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Gestion des déchets ménagers : A Comè, le droit à un environnement sain reste une chimère

Publié le vendredi 25 decembre 2020  |  La Nouvelle Tribune
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© aCotonou.com par DR
Les déchets solides ménagers du Grand Nokoué
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La gestion des déchets ménagers a pris une place prépondérante dans le débat public ces deux dernières décennies au Bénin. Dans l’arrondissement central de Comè dans le département du Mono, ceci s’est traduit par l’élaboration de nouveaux dispositifs réglementaires et l’implication croissante du secteur privé dans la gestion des déchets. Mais, dans un conteste de décentralisation la gestion des déchets, malgré le système mis en place, rencontre encore beaucoup de difficultés surtout avec la paupérisation grandissante.

L’un des problèmes majeurs dans les villes des pays africains demeure la gestion des déchets ménagers. Dans sa thèse sur la question de la gestion des déchets ménagers dans la ville de Cotonou, Roch Gbinlo écrit que «urbanisation, augmentation des besoins alimentaires et déchets ménagers vont de pair dans les pays en développement et en particulier au Bénin ». La ville de Comè n’échappe pas à cela. Mieux, la grande quantité des déchets générés dans la ville est rejetée dans les décharges sauvages sans aucun aménagement ou infrastructures de base permettant de protéger la santé des populations avoisinantes et l’environnement. Dans cette ville du sud-ouest du Bénin à environ 60 Km de Cotonou, il n’est donc par rare, lors d’une promenade, de voir des dépotoirs sauvages çà et là comme devant la direction générale de la douane. Dans le marché comme dans les quartiers de la ville, des dépotoirs sauvages pullulent. «Moi, je vais jeter mes ordures sur un tas d’ordures derrières la maison », confie dame Gisèle rencontrée dans le quartier Mon Berger. Amanvi Kouassi indique qu’elle jette ses ordures non loin de sa concession et qu’elle ne voit pas en quoi cela gêne. Pour lui, même si ces ordures dégagent des odeurs nauséabondes, les habitants doivent s’y accommoder. Car, leurs parents ont toujours procédé ainsi. Certains même préfèrent brûler leurs ordures.«Quand les ordures deviennent importantes, nous les brûlons », informe Dame Françoise rencontrée non loin du CEG de Comè au quartier Hôtel de Ville. D’autres encore ont fait l’option de s’abonner aux pré-collecteurs d’ordures.

Une gestion basée sur la mutualisation des efforts
Comme dans la plupart des villes du Bénin, Comè a un système de gestion des déchets ménagers. L’approche ici est plus collective. Il s’agit d’une mutualisation des efforts pour la gestion des déchets ménagers. Ainsi, les six communes du département du Mono que sont Comè, Grand-Popo, Lokossa, Athiémè, Houéyogbé et Bopa se sont mises ensemble pour mettre en place le 25 mai 2008 le Groupement intercommunal du Mono (GI-Mono) dont le siège est à Comè. L’idée est à l’origine que ces différentes communes aient une décharge finale commune de 23 hectares à Oumako, un des arrondissements de Comè. Mais, les populations de cet arrondissement ont opposé un refus malgré les différentes démarches menées par les autorités à divers niveau. De sorte que le GI-Mono ait décidé, selon le responsable chargé des déchets et de l’environnement de ce regroupement Gietche Alex Sagbo, d’avoir au niveau des communes de mini-décharges appelées Centres de déchets contrôlés (CDC). Un CDC est installé à Comè pour Comè et Grand-Popo, un à Athiémè pour Athiémè et Lokossa et un à Bopa pour Bopa et Houéyogbé.

A en croire Gietche Alex Sagbo, au niveau de ces CDC, on procède à la valorisation des déchets afin de réduire la quantité de déchets qui vont venir sur les sites. Le temps de réfléchir pour trouver une décharge finale nommée «Lieu d’enfouissement sanitaire»pour les déchets ultimes. Gi-Mono a identifié 17 points de regroupement des ordures dont trois à Comè. Il précise que «la gestion des déchets (dans ce département, NDLR) a pris en compte les centres urbains de chaque commune». Au niveau de chaque commune, Gi-Mono a réalisé le zonage et recruté des ONG. Ces ONG bénéficient des tricycles mais doivent payer 25 000 FCFA par mois comme frais d’amortissement par tricycle. La filière de la gestion des déchets ménagers dans la ville de Comè est segmentée en trois étapes : la pré-collecte, la collecte/transport et le Centre de déchets contrôlé. La ville est subdivisée en huit zones gérées par huit ONG recrutées et formées. Ces ONG se chargent de la pré-collecte et acheminent les déchets vers les points de regroupement. Selon leur zone, certaines préfèrent convoyer directement les déchets vers le CDC. Il y a un animateur dans chaque commune qui travaille avec les ONG. «Chaque fin de mois, il y a une réunion qui se fait avec ces animateurs et ils nous font le point de l’évolution des activités sur le terrain », a précisé le responsable chargé des déchets et de l’environnement de Gi-Mono.C’est le Gi-Mono qui se charge du transport des déchets du point de regroupement vers le CDC. Et là, les déchets sont triés et valorisés. Les déchets ultimes sont compactés sur le site qui est une ancienne carrière de trois hectares en attendant de trouver une décharge finale.

De la pré-collecte

Au niveau de chaque commune, il y a un Conseil de communauté chargé de la gestion des déchets. A Comè, ce conseil a signé une convention avec les ONG. Et le prix fixé pour l’abonnement de chaque ménage est de 2000 FCFA. Alors, les ONG recrutent des agents collecteurs qui sont rémunérés. André Fanoukpè, directeur exécutif de l’une des ONG concernées a confié qu’il dispose de trois agents collecteurs qui sont à 40 000 FCFA par mois. A en croire André Fanoukpè, les collecteurs passent deux fois par semaine dans les ménages pour le ramassage des ordures.
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