Le Bénin a une nouvelle fois démontré sa capacité d’attraction sur le marché régional de la dette, tout en affichant une discipline assumée dans la gestion de son coût de financement. Lors de l’adjudication de bons du Trésor (BAT) du 16 avril 2026, organisée par UMOA-Titres, le pays a mobilisé un volume de soumissions exceptionnel de 135,826 milliards de FCFA pour un objectif initial fixé à 20 milliards.
Malgré cet engouement massif, près de sept fois le montant recherché, le Trésor béninois n’a retenu que 22 milliards de FCFA, portant le taux d’absorption à 16,20 %. Une sélectivité marquée, traduisant une stratégie claire : privilégier des conditions d’emprunt maîtrisées plutôt que de céder à la pression de la demande.
Deux maturités étaient proposées aux investisseurs : des titres à 91 jours, échéant au 16 juillet 2026, et d’autres à 182 jours, remboursables le 15 octobre 2026, avec une valeur nominale fixée à un million de FCFA par titre. La demande s’est répartie entre 60,657 milliards sur le court terme et 75,169 milliards sur la maturité plus longue.
Dans le détail, 13,870 milliards de FCFA ont été retenus sur le segment à 91 jours, contre 8,130 milliards sur celui à 182 jours. Le taux marginal s’est établi à 3,6499 % pour la maturité courte, avec un rendement moyen de 3,60 %, tandis que le papier à six mois a été adjugé à 3,90 %, confirmant la prime de durée exigée par les investisseurs.
Cette opération met également en lumière l’intégration croissante du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Les soumissions ont afflué de plusieurs pays de la zone, notamment du Burkina Faso, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Mali.
Cependant, la répartition finale des adjudications révèle une forte concentration : le Bénin capte l’essentiel des montants retenus, suivi à distance par la Côte d’Ivoire et le Mali. À l’inverse, certains pays comme le Burkina Faso et le Sénégal, pourtant actifs dans les soumissions, n’ont vu aucune de leurs offres retenues.
Au total, plus de 113 milliards de FCFA ont été rejetés, illustrant la rigueur du Trésor béninois dans la sélection des offres. Une posture qui confirme le positionnement du pays comme un émetteur crédible et exigeant sur le marché régional, dans un environnement où la maîtrise des coûts d’endettement devient un enjeu stratégique majeur.
KM