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Sacca Lafia au sujet de l’affaire Gemalto : « Pourquoi le gouvernement tente de se justifier »
Publié le mardi 3 fevrier 2015  |  Le quotidien
Sacca
© Autre presse par DR
Sacca Lafia, Président du Conseil d`Orientation et de Supervision des operations de correction de la Lépi.




Le Président du Cos-Lépi, Sacca Lafia est intervenu hier dimanche 1er février 2015 sur l’émission Zone franche de Canal 3. Pour le Député, le gouvernement est dans un mauvais rôle en cherchant à se justifier, alors qu’il n’est pas parti dans l’affaire Gemalto qui oppose le Député Chabi Sika à Léon Basile Ahossi.


Canal 3 : Qu’en est-il de Gemalto et des dénonciations qu’il y a eues au niveau du Cos-Lépi ?

Sacca Lafia : Je vous remercie d’aborder ce sujet parce que si vous l’avez oublié, cela me fera sérieusement mal. Si vous écoutez la presse, si vous lisez le communiqué du gouvernement, je ne pense pas que les principaux responsables du Cos-Lépi soient indexés, en l’occurrence, ceux qui gèrent l’argent. Le président du Cos que je suis, en tant qu’ordonnateur, je ne suis pas indexé. Le rapporteur est un financier, il n’est pas indexé. Maintenant qu’est-ce qui s’est passé ? Gemalto, c’est la société informatique qui avait fait la Cps-Lépi. Elle a été recrutée par le Pnud en son temps. Quand nous avons voulu reprendre la correction, nous nous sommes dit qu’il faut se servir de ceux qui avaient déjà l’expérience et qui connaissaient à peu près comment cela avait été fait, la première fois. C’est dans ce cadre qu’au cours de nos recherches, nous avons fait appel à ceux qui avaient fait la Cps. Il y avait Hélène Aholou Kêkê, Chabi Sika, Léon Ahossi qui avait fait à moitié. C’est eux qui nous ont donné les indications. Maintenant, on ne pouvait pas aller directement commercer avec cette société sans prendre par une procédure d’appel d’offres. C’est une opération spéciale et il faut respecter le code des marchés publics. Donc, on a identifié cette société. On a identifié une autre société qui aide au dédoublonnage. Puis une autre société qui avait fait la lecture optique. On a fait une communication en bonne et due forme et le conseil des ministres nous a autorisés. Dès qu’on a abordé cette société, on a fait les termes de référence que nous voulons. On a fait un marché. Le marché a été introduit à nouveau en conseil des ministres et le conseil des ministres a autorisé ce marché. Le contrat de la société, j’ai signé, le rapporteur, le ministre des finances d’alors, le contrôleur financier au niveau du ministère des finances, tous ont signé le marché et enregistré.

Quand vous dites on, c’est le Cos. Mais il paraît que c’est l’Honorable Karim Chabi-Sika qui s’est battu pour imposer l’opérateur Gemalto

C’est Chabi-Sica qui nous a donné l’adresse de cette société-là. Quelqu’un d’autre aurait pu nous donner cela, ou on se portait au Pnud pour avoir l’adresse. Mais pour attribuer les marchés, nous avons deux comités. On a un comité de recrutement et un autre chargé d’attribuer les marchés. L’Honorable Chabi-Sika est Président au niveau de ce Comité. Donc quand il y a un dossier, quand cela atteint un certain niveau, c’est Chabi-Sika qui préside et dépouille.

Lorsque vous découvrez sur la place publique dans une lettre ouverte que le président de la commission chargée de dépouiller est en relation d’affaires avec l’une des sociétés, est-ce que cela ne pose pas problème ?

Je ne sais pas si ma place de président du Cos-Lépi me donne qualité pour apprécier ça. Il y a des institutions de la République qui sont là. Maintenant, si vous voulez que j’apprécie, je dirai que je suis un peu gêné, parce que je pensais que tout le monde travaillait honnêtement et sincèrement. Je ne savais pas qu’au-dessus de nos têtes, d’autres conclusions, d’autres affaires se trament. Or nous, de bonne foi, on marchandait pour que le produit nous revienne le moins cher possible. Mais on constate que derrière nous, d’autres négocient et cela nous frustre un peu.

