Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Afrique
Article
Afrique

Crise post-électorale en Guinée-Bissau / Geraldo Martins, membre du gouvernement : « La Cedeao va revenir sur sa décision »

Publié le mercredi 29 janvier 2020  |  aCotonou.com
Le
© Autre presse par DR
Le ministre Geraldo Martins pense que l`issue de la crise en Guinée-Bissau réside dans le respect de la décision de la Cour suprême
Comment


Geraldo Martins est le ministre de l’Economie et des Finances de la Guinée-Bissau. Rencontré dans le cadre de la crise post-électorale qui prévaut dans ce pays depuis le 29 décembre 2019, ce membre du gouvernement toujours en place explique le fonctionnement du pays et livre sa vision de l’issue possible de cette crise, non sans se prononcer sur la position adoptée par la Cedeao.



Monsieur le ministre, comment fonctionne la Guinée-Bissau actuellement suite à la crise post-électorale qui prévaut ? Peut-on parler d’un blocage ?



En fait, si l’on parle de blocage, c’est plutôt du blocage post-électoral. Comme vous le savez, on a eu des élections présidentielles, le second tour de ces élections a eu lieu le 29 décembre dernier, et jusqu’à présent, il n’y a pas un vainqueur de ces élections. Il y a un processus qui est en cours. Il y a eu un recours judiciaire qui a été déposé par l’un des candidats, et on attend que la décision de la Cour suprême soit respectée. Là-dessus, on peut dire qu’il y a un blocage. Mais, il y a un processus qui passe par les institutions, et je pense personnellement, avec la population bissau-guinéenne qu’on va arriver à la normalité. Par contre, il n’y a pas un blocage du pays. Le pays est gouverné. Vous savez que nous avons un système constitutionnel qui partage les tâches entre le président de la République et le gouvernement. Le gouvernement est l’émanation du Parlement. Il y a un Parlement avec qui est en majorité du Paigc, le parti vainqueur des élections législatives, et qui a une majorité claire. Il y a un chef du gouvernement, donc le gouvernement fonctionne. Le pays n’est pas bloqué.



Comment le membre du gouvernement que vous êtes analyse la réaction de la Cedeao qui demande d’investir l’un des candidats déclaré vainqueur par la Commission nationale électorale (Cne) ?



Je pense que la Cedeao a pris position en fonction des informations qu’elle avait à l’époque. Il y a quelques jours lorsque la Cne avait dit que tout le processus électoral était clos et que les résultats qu’elle a proclamés étaient les résultats définitifs, la Cedeao, et peut-être une bonne partie de la Communauté internationale, avait eu l’impression que c’était fini. Mais, avec la nouvelle donne, c’est-à-dire, la Cour suprême, qui est l’instance suprême du pays, vient de dire qu’il faudra procéder au recomptage des voix. C’est clair qu’il n’y a pas un vainqueur, il n’y a pas un président élu. Donc, je pense que la Cedeao va revenir sur sa décision.



Cette crise a-t-elle un impact sur les finances de l’Etat ?



Vous savez qu’une année électorale est toujours une année difficile. 2019 a été une année difficile avec deux élections qu’on a organisées. Les élections coûtent de l’argent. La Communauté internationale nous a appuyés, mais le gouvernement, lui-même, a contribué de façon significative au financement des dépenses électorales. Donc, ça pèse sur les finances publiques qui sont déjà sous stress, parce qu’aujourd’hui, on n’a pas un programme avec le Fonds monétaire international, on n’a pas d’appui budgétaire. Avec des incertitudes politiques, les recettes fiscales ont chuté. C’est dans ce contexte difficile qu’on gère les finances publiques. Oui, il y a un impact sur les finances publiques, mais on espère qu’on va traverser cette situation difficile et on va changer la situation bientôt.



Comment voyez-vous l’issue de cette crise ?



Je pense que c’est simple. Il y a une décision de la Cour suprême qu’il faut respecter. Ce que la Cour suprême dit, c’est qu’il faut aller vers un recomptage des voix. Donc, on va vers un recomptage des voix, et à la suite de ce recomptage des voix, on saura qui est le président de la Guinée-Bissau, et c’est ce président qui sera investi.



Propos recueillis à Bissau par F.D.BONY

Envoyé spécial
Commentaires