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Pour vol à mains armées : Belco Ali condamné à 10 ans de réclusion criminelle
Publié le mardi 21 fevrier 2017  |  Matin libre
Le
© Autre presse par DR
Le symbole de la justice




L’accusé Belco Ali écope de 10 ans de réclusion criminelle. Ainsi en a décidé la cour de céans présidée par Jean-Pierre Yérima Bandé assisté de Arlen A. Dossa-Avocè et de Richard Akodossi, après l’instruction à la barre, les réquisitions du ministère public représenté par Lucien Mahulé Aballo et les plaidoiries de l’avocat de la défense, Me Paul Avléssi. L’accusé Belco Ali, bouvier, né en 1979, repris de justice est poursuivi devant la cour pour le crime de vol à mains armées. Une infraction prévue et punie par les dispositions des articles 295, 298 et 302 du Code Pénal.

L’accusé Belco Ali va recouvrer sa liberté parce que placé sous mandat de dépôt depuis le 28 Octobre 2005.

Il est à signaler que c’est normalement trois accusés qui devraient comparaître à la barre pour le compte du dossier de vol à mains armées. Seul le sieur Belco Ali était présent. Les deux autres co-accusés étaient absents. Après le constat de leurs absences, la cour a procédé à la disjonction de leurs cas de celui de l’accusé Belco Ali. En effet, le cas de Bah N’Gobi a été disjoint parce que la convocation n’a pas pu lui être notifiée et pour Yamadjako Camille dit «Adjasko» pour cause de décès.

Résumé des faits

Dans le souci de trouver les moyens financiers pour récupérer la motocyclette de Bah N’Gobi Honoré saisie entre les mains de Belco Ali par le commissariat de camp Adagbè, les deux amis ont projeté un plan de braquage pour lequel Belco Ali s’est acheté un pistolet de fabrication artisanale.

Le dimanche 23 Octobre 2005, Belco Ali et Bah N’Gobi Honoré ont pris départ de la maison de Yamadjako Camille dit « Adjasko », un ancien détenu comme eux. Arrivés à Tourou, ils ont rendu visite à Boubé Alassane, un autre ami de prison, qui leur a offert du thé. Mais les deux visiteurs n’ont rien dit à ce dernier sur leur plan de braquage.

A la tombée de la nuit, Belco Ali et Bah N’Gobi Honoré ont quitté leur hôte avant d’aller se mettre en embuscade au niveau de la rivière Abouékou, armés d’un bâton et d’un pistolet.

Le même jour, aux environs de vingt heure, le nommé Douerougui Mohamed passait à hauteur de ladite rivière et a remorqué deux de ses frères. Arrivés au lieu de l’embuscade, Bah N’Gobi Honoré lui asséna un coup de bâton et il s’écroula avec ses deux passagers. Mais il se releva aussitôt et tenta de se défendre.

C’est alors que le même Bah N’Gobi Honoré a braqué son pistolet sur lui pour l’en dissuader. Par maladresse, il se logea lui-même une balle de son arme dans sa jambe gauche. Pris de peur suite à la détonation du coup de feu, Douerougui Mohamed et ses frères ont fui. Cela a permis à Bah N’Gobi Honoré de s’emparer de leur motocyclette qu’il est allé confier à Yamadjako Camille dit « Adjasko » avant d’aller se faire soigner au Chd-Parakou en faisant croire aux médecins, à la police, et à la presse, qu’il a été victime d’un braquage.

Pendant ce temps, Yamadjako Camille dit « Adjasko », pour dissimuler ladite motocyclette l’a remise à un de ses locataires, le nommé Gbédjou Eloy, sans lui révéler sa provenance.

Appréhendés et inculpés, Belco Ali et Bah N’Gobi Honoré ont reconnu les faits mis à leur charge à toutes les étapes de la procédure. Ils ont tenté dans un premier temps d’impliquer Boubé Alassane dans les faits de braquage avant d’admettre qu’il n’y a pas participé.

Les débats

L’accusé Belco Ali déposant à la barre devant la cour, a reconnu les faits qui justifient son renvoi devant la cour pour y être jugé conformément à la loi, même s’il a varié comparativement à certaines de ses déclarations antérieures. Il dit être devant la cour parce qu’il a fait un braquage avec le sieur Bah N’Gobi Honoré, un acte qu’il regrette par ailleurs.

Lucien Mahulé Aballo représentant le ministère public, dans ses réquisitions, a fait observer qu’il s’agit d’un vol aggravé avant de faire un bref rappel des faits de la cause. Pour l’avocat général, la cour de céans doit tenir compte de ce qu’il s’agit de vol à mains armées et de tentative pour juger convenablement. Car au regard des faits de la cause, ces deux infractions sont établies à l’égard de l’accusé Belco Ali. Il a démontré comment l’accusé Belco Ali et Bah N’Gobi Honoré ont posé l’embuscade, ont réussi à soutirer frauduleusement la moto et étaient armés au moment de la commission de l’infraction. Convaincu de ce que les infractions de vol à mains armées et de tentative d’assassinat sont constituées, l’avocat général Lucien Mahulé Aballo a requis qu’il plaise à la cour de déclarer l’accusé coupable desdites infractions et de le condamner à 11 ans de réclusion criminelle et ce serait justice rendue.

Avocat de la défense Paul Avléssiobserve qu’au regard des faits, il est difficile de retenir deux qualifications pénales contre l’accusé Belco Ali comme l’a fait l’accusation dans ses réquisitions en évoquant les chefs de vol à mains armées et tentative d’assassinat. Il relève que l’accusé n’était pas partir pour tuer mais plutôt pour braquer, sinon il aurait fait usage du pistolet de fabrication artisanale au lieu du bâton. C’est pourquoi, il a demandé à la cour de retenir le crime de vol à mains armées pour lequel, il a plaidé coupable, tout en soulevant certaines circonstances atténuantes auxquelles son client est éligible. Il a rappelé la collaboration de l’accusé avec la justice, son honnêteté criminelle, son casier judiciaire. Mieux, l’indisponibilité de l’enquête de moralité qui installe le doute selon lui, doit profiter à l’accusé. Il a exhorté la cour, dans le secret de son délibéré à se rappeler de ce que la justice doit jouer un rôle de régulation sociale à travers les décisions qu’elle est amené à prendre. C’est au bénéfice de ces observations, que Me Paul Avléssi a demandé qu’il plaise à la cour de condamner son client au temps déjà passé en détention.

Marx CODJO (Br Borgou-Alibori)
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