Vous dites que vous ne vous sentez pas indexés, mais il y a eu ce communiqué du gouvernement qui dit que ce n’est pas seulement l’Honorable Chabi-Sica seul qui se retrouve dans cette situation et qu’il y a eu des locations de groupes et autres.

Je n’ai pas compris cette attitude du gouvernement à qui on n’a rien demandé et qui dit ‘’je suis innocent’’ dans cette affaire. Qui lui a demandé quelque chose ? Aucune commission n’a demandé quoique ce soit au gouvernement. Quand aux groupes électrogènes, effectivement, il y a un groupe qu’on a loué parce que les pires problèmes qu’on a rencontrés, c’était les problèmes d’électricité. Et à un moment donné, comme on voulait faire la lecture optique, on avait besoin de courant en continu, parce qu’on travaillait 24 heures sur 24. Donc, il fallait trouver un groupe. Si c’est le Cos-Lépi qui veut le groupe, on prendra deux mois sans l’obtenir, parce qu’on va dire de faire un appel d’offres, qu’on va demander l’avis de la direction des marchés publics et qu’on va sélectionner le fournisseur pour faire le contrat. Deux mois seraient perdus. On s’est dit comme vous Open Vista qui faites la lecture optique, le gouvernement nous a autorisés à travailler avec vous, essayez de nous louez un groupe que vous allez facturer à Cos-Lépi. Cela ne posera pas de problème, pourvu que dans le contrat de marché, on le mette. De la même façon les tables, ce sont eux qui les ont louées parce que si nous allons suivre la procédure normale, cela fera des délais incommensurables. Donc, ils sont partis louer le groupe, c’était bon et j’ai soumis aux techniciens et ils ont dit que c’est raisonnable qu’on puisse payer une telle somme par mois pour un groupe. Le groupe ayant travaillé pendant un certain temps, est tombé en panne. Là j’ai dit que si le groupe tombe en panne à plus de 10 jours, on arrête. Effectivement après une dizaine de jours, j’ai écrit à Open Vista pour leur dire d’arrêter de nous facturer le Groupe. Je leur ai demandé ce qu’il faut pour que le groupe marche. lls m’ont dit qu’il faut acheter une pièce d’environ 1 million. Je leur ai écrit une lettre en leur disant d’arrêter. On s’est adressé à l’armée qui nous a trouvé un Groupe plus petit qui nous a permis de continuer. Voilà ce qui s’est passé. C’est après que j’ai su que le groupe appartenait à un certain Ahossi. Est-ce qu’il est le frère de Ahossi Comlan Basile ? Est-ce que ce n’est pas son frère ? Je ne sais pas.

Au regard de tout ceci, on peut conclure aisément qu’au niveau du Cos-Lépi vous vous partagez les marchés ou les gens se les partageaient, sans que vous n’ayez pratiquement rien fait ?

Vous ne savez pas quand vous êtes sous pression, ce que cela peut vouloir dire. Vous aimez boire l’eau Fifa, mais quand vous êtes sous pression, et qu’on vous amène une autre eau, vous la buvez sans même faire attention. Donc, on était sous pression. Et comme à ce niveau, c’était sous-loué, on ne s’était pas intéressé. Si tout était bien passé, je ne l’aurais pas su.

Vous dites que vous étiez sous pression, mais il y a des actes posés où vous n’étiez pas sous pression. Par exemple, il y a certains dont on a multiplié le salaire par 4. Aussi, quelle pression y a-t-il à louer sa propre voiture et à facturer le Cos-Lépi pour des centaines de mille par jour.

On loue les véhicules. Cela est réel

A quel taux journalier

C’est un taux défini par le gouvernement du temps de Koupaki. Si je loue votre double cabine pour aller en mission dans le Mono, il y a un taux.

Mais on dit que vous louez vos propres véhicules au Cos-Lépi !

