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Levée du blocus au domicile de Yayi : Pourquoi Talon est passé outre les textes ?

Publié le lundi 24 juin 2019  |  Matin libre
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© Présidence par DR
Visite de SEM Patrice Talon et de M. Tony Elumelu au siège de Sèmè-City
Lundi 17 juin 2019. Bénin. Le patron du groupe United Bank for Africa (UBA) et SEM Patrice Talon étaient au siège de Sèmè-City.
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Blocus levé, Boni Yayi a quitté le territoire national pour aller se faire soigner. Tout ceci est arrivé en l’espace de 48h après une visite au Nigéria et une rencontre au Palais avec les sages de Tchaourou. Après 50 jours d’assignation à domicile, d’affrontements entre chasseurs et forces de l’ordre, Patrice Talon a enfin lâché du lest. Et cette fois-ci, il n’a pas été question d’évoquer le prétexte du respect des textes.

« Yayi Boni est mon ami. Je ne lui veux aucun mal (…)». Ces propos du chef de l’Etat devant la délégation de Tchaourou sont suivis d’actes. 24h après la rencontre au Palais de la Marina, la délégation a pu rendre visite à Boni Yayi. La même visite qui, quelques heures plutôt, était refusée à Nicéphore Soglo. Ensuite, dans la nuit du vendredi 21, le dispositif policier autour de la résidence de Boni Yayi a été levé. Et le samedi, 22 juin, 48h après la rencontre avec Muhammadu Buhari et le roi de Tchaourou, Boni Yayi a quitté le territoire national. Quand on sait que la levée du blocus autour de Yayi faisait partie des souhaits émis par les chasseurs pour ” cesser le feu ” après plusieurs jours d’échanges de tirs avec les militaires, on peut dire que Patrice Talon a mesuré la gravité de la situation et a tenu à ramener la paix quel que soit ce que ça pourrait coûter. Ce qui n’a pas toujours été le cas.

Dans le cadre des législatives non inclusives, le prétexte de respect des textes, le refus de s’immiscer dans le processus ont été servis comme arguments face aux appels à des élections ouvertes à tous. Le chef de l’Etat est resté intransigeant quand tout le monde l’invitait à donner juste des instructions pour que les partis de l’opposition aient le certificat de conformité et les quitus. Et là, il s’agissait de personnes qui étaient sous ses ordres, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique et le directeur général des impôts et domaines. Pourtant Patrice Talon n’a pas levé le petit doigt, il est resté sourd aux appels de la classe politique, des personnalités scientifiques du monde entier. Mais dans le cas précis où après plus d’un mois d’assignation à résidence, on a fini par donner un contenu légal à une situation de non droit, Patrice Talon fait fi de la procédure. Car, il y a bien une procédure en cours. Yayi Boni, à bien suivre la sortie du Procureur de la République, devrait être écouté pour des besoins d’enquête. Pis, des mesures coercitives sont annoncées à son encontre par le même Procureur. Le chef de l’État pouvait donc dissuader ses vis-à-vis, le président nigérian et le roi de Tchaourou, en brandissant la séparation des pouvoirs. Il pouvait, comme dans le cas des Législatives, dire qu’il n’a pas à intervenir dans ce dossier aux mains déjà de la justice de peur que dans l’opinion l’on ne dise qu’il s’est immiscé dans le judiciaire. Mais il ne l’a pas fait. Au nom de la paix certainement, il est passé outre les textes. Alors, n’était-il pas possible qu’en avril dernier le chef de l’État fasse pareil en donnant sincèrement des instructions au MISP et à la DGID pour qu’on n’en soit pas aujourd’hui à déplorer tout ce qui s’est passé ?
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