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Lavage des mains pour prévenir le Covid-19 : Le sort des eaux usées, un casse-tête pour les Cotonois

Publié le mercredi 15 avril 2020  |  Fraternité
Les
© aCotonou.com par DR
Les dispositif de Lavage des mains
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Se laver les mains est l’une des mesures barrières contre le Coronavirus. Devant presque toutes les unités de travail et les boutiques à Cotonou et à Abomey-Calavi, les populations se sont approprié le réflexe. Cependant, une question subsiste : que faire des eaux usées ?
Eau grise, eau répulsive. Appelé à l’aide pour charger à nouveau le dispositif de lavage de mains situé devant la boutique, Sylvain, le gérant se dépêche, mais fait preuve de prudence. « Imaginez combien de personnes ont laissé leurs microbes dans ce récipient. C’est bien parce que ça nous protège à l’intérieur, mais il ne faut pas que je me contamine aussi. On ne sait jamais », confie-t-il, en transportant le récipient rempli avec toute la délicatesse possible. Mais si ce gérant rencontré à Kindonou reste prudent, il ne craint rien pour ce qui est de la destination finale, dans les caniveaux. « En rejetant dans les caniveaux, c’est sûr que s’il y avait le virus, ça ne tardera pas à disparaître après un temps », martèle-t-il, l’air rassurant.
Ailleurs, au niveau de plusieurs autres structures et ménages, le rejet des eaux usées issues du lavage de mains dans la nature reste le mode privilégié. Cependant, les précautions au préalable divergent d’un endroit à un autre. « Ici, nous on met un peu de javel dans l’eau avec laquelle les clients se lavent les mains. Ainsi, après s’être lavés les mains avec du savon, les microbes seront déjà anéantis. Nous ne mettons donc rien dans l’eau usée. On la jette dans les caniveaux », explique Elvire Kakpo, responsable dans une agence de pressing à Mènontin. Par contre, dans le ménage de Nicolas résident à Mènontin, on se contente juste de verser dans la nature. « Chez nous, à la maison on utilise de l’eau simple avec du savon liquide puis après usage on la verse sur la voie. Je ne sais pas s’il faut y verser quelque chose avant de la jeter », affirme-t-il. Il y a donc un besoin de sensibilisation de la population au sujet de la gestion des eaux usées issues du lavage des mains.
Deltony LAMMANLYKPOSSE-YA (Stag)

Pas directement dans la nature !
Le Covid-19 est imprévisible. Et la vigilance doit être de mise dans la gestion des déchets et le nettoyage de l’environnement. De mauvaises pratiques en matière d’Eau, Hygiène et Assainissement, de prévention des infections entraînent de nombreuses conséquences, comme la propagation éventuelle du virus. Alors, il convient de mettre l’accent sur le sort réservé aux eaux usées issues du lavage des mains.
Il est plutôt recommandé par exemple dans une note d’orientation de l’Unicef en date du 14 mars dernier que « les eaux usées résultant du lavage des mains (…) doivent être recueillies et traitées en toute sécurité avec du chlore avant d’être redirigées vers les égouts ou vers un puits d’infiltration (à condition que la nappe phréatique se trouve à 1,5 m du fond du puits au minimum, à tout moment) ». Cette précision est importante parce qu’une étude publiée récemment par la revue Emerging Infectious Diseases, en plus de prouver que la distance de transmission du Covid-19 pourrait être de 4 m a aussi relevé que le virus a été retrouvé « dans les eaux souterraines ».
Un rejet dans la nature, sans une décontamination au préalable n’est donc pas l’idéal. Le mieux, comme l’explique Dr Roch Christian Johnson dans une interview récemment publiée dans Fraternité, est que les eaux usées issues du lavage des mains suivent les procédures normales. « Ces eaux doivent être décontaminées avec du chlore ou de l’eau de javel. Le ministère de la Santé recommande un dosage de 0.5% de solution chlorée pour désinfecter les surfaces. Avant de verser dans la nature, il faut décontaminer au chlore les eaux utilisées ». Pour finir, il est important de souligner que le rejet des eaux usées sur la voie publique est interdit par l’article 3 du code d’hygiène publique.

Fulbert ADJIMEHOSSOU
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