Je n’en ai pas pour en louer. Certainement, les gens passent par les sociétés qui louent les véhicules qui les mettent à leur disposition. Cela m’a fait découvrir beaucoup de choses. Il y en a qui envoient des lettres d’agrément et louent des véhicules et dès qu’on lance un appel d’offres, ils contactent tous ceux qu’ils veulent. Si parmi nos cadres, il y en a qui envoient leurs véhicules en location, je ne pouvais pas savoir

Est-ce que les véhicules utilisés par les membres du Cos Lépi étaient loués ?

Les véhicules qu’on utilise, c’est comme à la Cps-Lépi. Il y en a qu’on a trouvé à la Cps-Lépi. Mais les véhicules des députés sont privés. Ce sont des véhicules que l’Etat a mis à notre disposition et on rembourse. Quand il y a une panne, on le répare. Donc, nous n’avions rien fait qui viole la loi. Tout au moins à ma connaissance, je n’ai rien fait qui viole la loi.

Au regard de ces dénonciations on se demande quelle est l’ambiance au sein du Cos ?

L’ambiance à mon niveau est bonne. A l’étape où on est, ceux qui sont en train de se bagarrer n’ont plus de décision formelle à prendre. Toute la ligne est tracée. Ce sont les techniciens qui travaillent et qu’on oriente et qu’on encadre. Tout ce qui est décision politique, on l’a prise et depuis lors, c’est demain que je pense convoquer une plénière pour la suite des travaux. Moi, personnellement je n’ai pas compris l’attitude du gouvernement. Il se mélangeait les pédales. On ne vous a demandé rien du tout et vous dites que vos êtes innocents et que vous avez envoyé une inspection au Cos-Lépi et que l’inspection a posé des questions au Cos qui n’a pas répondu. C’est faux. C’est archi faux. C’est le 13 septembre dernier qu’on nous a envoyé une inspection des finances. Quand ils sont venus, je leur ai donné un bureau, je leur ai donné la clé du bureau et on ne s’est plus jamais vu. La seconde manifestation est qu’ils ont posé de questions aux agents au régisseur et au chef service financier. Ils voulaient savoir si on a une caisse de menues dépenses. Les enfants ont répondu qu’on n’en a pas. Est-ce qu’on a un compte dans une banque commerciale, ils leur ont répondu non. Ils ont demandé la procédure de dépense. Comme le Cos-Lépi a un règlement financier adopté en conseil des ministres, on leur a sorti le règlement financier. Depuis lors, il n’y a pas eu de rapport, pas de séances de travail, rien du tout.

Le communiqué du gouvernement était certainement inspiré par un souci de clarification ?

Comme il y avait une inspection en place, le gouvernement devrait la saisir et elle se charge maintenant de poser des questions dans ce sens. Ils ne sont pas venus, ils n’ont pas fait de rapport. Le gouvernement, aujourd’hui, devrait s’adresser à ceux-là et les amener à réorienter leur inspection et approfondir leur rapport, au lieu de nous jeter en pâture.

Est-ce que les réponses de Chabi-Sika vous ont convaincu ?

C’est lui qui maîtrise son sujet. Il est le seul à apprécier la justesse des réponses qu’il donne.

Mais vous êtes Président du Cos-Lépi !Oui mais dans sa réponse, il n’a pas indexé la Présidence du Cos-Lépi. Il s’en est pris à Ahossi. C’est leur affaire à eux.

Est-ce que vous voulez voir clair dans l’affaire ?

Il y a des institutions habilitées à le faire.

Mais vous pouvez chercher à savoir davantage auprès de Gemalto ?

Est-ce que j’ai respecté le contrat ? Oui. Est-ce que nous avons payé Gemalto ? Oui. Gemalto respecte son contrat envers nous.

Est-ce que vous acceptez qu’à la fin, un audit soit fait au Cos-Lépi ?

La loi a prévu un audit technique et financier en fin de mission. Je les attends et je suis prêt à recevoir l’audit dans ce sens.

Un message pour montrer que le Cos-Lépi n’est pas ce qu’on pense.

