux qui a entravé le travail de ses observateurs lors du scrutin.

Diligences

La mission d’observation électorale de l’Union africaine a reçu pour mandat d'écouter et de s'informer dans le but d'apprécier le caractère des élections. Ce mandat s'est effectué conformément aux mécanismes et dispositifs régionaux et internes. Dans ce cadre, la Mission au cours de son séjour, s'est entretenue avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, le ministre de la Justice et de la Législation, la Commission électorale nationale autonome, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, les formations politiques de la majorité présidentielle et de l'opposition ainsi que des Organisations de la société civile.
Pour l’observation de la campagne et du scrutin (opération de vote et dépouillement), la Moeua au Bénin a déployé sur le terrain 9 équipes dans sept départements du pays notamment : Atlantique, Littoral, Mono, Couffo, Ouémé, Plateau, Collines. Les conclusions des travaux de la Mission font état de ce que les législatives ont connu pour la première fois, depuis le renouveau démocratique, la non-participation des partis politiques de l'opposition. Une situation qui est due à l’application des nouveaux textes électoraux, en l’occurrence la Charte des partis politiques et le Code électoral puis la décision El 19-001 du 1er février 2019 de la Cour constitutionnelle relative au certificat de conformité exigible au nombre des pièces à déposer pour le dépôt de candidature. « L'opposition, dans sa grande majorité, a vu dans l’application de ces textes une volonté du gouvernement de l'écarter des élections… La société civile est restée divisée sur la posture à fournir tout en appelant de manière unanime pour des élections inclusives. Les initiatives de médiation entreprises pour rapprocher les positions politiques divergentes et sortir le pays de l'impasse politique et électorale n'ont pas produit les résultats escomptés », précisent les observateurs.

Ce qu’il convient de faire d’après la Moeua !

Face à la situation, et suite au constat sur le terrain et aux conclusions, la Mission d’observation électorale de l’Union africaine a émis des recommandations à l’endroit de chacune des parties prenantes au processus électoral. Les formations politiques sont invitées à œuvrer pour la consolidation de la paix à travers le maintien du dialogue politique et la recherche constante du consensus et à adopter un code de conduite encadrant leurs différentes activités, surtout en période électorale.
Il s’agira pour le gouvernement de privilégier l’approche inclusive et consensuelle dans la mise en application des réformes législatives et électorales à travers la mise en place d’un cadre de concertation permanent entre les acteurs politiques et les autres parties prenantes au processus électoral. Aussi, doit-il renouer le dialogue avec l’opposition politique en vue de la mise en application des réformes plus consensuelles et l’apaisement de l’environnement politique, gages de l’organisation d’élections inclusives.
La Mission exhorte les autorités électorales (institutions impliquées) à mettre en place des cadres de concertation avec les parties prenantes afin de dissiper les doutes et de promouvoir un climat de confiance; à renforcer les capacités des agents électoraux par des formations données à temps pour une meilleure appropriation ; à produire de nouvelles cartes d’électeurs sécurisées en vue de prévenir d’éventuelles tentatives de fraude ; à procéder à une publication lisible des résultats du scrutin au niveau des postes de vote dans l’objectif de renforcer la transparence des scrutins… La société civile devra, quant à elle, poursuivre ses efforts de plaidoyer auprès du gouvernement et des forces politiques nationales, en vue de préserver et de consolider la culture du consensus et de rétablir le dialogue politique au Bénin. Mieux, elle doit maintenir son élan de mutualisation des forces et ressources pour davantage de synergie d’actions dans le domaine des élections et de la gouvernance démocratique.

Anselme Pascal AGUEHOUNDE
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