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Après leur condamnation par la Criet: Est-ce fini pour Aïvo et Madougou?

Publié le lundi 13 decembre 2021  |  L`événement Précis
Joël
© aCotonou.com par Didier ASSOGBA
Joël Aïvo,constitutionnaliste, professeur des universités et homme politique béninois membre de L`opposition lors de lancement du Front pour la restauration de la démocratie collective
Cotonou, le 13 janvier 2021, la coalition de l`opposition ``Front pour la restauration de la démocratie collective `` mis sur les fonds baptismaux. Se regroupement vise le retour aux acquis de la Conférence nationale des forces vives de février 1990.
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Dix ans de prison ferme et 45 millions d’amende pour le professeur Joël Aivo accusé «d’atteinte à la sureté de l’Etat » et « blanchiment d’argent ». 20 ans de prison ferme et 50 millions d’amende pour Reckya Madougou, accusée de «complicité de financement du terrorisme ». Les juges de la Criet ont prononcé ces derniers jours les verdicts relatifs à deux affaires sulfureuses concernant ces personnalités et autres accusés dans le cadre des dernières présidentielles 2021. Dans l’opinion publique, on pourrait déjà considérer que leur sort est ainsi scellé et il n’y a plus rien à faire que d’exécuter ces sentences en passant tranquillement derrière les barreaux des prisons d’accueil, ces longues années destinées à chacun d’eux. Mais il semble bien que des possibilités existent encore pour eux, même si elles constituent de minces espoirs. Il s’agit d’abord pour chacun d’eux sur l’initiative de leurs conseils respectifs, de faire appel contre ces décisions prises par le biais de la loi n°2020-07 modifiant et complétant la loi n°2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin qui intègre désormais le double degré de juridiction à la Criet. Cette loi permet aux personnes jugées devant cette cour de faire appel, de faire mention des infractions qui relèvent du champ d’action de la Criet et de clarifier de même le régime procédural qui s’applique. Même si, interrogé sur la question, à la suite du verdict concernant la Professeur Aivo, Me Robert Dossou, l’un de ses avocats, n’admet pas pour le moment de faire recours à cette possibilité, il reste qu’elle existe.
Au-delà des juridictions nationales, il n’est pas exclu non plus que les accusés se portent devant des juridictions internationales en vue d’un réexamen de leur condamnation et les faits qui y auraient concouru. Autant Joël Aivo et Reckya Madougou peuvent s’offrir ces pistes, autant ils peuvent aussi formuler des demandes de grâce présidentielle auprès du Chef de l’Etat pour lui demander clémence. Dans les débats houleux qui se mènent sur l’éventualité d’une telle grâce présidentielle, de nombreux observateurs sont déjà sceptiques sur sa mise en œuvre dans un contexte politique tendu comme le nôtre. Ces deux personnalités condamnées avaient, jusqu’à leur arrestation, arboré de farouches postures d’opposants au régime Talon.
Une nouvelle loi d’amnistie est-elle par ailleurs envisageable, après celle adoptée aux lendemains des élections législatives de 2019 pour le moins houleuses ? La question se pose aussi à propos des deux cas en face, parce qu’il ne semble pas évident que l’Assemblée nationale y prêtera encore oreille, encore moins le chef de l’Etat pour sa promulgation. Les faits reprochés à Joël Aivo et Reckya Madougou n’y semblent pas trop favorables.

Christian Tchanou
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