C’est une étiquette qu’on a voulu nous coller, rien que pour ternir notre image. Mais le peuple béninois est suffisamment intelligent pour comprendre que les autorités, au plus haut niveau, ne savent pas reconnaître les talents. En dehors d’un ministre qui m’a appelé pour me féliciter de la publication sur internet, aucun des 6 qui avaient fait la conférence de presse pour jeter de l’opprobre sur nous, aucun n’est sorti pour dire que la publication est bien faite. Cela, je le regrette. Mais je veux dire que tout ce qu’on va penser de la mauvaise gestion financière au sein du Cos-Lépi, n’est que de l’imagination. On a un délégué de contrôle financier on a un régisseur et un rapporteur. Je suis l’ordonnateur. Si je dis cette bouteille d’eau je vais acheter 10, le contrôleur financier ne s’oppose pas. Mais si je dis que la bouteille je vais l’acheter à 1500, il ira faire l’enquête sur le terrain et s’apercevra que c’est à 225 Fcfa. C’est sur la base de 225 Fcfa que le contrat sera signé. Donc, les gens soumissionnent à 1500 et on achète à 225 Fcfa. Donc, tout est propre et clean. A mon niveau, je n’ai rien demandé à acheter qui soit irrégulier et je crois que tous les papiers, si je fais confiance au contrôleur financier sont réglementaires. C’est pour cela que je les nargue. Je les défies même, quand ils parlent de mauvaise gestion. Si on faisait une enquête, on saura à quel niveau cela s’est produit et ce ne sera pas à mon niveau. Voilà pourquoi je suis tranquille.

Apparemment, il y a de la résistance par rapport aux opérations d’affichage ?

Il y a des autorités d’un haut niveau qui disent n’affichez pas, refusez tant qu’on ne vous a pas payé.

Dans quelle logique selon vous ?

C’est politique. C’est pour ternir ce succès-là. Parce qu’on a senti la tension baissée et on risque de donner tout le mérite au Cos Lépi. Le Cos Lépi sur lequel le gouvernement n’a pas d’emprise directement, et où les membres agissent directement. Donc, nous avons écrit aux Préfets et aux maires pour leur signaler cela et qu’ils doivent amener les gens à comprendre que c’est de l’intérêt de leur population. Donc, c’est juste pour voiler le succès de la liste qu’on crée, on invente, qu’on médiatise. Chacun sait que pour avoir la caméra de Canal3, il faut payer quelque chose. Vous pensez que ce sont ceux qui manifestent et qui n’ont rien en poche qui ont payé les journalistes pour venir les filmer ? Non, il y a quelqu’un qui a financé cela.

Vous parlez du succès de la liste, mais il y a des préoccupations. Il y a un compatriote qui demande pourquoi est-ce qu’on impose désormais des centres de vote aux citoyens, alors que certains sont appelés à des obligations professionnelles ?

Une loi est une loi. C’est une règle et on ne peut pas vivre sans règles. Il faut fixer. Il faut que la personne nous dise au moins ce dimanche où il aura vote, qu’elle sera à tel endroit. Pourquoi va-t-on dire à chacun d’aller où il veut. La liste électorale, c’est la liste des citoyens en âge de voter. Si vous êtes journalistes, par exemple, et que ce jour, vous devez aller à Parakou, vous faites une procuration à quelqu’un qui vote à votre place. Pourquoi voulez-vous forcément voter à Parakou ? Non. Il faut votre photo. Or à Parakou, vous n’avez ni votre nom, ni votre photo. Je pense que la Cena va prendre les dispositions dans ce sens. Il n’aura pas de nom à ajouter à la main pour voter là où on veut le jour des élections. Si vous savez que vous serez absent, vous faites une procuration et n’importe quelle autorité judiciaire peut vous la délivrer.

Sur la situation des Agents locaux d’actualisation (Ala), il y en a qui ont travaillé sans contrat. Est-ce que cela est réglementaire ?

