Politique
Boni Yayi au Burkina Faso ce jour: Un voyage chargé d’histoire !
Publié le samedi 22 novembre 2014 | Le Confrère de la Matinée
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© Autre presse par Presidence
Conseil de l`entente: réunion des chefs d`Etat et de gouvernement à Niamey. Mardi 17 Décembre 2013, à Niamey (Niger). Tenue de la 2 ème session ordinaire de Conférence au sommet des Chefs d`Etat et de Gouvernement du Conseil de l`Entente. Photo : Le president Boni Yayi. |
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- 20/11/2014
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Le président de la transition au Burkina Faso, Michel Kafando a été désigné ce lundi par toutes les forces en présence pour conduire la nation dans un an, à une élection présidentielle normale. Pour son investiture qui a lieu ce jour, le président béninois, Boni Yayi, y est convié pour être témoin d’un événement spécial mais qui rappelle des conduites à tenir.
Le chef de l’Etat béninois est attendu ce jour à Ouagadougou, Burkina Faso, pour prendre part à la cérémonie d’investiture du nouvel homme fort du pays des « Hommes intègres ». Au-delà de la marque d’amitié et de voisinage témoignée à l’égard du Bénin, il faut voir dans cette invitation, des signes indicatifs qui interpellent la conscience générale.
D’abord, il faut voir la similitude ou l’identité du sort qui peut amener les deux peuples, burkinabè et béninois, à se ressembler à brule pourpoint. Il s’agit de la genèse des événements qui ont conduit le peuple du Faso à en arriver au renversement du régime sans partage de Blaise Compaoré ; c’est bien la tentative de révision de la Constitution du pays. Ce n’était pas évident pour qu’on parvienne à chasser l’homme fort du régime. Celui-là même qui croyait en ses forces et ses manœuvres pour obtenir son vœu et imposer sa volonté. C’était sans compter avec l’histoire et la roue de l’histoire qui doit tourner.
Blaise Compaoré se vit non seulement contesté mais aussi abandonné par les siens et même certains de ses thuriféraires. Son pays lui est même interdit et il devra s’exiler s’il ne doit répondre devant le tribunal des hommes et celui de l’histoire.
Similitude contextuelle
Le Bénin se trouve aussi dans la dynamique de changer sa Constitution du 11 décembre 1990. Des motifs ont été avancés pour justifier le fait ; des éminences grises ont été mises à contribution pour parvenir à cette fin. La démarche portée par le pouvoir ne rencontre pas l’effet positif de la masse représentée par la classe politique de l’opposition et la société civile, tout comme au Burkina Faso.
Et pourtant, Blaise avait les arguments pour faire passer son projet de révision de la Constitution. Il en est de même du Bénin où ce ne sont pas les arguments et les justifications qui manquent pour justifier l’opportunité et l’évidence de cette approche révisionniste. D’un côté, il y a ceux qui soutiennent le pouvoir, et de l’autre, ceux qui y trouvent une insinuation de prorogation infinie ou la perpétuation d’un régime déjà contesté dans une certaine mesure. Deux camps se forment autour de la question de la modification de la Loi fondamentale. Tout comme au Burkina Faso.
Autant d’événements semblables et similaires, qui n’éloignent pas les deux peuples de cette histoire de révision de la Constitution. Et c’est dans cette atmosphère chargée d’identité et de ressemblance que Boni Yayi est invité à vivre, en direct, les retombées d’une obstination contre la volonté populaire. Puisse cela l’inspirée ?
Le voyage de Yayi au Burkina ce jour est chargé d’histoire…
Félix MAHOUGNON
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