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Au Bénin, les préparatifs pour Noël battent leur plein

Publié le mardi 21 decembre 2021  |  africa.la-croix.com
Sapin
© aCotonou.com par DR
Sapin de Noël
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Au Bénin, Noël est l’une des fêtes chrétiennes dont la célébration suscite le plus d’engouement. À Cotonou et à Porto-Novo, diverses dispositions sont prises au niveau des paroisses en vue de la préparation des festivités. De leur côté, certains adolescents, dans les quartiers populaires, sortent les soirs, munis de petites crèches quémandant de quoi fêter eux aussi Noël.
20 h 35. À Godomey, un arrondissement voisin de Cotonou (Bénin), dans une rue plus ou moins éclairée, ce vendredi 17 décembre, comme tous les soirs depuis le début du mois, quelques groupes d’enfants, munis de crèches confectionnées par eux-mêmes et exécutant en chœur des morceaux de Noël, défilent. Il semble que ce soit devenu l’un des signes annonciateurs de l’imminence de Noël.

Interpellé, le petit Jean, l’un des meneurs, 11 ans, élève en classe de 5e et chrétien évangélique, s’explique : « nous circulons dans le quartier pour dire aux adultes que Noël est proche et leur demander des cadeaux ». Il ajoute : « les sous que nous obtenons, nous nous les partageons. Moi je remets ma part à ma mère qui a promis m’acheter des chaussures avec cela pour Noël ».

Le professeur Jérôme Alladayè, historien des religions estime que « la pratique a commencé tôt avec l’évangélisation et de manière plus nette quand la vie des paroisses a commencé à s’animer avec la création de diverses associations de l’action catholique suite à la lettre de Mgr Louis Parisot (alors vicaire apostolique du Dahomey) en 1937 ». Du côté des paroisses, à Cotonou et à Porto-Novo tout comme à N’Dali dans le nord du pays, la préparation pour Noël, déclinée en diverses activités, a commencé depuis le début de l’Avent.

Cotonou, N’Dali et Porto-Novo
« La préparation de Noël à la paroisse Bon Pasteur de Cotonou (une paroisse au cœur de la ville, NDLR) a commencé juste après le premier dimanche de l’Avent. Nous avons tenu trois soirées de retraites paroissiales, une première. » informe le père Hubert Kèdowidé, le nouveau curé. « En plus de ces retraites, au lieu de travailler seulement à monter la crèche physique, nous avons insisté sur la construction de la crèche intérieure, la crèche de nos cœurs » poursuit-il. Pour ce faire, durant tout le temps de l’Avent, il y a eu confession chaque jour après les trois célébrations matinales, ce qui est assorti d’une mobilisation de présents qui seront redistribués aux enfants les plus défavorisés de la paroisse.

À la paroisse Notre Dame de la route de Bembèrèkè dans le diocèse de N’Dali, sous la férule du curé, le père Simplice Boco « cette année, c’est la chorale des enfants qui s’active pour offrir à la communauté paroissiale un concert spirituel le 25 décembre ».

A lire : Au Togo, des enfants construisent des cabanes pour Noël

Du côté de la paroisse Saint Hilaire de Poitiers de Djigbé dans le diocèse de Porto-Novo, dès le 20 décembre s’ouvre un Jéricho catéchétique conduit par le curé, le père Maurice Gbatodonou. « Mais la particularité de cette année, explique le père Gbatodonou, c’est que, pour aider les enfants à méditer et s’exercer à parler la langue française, nous avons prévu le 24 décembre une veillée avant la messe paroissiale. Il s’agira d’une méditation faite de déclamations de poésies, chants et contes de Noël ».

Le sens de Noël pour le chrétien africain
Aux yeux du père Roland Techou, docteur en philosophie de la religion, « l’incarnation est un phénomène qui a une dimension humaine en ce sens que, dans la prise de chair du fils de Dieu, il s’agit bel et bien d’un être humain en chair et en os auquel le divin s’identifie ». Le philosophe en vient à la déduction selon laquelle « l’Africain étant aussi un être humain, il reste concerné par cette prise de chair de Dieu ». « Le chrétien africain –conclut-il– pour avoir adhéré à l’idée chrétienne de Dieu, adhère donc à cette altérité différentielle de Dieu manifestée en Jésus-Christ pour s’incorporer au Christ qui est le phénomène divin ».

Pour sa part, le père Gbatodonou, spécialiste en théologie catéchétique estime que « la Nativité, pour un Africain n’a pas un sens particulièrement différent de celui qu’elle revêt pour les chrétiens d’ailleurs ». Il exhorte à « insister sur la lumière qu’est le Christ qui vient illuminer nos ténèbres : la haine, la rancœur, la méchanceté gratuite, etc. ». Car, à ses yeux de pasteur, « l’Africain manipule trop les forces occultes ».

Juste Hlannon
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