C’est vrai en partie. Tous ceux qui avaient travaillé pour l’audit participatif, on a pris soin de faire un contrat, parce qu’on était convaincu que cela allait prendre un certain temps. Mais on s’est rendu compte qu’après avoir signé le contrat, il y en a qui n’était pas venu, mais ont signé le contrat. Aujourd’hui, ils nous exhibent cela. N’ayant pas la capacité de contrôler, nous n’avions pas pu. Il y en a qui sont venus travailler un jour et ont disparu. Cette fois-ci, on a dit qu’on ne fera plus cela. Puisqu’on les connaît, on les invite à revenir faire le travail. Ils reviennent et maintenant ceux qui les ont supervisés nous ramènent les noms et ils attestent que cet agent a travaillé les 20 ou les 18 jours réglementaires. C’est sur la base de rapports des superviseurs qu’on établit l’état de paiement.

Vous avez mis la liste sur un site Internet. Avez-vous pris des dispositions par rapport aux hackers ?J’ai des techniciens chevronnés et nous avons demandé les services de sociétés très expérimentées qui agissent dans beaucoup d’autres pays européens et africains et la liste est protégée. Maintenant, j’ai posé la question hier aux techniciens et ils m’ont expliqué de façon simple que la liste est dans une boîte hermétiquement fermée. Ils ont pris un extrait qu’ils ont mis dehors pour dire à tout le monde de venir voir. Si quelqu’un veut manipuler, ce n’est que sur ce qu’on a publié qu’il peut faire des manipulations. Il ne peut pas manipuler la boite originelle. Si nous finissons, ce n’est pas ce qui est dehors et qui est manipulé qu’on va remettre. On attend les corrections et ce n’est qu’à la suite de cela qu’on va introduire.

Qui de nos compatriotes de la diaspora ?

J’ai eu un recours du Président pour dire que le Cos-Lépi ne s’occupe pas d’eux. La loi portant correction de la Lépi a fixé nos limites. C’était essentiellement d’établir une liste pour les élections municipales et législatives. Or, les élections municipales et législatives ne concernent que les citoyens béninois résidant au Bénin. Donc, notre correction ne s’est axée que sur ces citoyens là. Pour les béninois résidant à l’extérieur, il y aura un Cos-Lépi en juin ou juillet prochain. Celui-là va mettre à jour la liste pour les prochaines élections présidentielles. Donc, ils ne sont pas concernés.

Il y a un citoyen qui évoque le cas de Godomey Ylomahouto, où il y a plusieurs centres de vote, mais vous avez pris en compte un seul bureau de vote

Je peux expliquer cela. S’il y a plusieurs centres de vote, on a fait de manière à ce que chaque citoyen choisisse son centre de vote. Pour déterminer les centres de vote, ce sont les maires, des députés, les chefs d’arrondissement qui l’ont fait. On a donné les critères pour qu’un endroit soit un centre de vote. Il faut que ça soit un endroit public. Si c’est privé, cela peut être une église, des magasins, des écoles privées, on va solliciter les propriétaires ce jour-là. Si personne n’a choisi ces centres de vote, cela veut dire qu’il n’y a personne et on va les supprimer. On va reprendre la loi pour dire qu’au lieu de 7914, on enlève les 4 de Godomey et cela fera 7910 et ce sera réglé.

Est-ce qu’à la prochaine plénière du Cos/Lépi, vous allez évoquer les lettres ouvertes adressées au gouvernement ?

Cela fait partie de l’ordre du jour. On a demandé à chacun de s’expliquer. Mais, je n’exclus pas les répercussions de luttes politiques lointaines qui s’exercent sur le Cos. Je pense que si le gouvernement devrait bien faire, c’est d’envoyer l’Inspection générale des finances, vérifier ce qui s’est fait. Il faut vérifier l’existence des contrats, et surtout si les dénonciations du député Ahossi sont vraies. Maintenant, si Chabi Sika a des contrats réguliers avec Gemalto pour lui apporter des affaires, la loi va le dire. C’est en toute bonne foi, que nous avons accepté les contrats qui nous ont été proposés.

Que devient l’Alliance Soleil ?

Nous sommes sur le terrain depuis le congrès. Vous savez que l’Alliance Soleil est composé de députés d’un certain calibre. Ce sont des responsables politiques qui ont de l’ambition pour ce pays, ils savent ce qu’ils veulent. Notre préoccupation pour le moment, c’est de faire sortir la Lépi. C’est pourquoi nous avons mis sous veilleuse nos activités. Les militants sont quand même sur le terrain. Dès que nous allons finir avec la Lépi, vous allez encore entendre parler de nous. Nous ferons en sorte que le Bénin rayonne avec notre alliance.

Que pensez-vous des critiques qui disent que le Soleil se lève à l’Est, et non au Nord ?

Ces gens-là ne nous connaissent pas. Peut-être que notre sortie les a éblouis. Le soleil gène aussi ceux qui avaient l’habitude de travailler dans la pénombre. Le soleil est universel.

Pourquoi avez-vous senti le besoin de vous regrouper en ce moment précis ?

Nous avons fait le bilan. Les micro-regroupements ne nous amènent pas loin. Il fallait aussi qu’on prenne l’habitude de nous parler. Notre ambition étant de conquérir et de gérer le pouvoir d’Etat. Nous devrons nous entendre. Cela nous permet de mieux nous connaître, pour pouvoir bien gérer. Notre départ de l’alliance Fcbe, doit être vu comme un signe de maturité. Les élections approchant, il faut comprendre que les conflits allaient se multiplier et être difficiles à gérer. Pour atténuer ces conflits, il fallait qu’on se retire. Nous avions commencé les discussions depuis 2013. Plusieurs personnalités étaient avec nous comme le député Okounlola.

Pourquoi ces personnalités ne sont pas restées avec vous ?

Je ne sais pas. Peut-être qu’ils ont leurs intérêts ailleurs, chez les Fcbe. Même le député Houngnibo était avec nous. Pour nous épanouir, nous ne pouvions plus rester.

Mais l’Alliance Soleil sent un peu le régionalisme ?

Non.Nous avons fait tous les efforts pour que cela ne soit pas ainsi. Nous sommes convaincus qu’on ne peut pas faire le développement du pays d’une seule région. C’est dommage que les gens qui étaient avec nous jusqu’à la veille, ne soient pas restés. Le développement du Bénin doit être intégral. Notre pays a intérêt à avoir de grands regroupements politiques. Il faut aussi des lois pour cela. Notre Constitution devrait être de transition. Il faut un nouveau cadre juridique pour organiser le développement.

Est-ce qu’on peut considérer l’Alliance Soleil comme un rouleau compresseur ?

Nous avons l’ambition de couvrir tout le Bénin. Nous sommes ouverts, et nous avons une autre philosophie pour faire la politique. On est à trois mois des élections, mais notre objectif, est de ramener nos 12 députés à l’Assemblée. Nous sommes de vieux routiers de la politique. Notre souhait, c’est que les élections soient libres et transparentes. Cela permet de mesurer les forces en présence.

Vos inquiétudes se situent à quel niveau par rapport à la transparence des élections ?

C’est un jeu très compliqué, où les gens cherchent à défendre des intérêts. Au moins, avec la nouvelle loi électorale, tout se fera au niveau de l’arrondissement. Le soir des élections, on aura les résultats des 546 arrondissements. Il suffit d’utiliser les moyens modernes de télécommunications.

Serez-vous candidat à l’élection présidentielle ?

Plusieurs fois déjà cette question m’a été posée. Cela dépend de mon parti politique. Et ce n’est pas une réponse classique. J’étais candidat en 2001, les militants de mon parti ont beaucoup souffert. Certains ont été emprisonnés. D’autres ont été forcés à l’exil, parce que soupçonnés de me fournir des ressources financières. Avant de prendre une telle décision, il faut avoir l’avis de la base.

Quel est selon vous le profil idéal du prochain président ?

Le meilleur candidat est celui que le peuple béninois va choisir. Ce serait bien que ce soit quelqu’un du sérail. Tout se jouera après les élections législatives.

Vous ne croyez plus au messie comme en 2006 ?

Je ne regrette rien. La gestion du pouvoir est autre.

Transcription : Hospice Alladayè
et Wilfrid Noubadan
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